Chronique
Le Royaume des success-stories
Toutes ces success-stories n’étaient loisibles qu’à la faveur d’un volontarisme tenace mis au service d’une vision royale ambitieuse. Décidément, «Impossible» n’est et ne sera jamais marocain !
Au moment même où un pays voisin, sans la moindre boussole politique, sans horizon ni vision, pourtant richement doté de gaz et de pétrole, ne cessant de brainwasher sur l’autodétermination d’un peuple sahraoui fantasmagorique, voit ses citoyens s’essouffler à courir derrière un pack de lait, le Maroc offre le paysage réjouissant d’une nation où bourgeonnent et fleurissent des success-stories remarquables.
Voici deux success-stories collectives et deux autres exclusivement individuelles.
À elle seule, l’industrie automobile reflète la puissance du volontarisme marocain qui s’est imposé au cœur d’un marché depuis longtemps verrouillé par la concurrence euro-américaine et asiatique.
Outre un taux d’intégration frôlant les 70% (80% à l’horizon 2030), un revenu de 110 milliards de dirhams en 2024, une production visant l’objectif de 2 millions de véhicules en 2030, ce secteur a d’ores et déjà intégré le top 5 des plateformes de production d’automobiles dans le monde et vise la création d’un demi-million d’emplois.
À l’intérieur de ce secteur, deux écosystèmes performants ont été créés de toutes pièces ces dernières années. Je veux parler des batteries et des pneumatiques. D’ores et déjà, deux gigafactories de production de batteries, dont l’une est la plus imposante d’Afrique, sont en construction.
Idem pour les pneumatiques où les premiers pneus du chinois Sentury Tire – rejoint par Shandong Daye – ont été mis sur le marché l’année dernière. Un troisième groupe chinois, Shandong Yongsheng Rubber Group, viendra compléter la panoplie ayant remplacé General Tire né en 1958.
En vérité, l’industrie automobile semble être comme une vocation pour le Maroc. Dès les années cinquante, les Marocains Laroussi et Rahali se sont lancés dans la fabrication de carrosseries, notamment pour Berliet, bravant «l’impossibilisme» alors en vogue. Dès 1959, la Somaca vit le jour.
Plusieurs générations d’ouvriers spécialisés se sont relayées, avant que Renault puis PSA ne s’installent, la première à Tanger et la seconde à Kénitra. Une success-story que les générations futures ne manqueront pas de saluer.
Le persévérant volontarisme qui a présidé à l’épanouissement de l’industrie automobile est celui-là même qui a permis à l’industrie aéronautique de prospérer au Maroc.
Le secteur offre actuellement 30.000 emplois – le ministre Ryad Mezzour a annoncé que le Maroc vise à doubler ce chiffre d’ici 2030 – avec un taux d’intégration locale avoisinant les 45%, un véritable succès au regard des défis économiques que le monde a connus ces dernières années.
Contentons-nous à cet égard de rappeler deux éléments probants : l’ambition plausible marocaine de pouvoir fabriquer un avion intégré à l’horizon 2030 en élargissant les activités du secteur, et la récente intégration du Maroc dans la chaîne de production de l’avion américain F-16. Une autre success-story particulièrement gratifiante.
Les industries automobile et aéronautique constituent aujourd’hui un véritable modèle de réussite pour une nation économiquement ambitieuse. Il y a seulement vingt ans, rien de tout cela n’existait, en effet.
À côté de ces méga-réussites collectives, je ne peux m’empêcher de faire référence à des success-stories dues à des maestros de l’entrepreneuriat au Maroc. Ce sont des individualités pétries de courage, éprises d’innovation et avides de réussite qui ont mis leur talent au service de l’investissement et de l’emploi dans notre pays.
Je commencerais par Moncef Belkhayat, l’ancien ministre qui a vite compris que la voie de l’entrepreneuriat valait amplement celle de la politique, sinon davantage.
Celui que ses centaines de followers appellent «Khouya Moncef» et auquel mon collègue Mehdi Michbal a consacré, il y a deux semaines, sa chronique hebdomadaire ici même, vient de bâfrer les enseignes Monoprix et Franprix, les additionnant aux dizaines de sociétés et autres labels que compte son groupe H&S Invest Holding.
Aujourd’hui, le groupe est structuré autour de quatre pôles d’activités. Le premier, Dislog, accélère les marques en distribuant ses propres produits ainsi que ceux de ses partenaires dans les secteurs de l’hygiène, de l’alimentation et de la santé.
Le deuxième, Building Logistic Services (BLS), est un opérateur logistique intégré couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Le troisième, WB Group, est actif dans la communication et les médias. Enfin, Kaya Immobilier se spécialise dans l’immobilier.
Actuellement, le groupe génère un chiffre d’affaires de 4 milliards de dirhams et emploie plus de 3.600 personnes. Juste une petite précision : Moncef a commencé son équipée entrepreneuriale avec un petit million de dirhams qu’il avait économisé après quelques années passées au cœur du top management de Procter & Gamble, puis Méditel.
La seconde success-story due exclusivement au courage et à la vivacité entrepreneuriale de citoyens dynamiques que je propose ici est celle du couple de médecins Rochdi Talib et Fatima Akdim qui, en une décennie, ont fait d’Akdital le premier groupe de cliniques privées d’Afrique !
On peut même dire que la fulgurance de l’expansion du groupe date du lendemain de la libéralisation du secteur des cliniques privées au moyen de la loi 131-13 de 2015. Introduit en Bourse en 2022, Akdital peut s’enorgueillir aujourd’hui de compter 36 hôpitaux privés couvrant la quasi-totalité du territoire marocain.
Le groupe vient de lancer les travaux de construction de sa clinique à Dubaï et s’apprête à conquérir le marché de la santé en Afrique. Une success-story où l’excellent climat des affaires et la politique d’encouragement de l’investissement par le gouvernement Akhannouch y sont pour beaucoup.
Toutes ces success-stories n’étaient loisibles qu’à la faveur d’un volontarisme tenace mis au service d’une vision royale ambitieuse. Décidément, «Impossible» n’est et ne sera jamais marocain !
