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Chronique

Les ambitions écolos de la Tech dans le goulot de L’IA

Si vous demandez à Google quel est l’impact du développement de l’IA sur la protection de l’environnement, le moteur de recherche vous répondra au quart de tour qu’il n’est pas très positif.

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D’ailleurs, le géant de l’informatique ne se fait pas prier pour avouer sans détour que l’intelligence artificielle a mis à mal sa fibre écolo qui devait lui permettre de coller à ses prévisions de réduction des émissions de dioxyde de carbone.Dans un rapport qu’il vient de rendre public, il est fait état, à l’inverse, d’une augmentation ascensionnelle des rejets de gaz à effet de serre.
Une hausse de quasiment 50% en 2023 par rapport au niveau référence de 2019.
En cause principalement les besoins énergétiques abyssaux générés par les centres de données, les serveurs informatiques et autres installations physiques nécessaires au déploiement exponentiel de l’IA générative.

De quoi faire dégénérer toutes les projections élaborées au cours de ces dernières années censées conférer à Google le statut d’eco-friendly.
Porté par un goût immodéré pour la durabilité, le groupe était même prêt à parvenir à des émissions nettes nulles sur l’ensemble de ses activités d’ici 2030.

Le genre de promesses qui n’engage que ceux qui y croient et qui par la force des choses s’est dissipé comme un nuage de fumée industrielle en plein ciel.

En guise de repentance, le groupe californien s’est rendu à l’évidence en expliquant qu’«à mesure que nous intégrons l’IA dans nos produits, la réduction des émissions pourrait s’avérer difficile». C’est si joliment dit que les fleurs bleues en auraient eu les larmes aux yeux.
Mais à lire entre les lignes, il est clair, comme de l’eau de roche, que toutes les belles intentions relèvent désormais de la fiction.
Cependant, ne jetons pas le pavé dans la mare de Google, car le moteur du développement durable est également en panne chez d’autres géants de la Tech. Amazon et Microsoft ne sont guère mieux lotis.
Eux aussi ont vu leurs espoirs couler à pic, plombés par leur impact astronomique sur la pollution atmosphérique.
Le premier aggrave avec l’IA les effets colossaux de son cœur de métier.

L’activité de ses centres de logistique l’a d’ores et déjà contraint à remballer ses perspectives d’équilibre écologique fixées à l’horizon 2040.
Quant au créateur de Windows, il n’hésite plus à jeter l’argent par les fenêtres pour investir dans Open AI et autres logiciels assimilés, à coup de milliards de dollars.

Des sommes folles qui ont fait grimper le cours des émissions de CO2 de près de 30% entre la période Covid et l’an dernier.
Ce qui a eu pour effet de carboniser les projets du numéro deux mondial du cloud, de parvenir à un bilan carbone négatif d’ici 2030. Mais les 3 géants américains des nouvelles technologies ne s’avouent pas vaincus pour autant.

Ces derniers rappellent, sans vergogne, qu’ils restent engagés dans la lutte contre le gaspillage d’or bleu et le développement des énergies renouvelables.
Une goutte d’eau dans un océan de ressources irrécupérables.
Même si, à leur décharge, reconnaissons que les prouesses de l’IA permettront notamment d’optimiser de nombreuses tâches et d’anticiper bien des actions afin de limiter une partie des effets du réchauffement de la planète.

Il faudra cependant des efforts considérables pour rétablir un certain équilibre. Surtout lorsqu’on apprend, d’après une étude récente menée par une entreprise spécialisée dans l’apprentissage automatique, que générer une photo via l’IA équivaut à recharger un smartphone.
Non mais allô !