Chronique
Le monde a changé, le Maroc aussi !
Ni la morphologie ultramodernisée du pays ni le rang obtenu de haute lutte au sein du concert des nations ne semblent convaincre nos éternels sceptiques du fait tangible que le Maroc a bel et bien changé.
Rien ne met en rogne plus que ces compatriotes qui colportent une représentation anachronique du Maroc, ressassant les mêmes affirmations obsolètes héritées de l’ère bipolaire, USA vs URSS. Ni la morphologie ultramodernisée du pays ni le rang obtenu de haute lutte au sein du concert des nations ne semblent convaincre nos éternels sceptiques du fait tangible que le Maroc a bel et bien changé.
Nombre de ces compatriotes ainsi frappés par le scepticisme ne sont pas forcément de mauvaise foi, mais les brigades cybertoxiques inspirées, téléguidées ou financées par les officines malveillantes des puissances nocives, lointaines et surtout proches, persistent dans leur hostilité à l’encontre de notre pays, au point de tromper une portion non négligeable de la population marocaine.
Pourtant, il suffirait de convoquer l’histoire du Royaume pour en saisir la force motrice. Jamais les dynasties marocaines ne se sont complu dans une nonchalante tranquillité, qu’elle fusse stratégique, diplomatique, culturelle ou cultuelle. Elles ont compris que la pérennité de l’ex-Empire chérifien était garantie fondamentalement par une veille transversale absolue et continue.
Il n’est point un sultan, calife ou roi marocain qui s’est laissé séduire par les jouissances ou la sérénité sans risquer d’y laisser son trône. L’alerte doit être la règle. Le cas du sultan Moulay Ismaïl est édifiant à cet égard. En 55 ans de règne, il n’a jamais pu bénéficier d’un confortable et paisible séjour dans l’une des deux capitales traditionnelles marocaines, Fès ou Marrakech, et a fortiori au sein de Meknès, sa propre capitale.
Il en fut de même tout au long de la bonne vingtaine d’années que dura le règne du sultan Hassan1er. Tout souverain qui dérogeait à la règle de la veille dynamique s’exposait de facto à la déposition, au détrônement, et parfois même à la mort. C’est là la force motrice qui a toujours assuré la pérennité de la monarchie marocaine.
D’ailleurs, pourquoi aller si loin quand on a tout loisir de constater de visu la mobilité ultradynamique dont le Souverain actuel a fait le signe majeur de son règne ?
Ce dynamisme est générateur de prospérité, d’épanouissement civilisationnel. Que de joyaux architecturaux édifiés et que d’avancées sur la voie du rayonnement du Maroc à travers le monde, uniquement parce que des souverains y ont voué leur existence et souvent sacrifié leur propre bien-être !
Malgré tout cela, la fierté de son propre pays demeure une vue de l’esprit pour beaucoup de nos compatriotes aliénés, parce que longtemps biberonnés à l’ethnocentrisme occidental. Depuis quelques années, cet ethnocentrisme s’est paré du costume droits-de-l’hommiste.
Or, comment voudrait-on que l’Occident soit crédible lorsqu’il prône la démocratie, le respect des droits humains ou l’État de droit, alors que ce sont ses armes qui dévastent les pays, ses multinationales qui pillent les sous-sols d’Afrique et d’ailleurs, ses lobbies pétroliers qui fomentent des conflits partout où se terrent le gaz, le pétrole ou les terres rares ?
Du temps du colonialisme, on occupait de vastes contrées pour exploiter les sols, «civiliser des peuplades» en faisant construire des ouvrages (routes, ferroviaire, ponts, villes, etc.) par des entreprises esclavagistes. Les colons et les banques des métropoles y faisaient fortune sous l’égide de gouvernements fiers de leur «œuvre civilisatrice».
À l’ère de l’impérialisme globaliste, pour le moindre milliard de dollars, on démantèle les nations qu’on a soi-même dessinées quelques décennies auparavant sur des cartes d’état-major et qu’on a donc créées de toutes pièces. En vérité, l’ère post-modernitaire a démasqué la duplicité des nations opulentes.
En cela, Donald Trump constitue l’emblème même de cette ère où l’on ne se donne même plus la peine de masquer sa boulimie et sa bellicosité géoéconomique, comme en témoigne l’accord signé par l’Ukraine au profit des vautours des terres rares américains.
Vous voyez bien donc que les perroquets qui ne cessent de déprécier nos aspirations à la grandeur et minorer tous les efforts consentis par notre pays sur la voie de l’émancipation, en nous bassinant avec la rengaine droits-de-l’hommiste, servent un agenda impérialiste qui ne peut concevoir la dignité que sous la dictée des majors ès énergie ou des industries meurtrières.
Les larbins marocains de cette scandaleuse conception de l’équilibre du monde zappent donc l’immense épopée civilisationnelle que notre Extrême-Couchant a édifiée au bénéfice des deux rives de la Méditerranée, de l’Afrique et de la galaxie arabo-musulmane.
Alors qu’ici le patriotisme s’impose non seulement en devoir impérieux, mais également en sauvegarde d’une dignité marocaine plus que millénaire que des forces expansionnistes, elles-mêmes alliées objectives des pires impérialismes, cherchent par tous les moyens à bafouer.
Et puis à l’heure où des États naguère solides se sont retrouvés sous des bulldozers ou des diktats par la faute d’alignements inappropriés, et à l’ère des phobies meurtrières et des protectionnismes dévastateurs, n’est-il pas plus rassurant de choisir le camp de la paix avec notre identité plurielle si riche et si féconde ?
Plus concrètement, les delirium anti-marocains qui pullulent sur les réseaux sociaux s’amplifient crescendo et cela n’a rien d’un hasard. Les proches et lointains ennemis du Maroc sont aujourd’hui définitivement convaincus que le Royaume du Maroc se trouve à quelques minuscules enjambées de la résolution définitive du conflit artificiel saharien, et qu’il lèche la porte du décollage socioéconomique après avoir d’ores et déjà conquis son respect par les plus puissantes nations du monde.
Alors, ils sont devenus fous de rage. Eh bien, qu’ils en crèvent ! Le monde a changé et le Maroc compte y trouver sa place naturelle de leader !
