Chronique
Les arbitres et les athlètes désormais augmentés par l’IA
La Fédération royale marocaine de football a même mis en place la plateforme MyTeam, qui fournit notamment des informations détaillées aux cadres des équipes.
Parmi les règles du football, il en est une que bien des amateurs aussi avertis soient-ils ont du mal à comprendre, si ce n’est à expliquer.
Dans le sport le plus populaire au monde, le hors-jeu renferme certaines subtilités qui entraînent souvent d’orageuses tergiversations et de houleux débats.
Des controverses enflammées qui devraient à l’avenir se limiter à quelques cas isolés.
En effet, la FIFA vient de recourir à l’IA afin de généraliser la détection semi-automatique du hors-jeu.
La Fédération internationale de football avait déjà fait appel à cette technologie pendant le Mondial-2022 au Qatar.
Plusieurs caméras avaient été déployées dans les stades et un capteur avait été placé au centre du ballon, ce qui permettait d’envoyer une multitude de données au rythme de 500 fois par seconde.
Les essais qui s’étaient révélés concluants ont donné lieu à une version améliorée qui sera déployée lors de de la Coupe du monde des clubs qui se poursuit jusqu’au 13 juillet aux États-Unis.
«Le système suivra la position de chaque joueur et du ballon afin d’émettre automatiquement des alertes en temps réel aux membres du corps arbitral en cas de hors-jeu flagrant», explique la FIFA.
Mais l’IA n’est pas encore assez intelligente pour trancher les situations les plus délicates.
Dans ces cas, les arbitres devront s’en remettre à leur intime intuition avec l’appui de l’assistance vidéo.
Des images qui seront partagées en direct sur les écrans dans les tribunes dans un souci de transparence.
Une intention louable qui risque cependant d’altérer la sérénité des gardiens du temple, du moins tant que la GenAI n’est pas en position de couper le sifflet aux plus sceptiques et de faire taire les protestataires.
Autant d’enjeux qui occupent les esprits au Maroc.
En février dernier, une conférence a réuni des experts dans les domaines du sport, des technologies avancées et de la médecine.
Les participants ont mis en avant l’importance de l’intégration de la GenAI dans le sport national, afin d’améliorer les performances des sportifs dans différentes disciplines.
Les applications dopées à l’IA parviennent à analyser de grands volumes de données collectées pendant les entraînements et les compétitions. Des informations biométriques et des indicateurs de performance dont on peut tirer de précieux enseignements, que ce soit dans les sports d’équipe ou individuels.
L’IA étant désormais à la portée des entraîneurs, ces derniers ont plus de facilité pour affiner leur tactique, détecter les failles des équipes adverses ou encore organiser la préparation physique de leurs joueurs.
Dans ce sens, la Fédération royale marocaine de football a même mis en place la plateforme MyTeam, qui fournit notamment des informations détaillées aux cadres des équipes.
Au-delà des performances physiques, l’intégration de l’IA dans le sport a permis de faire des progrès importants en matière de préservation de la santé et de sécurité des athlètes.
Des systèmes d’analyse prédictive diffusent des alertes en cas de risques de blessures musculaires par exemple.
Dans des disciplines telles que le rugby ou la boxe, l’IA parvient ainsi à détecter les impacts et en évalue automatiquement la gravité.
Dès lors dans le sport, l’IA est appelée à redéfinir les règles du jeu pour le bien-être des athlètes, dans l’intérêt de leurs entourages et pour le confort des supporters.
Reste à développer suffisamment la technologie pour limiter au maximum les anomalies, même si l’erreur reste humaine.
Un comble pour une intelligence artificielle.
