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Chronique

Des leçons venues d’ailleurs

Nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui se passe en France. Comme nous ne pouvons pas transposer ce qui s’y passe sans le lire avec des yeux marocains, tellement les liens sont anciens, ancrés et alambiqués. Que pourrions-nous apprendre d’utile de la situation française ?

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En France, le sursaut espéré a eu lieu. Avec un taux de participation historique (67,1% des inscrits), les Français sont allés voter ou donner des procurations en masse. Ils ont voté pour éviter le pire et ils ont fini non pas par l’éviter, mais peut-être seulement le reporter aux prochaines élections présidentielles qui auront lieu, normalement, en 2027.
«Le peuple a voté en conscience, notre peuple a clairement écarté la solution du pire», dit, le soir du second tour des élections législatives, le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, secrétaire du Parti socialiste français, enchaîne en affirmant que les Français ont voté «autour des grands axes qui vont permettre de faire Nation», parce que «le temps du mépris, c’est terminé». Le mot est dit. Il s’agit de mépris. Celui que nombre de Français sentent de la part des politiques parisiens qui ont fait leurs études dans les grandes écoles et qui vivent en dehors du peuple, tout en prenant des décisions en son nom, en tant que représentants. Toute ressemblance avec ce qui se passe au Maroc ne devrait être fortuite.

Apprenons de leurs erreurs
Car si nous transposons, chez nous, ce qui se passe en France, nous serions mieux inspirés d’apprendre des leçons des autres. Surtout du pays dont nous héritons encore quelques lois qui persistent encore, des règles et des découpages administratifs et des attitudes et comportements, heureux ou malheureux, qui sont encore là, quoi qu’on dise. Le sursaut des Français est venu d’une conscience (ou de la peur) qu’en votant l’extrême droite (que) contre les politiques actuels, cela pourrait amener au pire. La «vengeance» est mauvaise conseillère. Il y a des pays qui n’oublient pas leur histoire, après tout, Hitler est aussi arrivé au pouvoir par le vote. En revenant à nos contrées, les Marocains ont également eu leur sursaut en 2021. Après l’avoir amené au pouvoir en 2011 et reconduit en 2016, les Marocains ont réduit à entité négligeable le Parti de la justice et du développement (PJD) aux élections législatives marocaines de 2021. Pour la première fois au Maroc, trois élections ont eu lieu le même jour, les communales, les régionales et les législatives. Cette décision entend faire améliorer le taux de participation électorale en permettant aux citoyens de faire un «trois en un». Voter le même jour pour élire les députés et les conseillers communaux et régionaux. Cela permettait également de dessiner la carte politique nationale en amont de la rentrée parlementaire et de savoir très vite quelle majorité allait émerger pour gouverner le pays.

Améliorations dont il faut s’emparer
Il y a même eu un changement dans le jour du vote. Les Marocains votaient, habituellement, le vendredi. Et pour beaucoup d’entre eux, après le prêche, avec un risque potentiel d’influence vers la partie conservatrice. Le 8 septembre 2021, jour du vote, était un mercredi. En pleine semaine de travail, limitant le risque des «ponts» de fin de semaine. Autrement dit, plus d’excuses «matérielles» pour ne pas aller voter. L’excuse qui demeurait chez beaucoup de citoyens est celle que le vote ne servait à rien. La confiance dans les institutions n’étant toujours pas complètement acquise, il y va du rôle de ces institutions de rétablir cette confiance en communiquant sincèrement leurs résultats et en évaluant consciencieusement leur travail, pour toujours l’améliorer. Quant aux citoyens, il y va de leur devoir (et espièglerie) de s’emparer de ce qui évolue positivement et d’exiger la reddition des comptes de ceux qui utilisent l’argent public pour un service public devant être accessible et de qualité. C’est à ce prix que nous pourrions nous constituer une culture politique et de parler de démocratie, de manière crédible. Sinon, nous continuerons à nous jouer des rôles entre nous et à privilégier le «fatalisme» en tant que mode de gouvernance. La Culture est la Solution.