Chronique
L’IA, nouveau moteur de la recherche sur le web
Tous les promoteurs de l’IA devront prendre en considération une donnée devenue majeure : la problématique de la durabilité et de l’économie circulaire.
Avec l’avènement de ChatGPT, nombreux sont ceux qui aussitôt ont signé, aussi vainement que précipitamment, l’arrêt de mort de Google.
Mais à la chasse comme dans les médias, il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Certes, les habitudes des internautes en termes de recherches sur le web ont considérablement évolué au cours de ces 3 dernières années, mais tout le talent d’une entreprise digne de ce nom, c’est sa capacité à s’adapter.
Le fleuron du groupe Alphabet n’a pas perdu son latin lorsqu’il s’est agi de surfer sur la vague de l’IA générative.
La firme américaine a sans doute tiré les enseignements des Kodak et autres Nokia qui sont restés campés sur leurs positions, refusant de prendre le virage des bouleversements technologiques qui se profilaient à l’horizon.
La sortie de route fut mortelle pour le premier et très handicapante pour le second.
En revanche, la boîte dirigée par Sundar Pichai se porte comme un charme. Elle vient de nouveau de dépasser très largement les attentes du marché avec plus de 28 milliards de dollars de bénéfice net au deuxième trimestre, avec un chiffre d’affaires en hausse de 14% sur un an, frôlant les 100 milliards de dollars.
Et comme un pied de nez à ses concurrents qui ne jurent que par l’intelligence artificielle, Google doit cet exploit à la forte demande en services d’intelligence artificielle.
Ainsi l’activité qui rassemble les serveurs de stockage des données et les services de traitement de ces données grâce à l’IA a plus que doublé son bénéfice opérationnel sur un an.
Google Cloud qui est de surcroît utilisé par toutes les licornes de l’intelligence artificielle générative, y compris OpenAI.
Mais derrière la brillance de cette performance, il y a un revers plus sombre qui place ce géant informatique dans une position inconfortable dont il devra de toute façon s’extirper comme il l’a fait par le passé.
D’abord, au niveau de l’ampleur des investissements.
Le développement de la Gen AI coûte très cher. Et les 85 milliards de dépenses annoncés par le PDG n’ont pas été du goût des actionnaires, provoquant un léger repli du prix de l’action.
Autre caillou dans la chaussure de ce mastodonte de la tech aux pieds d’argile, mais néanmoins agile, ce sont les affaires judiciaires qui planent au-dessus de sa tête. Mi-avril, Google a été reconnu coupable d’avoir abusé de sa position dominante sur le marché de la publicité sur internet.
Et l’entreprise attend cet été une décision sur sa peine suite au procès de l’été 2024, qui a pointé du doigt ses pratiques anticoncurrentielles dans la recherche en ligne.
Malgré cela, Google a de quoi se consoler s’il se compare à d’autres stars du secteur, à l’instar d’Intel.
Le groupe américain de semi-conducteurs a pris beaucoup de retard face à son rival Nvidia, au point d’être contraint d’abandonner la construction d’usines en Allemagne et en Pologne. Une politique de coupe dans les coûts qui va conduire à la suppression de 50.000 postes sur 2 ans.
Mais dans un cas comme dans l’autre, tous les promoteurs de l’IA devront prendre en considération une donnée devenue majeure : la problématique de la durabilité et de l’économie circulaire.
Cité par l’AFP, le secrétaire général de l’ONU a appelé cette semaine l’industrie de la tech à montrer la voie de la transition énergétique.
Il faudra pour cela déployer des idées lumineuses qui pourraient bien émerger, qui sait, de solutions envisagées par l’intelligence artificielle.
Ainsi la boucle serait bouclée.
