Chronique
Être à l’heure de l’IA, voire en avance
Les premières Assises nationales ont donné le ton de la nécessité d’implémenter l’intelligence artificielle générative dans tous les segments de l’économie du pays.
Le Maroc a bien conscience de tous les enjeux liés à l’IA, c’est pour cela qu’il ouvre désormais la voie à la concrétisation de toutes les opportunités que cette nouvelle technologie induit.
Le défi est de taille, mais avec une grande spécialiste du sujet à la tête du ministère de tutelle, le Royaume ne manque pas d’atouts pour être à l’heure, voire en avance sur les échéances qui se profilent à l’horizon 2030.
Les premières Assises nationales organisées en ce début du mois de juillet ont donné le ton de la nécessité d’implémenter l’intelligence artificielle générative dans tous les segments de l’économie du pays.
Et le fait que l’évènement soit placé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi est un signe fort qui donne le la.
Au cours de son discours inaugural, la ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration a posé le cadre.
Amal El Fallah Seghrouchni a interpelé l’assistance en rappelant avec insistance que la taille du marché mondial des agents d’IA dans les 5 ans est estimée à 320 milliards de dollars.
Autant dire que ces outils ont vocation à devenir monnaie courante, puisque selon certaines études, 70% des grandes entreprises prévoient de les adopter d’ici l’année prochaine tout en sachant que 80% des nouvelles applications d’entreprise intégreront des fonctionnalités d’agent d’ici 2027.
Et le secteur public n’est pas en reste, puisqu’en tant qu’initiateur de ces orientations stratégiques, il était parfaitement logique qu’il donne l’exemple.
Pour Mme Seghrouchni, l’IA est donc un «moteur central de la refonte des structures administratives, des modes de décision et des relations entre l’État et la société». Une vision stratégique qui s’inscrit dans la continuité de la feuille de route Maroc numérique 2030, désormais réorientée pour faire de l’IA un levier transversal pour toutes les politiques publiques.
En vue d’en retirer tous les bénéfices, il faudra activer trois leviers principaux.Le premier est centré autour du développement d’un écosystème de start-up. Il faut encore aujourd’hui favoriser un terreau propice à l’éclosion de champions nationaux qui seront en mesure de proposer des solutions adaptées aux spécificités locales.
Cet élan doit être amplifié par un phénomène d’aspiration porté par le cœur du tissu économique national. Les PME seraient bien inspirées en effet de faire du digital un pilier central de leur cœur de métier.
Enfin, le troisième étage de la fusée, sans lequel celle-ci ne pourrait pas décoller, en l’occurrence l’investissement dans le capital humain.
Cela passera nécessairement par l’intégration de contenus en lien avec l’IA dans les cursus pédagogiques, par la création d’établissements de formation spécialisés et dans le même temps par l’élaboration de filières d’apprentissage en marge de l’activité professionnelle.
Une trajectoire semée d’embûches, telles que les risques de biais algorithmiques susceptibles de générer des schémas d’exclusion et de discrimination, des prises de décisions arbitraires sans contrôle humain ou encore la mise à mal de la souveraineté nationale en l’absence de connaissances suffisantes parmi les décideurs.
Autant d’impairs contre lesquels le Royaume entend bien se prémunir pour remporter la bataille de l’IA générative dans notre vie de tous les jours. Pour ce faire, le pays fait savoir qu’il s’appuie sur ses valeurs sociétales, un sens profond de l’éthique et une gouvernance qui rime avec performance.
De quoi pulvériser le leurre qui voudrait laisser croire que le Maroc est en retard.
