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Chronique

L’invariable équation

Avant d’arriver à des résultats, il nous faudrait identifier les problèmes que nous essayons de résoudre. Que nous manquerait-il pour vivre heureux et sereins dans le plus beau pays du monde ? Ce travail de formulation est en soi un exercice complet, utile et nécessaire pour aller de l’avant. Une contribution pour mettre la charrue devant les bœufs.

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Il se dit qu’un homme intelligent est capable de résoudre les problèmes qu’un homme sage sait éviter. Réponse amusante à la question de la différence entre les deux.
Mais réponse sérieuse tout de même, car à choisir entre les deux, la sagesse présenterait l’option la plus sûre, la moins coûteuse et la moins fatigante.

Formuler les problèmes pour mieux les résoudre
Mais pour arriver au niveau de cette sagesse et éviter les problèmes, il nous faudrait commencer un autre travail, celui d’identifier les questions à résoudre, les nommer et les connaître intimement. Car, comme disait Murray Gell-Mann, lauréat du prix Nobel de la physique en 1969, «la créativité est davantage la capacité de formuler les problèmes que de les résoudre». Parole de scientifique.

La sagesse serait-elle donc tributaire de la créativité qui l’est, à son tour, de la formulation des problèmes. En restant dans la science, la sagesse viendrait, par transitivité, de la bonne formulation. Étant l’art d’éviter les problèmes, cette sagesse est atteinte à l’aide d’une meilleure formulation des problèmes, qui elle-même constitue une des caractéristiques de la créativité. C’est de la logique même si c’est un peu alambiqué.

Efficacité, mode d’emploi
Maintenant, quelle méthodologie devrions-nous adopter pour identifier nos problèmes et les formuler, pour mieux les résoudre ? Et surtout, qui devrait faire ce travail ?
Il y a ceux qui devraient faire ce travail d’évaluation et de diagnostic, car il fait partie de leur fiche de poste.

La réponse pourrait nous aider à identifier ceux qui ne font pas ce boulot, alors qu’il s’agit d’une obligation professionnelle. Parce qu’avant tout, ils sont tout simplement chargés de service public pour lequel ils sont payés par l’argent public. À eux l’évaluation, à nous la demande de reddition des comptes.

Il n’y a pas que ceux-là. Pour mieux mettre en mots nos maux, il y a d’autres catégories de personnes et de structures dont c’est la mission. Car les formulations varient selon les angles d’analyse. Formulation politique, ce qui donne une vision. Formulation socioéconomique, ce qui permet l’évaluation. Formulation scientifique, ce qui assoit le diagnostic. Formulation artistique, ce qui permet la créativité et l’avant-garde…

Les facteurs de l’équation
Pour toutes ces formulations, il faut des conditions sine qua non. Un débat public, et si possible qui élèverait l’intelligence moyenne. Une liberté d’expression avec des règles de discussion qui permettent d’avancer et non pas de tourner en rond ou de baisser le niveau. Et ça, c’est le rôle des intellectuels, des chercheurs, des corps intermédiaires (partis politiques, syndicats, société civile…). En observant les acteurs que nous avons, c’est dire, gentiment, la marge de progression que nous avons encore à réaliser.

Le constat qui saute aux yeux est celui d’un niveau de débat général assez médiocre. Ceci quand il y a débat et non pas des conversations «habituelles» du café de commerce ou des réunions de famille.

Ceci n’est que la première étape à réaliser et à réussir. Car après avoir formulé, il faudra passer à la phase d’exécution et d’action. Car comme disait Michel Audiard, «un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche». Alors, soyons intelligents et marchons. Cela pourrait peut-être nous aider à arriver quelque part.
La Culture est la solution.