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Chronique

IA : Anthropic, un extraterrestre dans la Silicon valley

Fondée par d’anciens ingénieurs d’OpenAI, l’entreprise a décidé de se démarquer ouvertement de ses concurrents et de cultiver ainsi sa propre image de marque.

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Dans la galaxie des acteurs de l’IA, Anthropic se construit son propre univers.
La start-up de San Francisco porte l’intelligence artificielle dans ses gènes et ne se gêne pas de revendiquer une approche différente.

Fondée par d’anciens ingénieurs d’OpenAI, l’entreprise a décidé de se démarquer ouvertement de ses concurrents et de cultiver ainsi sa propre image de marque.

Elle a fait de la programmation sa priorité et, sans a priori, maintient le cap sur la production de lignes de code dédiées aux entreprises et aux professionnels.

D’après Mike Krieger, directeur produit d’Anthropic, et cofondateur d’Instagram, «les agents IA peuvent aussi faire office de directeur financier ou chef produit», avant de préciser qu’il passe lui-même «beaucoup plus de temps avec Claude» qu’avec son épouse.

Dans une Silicon Valley qui ne jure pourtant que par les «agents IA», Anthropic fait figure d’extraterrestre en gardant la tête sur les épaules.

Une attitude qui en déroute plus d’un, d’autant plus que ses fondateurs ont été en pointe sur ce créneau avec la sortie de «Computer use» à l’automne 2024.

Un outil qui permet à Claude d’utiliser les ordinateurs comme le ferait un internaute.
Il parvient ainsi à naviguer sur le Web, à cliquer sur des sites, à écrire du texte ou encore à manier différents logiciels.
Mais malgré cela, Anthropic ne cherche pas à remplacer l’humain. Il veut l’aider à «augmenter sa créativité».

Convaincu de ses capacités, le top management de la boîte n’hésite pas à clamer que «Claude Opus 4 est le meilleur modèle de codage au monde».

Et qu’importe si, contrairement à ChatGPT et Gemini, il ne génère pas d’images et reste très limité en matière de fonctions multimodales.

Anthropic n’hésite pas non plus, au-delà de ses forces, à faire état de ses faiblesses.
Ses dirigeants tiennent à dévoiler ses propres failles dans un souci périlleux de transparence.

L’entreprise a notamment publié un rapport sur les tests de sécurité effectués sur Claude 4, faisant apparaître des cas «où le modèle tentait d’écrire des logiciels malveillants, de fabriquer de faux documents juridiques, et de laisser des messages cachés».

D’après le laboratoire de recherche qui s’est chargé de l’audit, ce comportement avait pour «but de contourner les intentions de ses développeurs».
Une démarche et une assurance qui font sa force et qui lui permettent de revendiquer une valorisation à plus de 61 milliards de dollars.

Aussi avant-gardiste soit-elle, il arrive cependant à la start-up d’être un peu trop en avance sur ses analyses ou ses intentions. L’un de ses dirigeants avait annoncé en 2023 l’arrivée de l’IA générale, aussi intelligente que les humains, pour fin 2024, avant de repousser l’échéance à quelques années de plus.

Plus récemment, ce même dirigeant a également considéré que l’IA écrirait 90% du code informatique d’ici l’automne. Ce qui ne sera manifestement pas le cas, même si la tendance est irréversible. Et pour se justifier, il souligne que «plus de 70% des suggestions de modifications de code informatique» sont désormais générées par l’IA.

Dario Amodei est ainsi convaincu que l’avenir lui donnera raison. Face aux sceptiques et aux critiques, il continue à mener Anthropic vers une approche plus responsable et durable de l’exploitation de l’IA.

Plus confiant que jamais, telle une prophétie, il assène à ceux qui en douteraient encore : «À long terme, nous devrons faire face à l’idée que tout ce que font les humains finira par être réalisé par des systèmes d’IA. C’est sûr, ça va arriver.»