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Chronique

L’IA en vedette au IIIe Gitex Africa

En tant que modèle et figure de proue sur le continent, le Maroc ouvre la voie de manière concrète en mettant en place notamment des solutions innovantes dopées à l’IA.

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Cela fait un peu plus de 2 ans que tout le monde parle d’IA. Et forcément le IIIe Gitex Africa ne pouvait pas y échapper.

L’intelligence artificielle générative fut bien entendu au cœur de cette édition. Mais son évocation était loin d’être une simple occasion de ne pas faire exception.

Cet évènement majeur sur la scène technologique mondiale fut au contraire l’occasion de positionner le Maroc en tant qu’acteur clé en la matière.

Le Royaume a saisi l’opportunité qui lui était donnée de réunir les opérateurs et les investisseurs de cet écosystème pour annoncer la mise en œuvre de projets concrets dans le cadre de politiques publiques à la fois ambitieuses et fructueuses.

Dès le début de l’évènement, le ton était donné dans l’allocution du chef du gouvernement, projetée sur écran géant.

Aziz Akhannouch a ainsi souligné que «le Maroc s’engage activement dans le plaidoyer en faveur d’une intelligence artificielle éthique, respectueuse des droits de l’Homme et au service de l’intérêt général, mettant l’accent sur l’importance de placer la technologie numérique au centre d’une transformation profonde et d’en faire un levier de compétitivité».

Dans le sillage de ces orientations impulsées au plus haut niveau de l’État par Sa Majesté le Roi, la ministre de tutelle, Amal El Fallah Seghrouchni, a martelé la ferme volonté du Maroc de «jouer dans la cour des grands pour attirer des investissements, développer le digital, mais aussi déployer des solutions digitales pour les exporter à l’échelle régionale et internationale».

Cela passera nécessairement par un investissement renforcé dans les infrastructures de l’intelligence artificielle, comme l’ont souligné certains experts.

À l’instar de la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement au Maroc, Ilaria Carnevali, qui a notamment rappelé que seulement 37% de la population africaine est connectée contre 67% à l’échelle mondiale. Et d’ajouter que seuls 2% des data centers mondiaux sont situés en Afrique.

En tant que modèle et figure de proue sur le continent, le Maroc ouvre la voie de manière concrète en mettant en place notamment des solutions innovantes dopées à l’IA, comme l’illustre la plateforme TijarIA.

Présentée au Gitex, elle vise à améliorer l’accès à l’information pour les opérateurs du commerce extérieur, en particulier les PME marocaines, à travers un agent conversationnel intelligent. Ce dernier est capable de fournir des réponses rapides et personnalisées aux questions des utilisateurs concernant les formalités d’importation et d’exportation.

Le Maroc a ainsi fait des PME un levier prioritaire dans le déploiement des services innovants. De quoi contribuer à l’intégration de l’IA dans les petites et moyennes entreprises africaines, afin de stimuler la croissance économique sur l’ensemble du continent.

Lors du Gitex Africa, certains experts ont, en effet, insisté sur le rôle central de l’IA dans l’automatisation des processus métiers et la diffusion des connaissances, permettant aux petites structures d’innover et d’agir à une échelle qui, jusqu’ici, était réservée aux grandes entreprises.
Enfin, c’est dans ce contexte que le leader mondial des solutions technologiques et de l’expérience client vient d’inaugurer à Marrakech son deuxième «Tek Lab» dédié à l’innovation en intelligence artificielle.

Concentrix entend ainsi faire du Maroc «une base avancée de la transformation digitale pour l’Afrique, en créant des ponts entre la technologie, les talents et les entreprises».

Preuve s’il en est que le Royaume joue bien désormais dans la cour des grands.