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Chronique

Compétitivité loyale

En termes d’attrait et de compétitivité marocaine sur le marché mondial, il y a la théorie et la pratique. Les atouts que nous avons se heurtent parfois au mur de la réalité quotidienne, confirmant ainsi que le diable est dans les détails.

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Sur le papier, le Maroc a réalisé des progrès significatifs en matière de développement économique et de compétitivité. Il continue de mettre en œuvre des réformes pour améliorer son environnement des affaires et renforcer son capital humain.

C’est ce que disent les rapports de la Banque mondiale, du Forum économique mondial, d’autres institutions internationales ou nationales et la communication institutionnelle.

Sur le terrain, on peut aisément se rendre compte de l’investissement de l’État dans de nouvelles infrastructures modernes (ports, autoroutes, ponts, viaducs, tunnels, trains à grande vitesse…).

D’un point de vue stratégique, le Maroc a choisi de diversifier son économie, au-delà de l’agriculture, avec des secteurs tels que l’industrie manufacturière (automobile, aéronautique), les services (tourisme, offshoring), les énergies renouvelables…

D’autres atouts se rajoutent à l’offre marocaine. En plus de sa position géographique et stratégique, entre l’Europe et l’Afrique, et qui en fait une plateforme commerciale attrayante, un facteur important pour attirer les investisseurs étrangers. Enfin, le Maroc a signé plusieurs accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne et les États-Unis.

Illusions perdues
Je croyais, comme beaucoup de personnes, que le Maroc était compétitif sur le marché mondial. Et que c’était pour cette raison que de plus en plus d’entreprises internationales décidaient d’y installer une partie de leurs activités.

Mon raisonnement se basait essentiellement sur sa compétitivité en termes de coût de main-d’œuvre, très basse en comparaison avec les salaires pratiqués dans les pays développés.

Un ami entrepreneur a fini par me convaincre que la compétitivité du Maroc ne peut pas reposer que sur le coût de la main-d’œuvre. Et que si nous faisons attention aux détails, celle-ci revient au final plus chère que dans les pays où on paie mieux les ouvriers. Sa démonstration était limpide, brève et intense.

Mon ami me racontait que pour fabriquer quelque chose au Maroc, le manque de formation fait qu’il faut plus de personnes qu’ailleurs.

Ce qui atténue l’avantage du bas coût de la main-d’œuvre chez nous. Une autre différence cause un autre surcoût. Il faut assurer une surveillance accrue pour que la productivité soit à la hauteur des calculs prévisionnels.

Car à la longue, la productivité, même si elle n’est pas au même niveau qu’ailleurs, baisse. Et pour la garder au moins constante, il ne faut pas laisser les ouvriers seuls et leur mettre un contremaître qui les surveille. Et mettre quelqu’un pour surveiller les contremaîtres. Et ainsi de suite.

Résultat de la manœuvre, la marchandise fabriquée coûte plus cher qu’ailleurs avec une qualité qui n’est pas toujours au rendez-vous. Mon ami étayait, bien entendu, sa démonstration d’exemples pratiques et vécus dans son propre quotidien d’entrepreneur.
Il est vrai que le coût du travail en lui-même ne veut plus rien dire.

Les critères de la productivité se trouvent dans la qualité du produit, le respect des délais, le niveau de formation des intervenants, la formation continue tout au long de la vie…

Et puis, en plus du salaire, la couverture sociale et l’hygiène au travail font aujourd’hui partie de ce que l’on appelle la compétitivité sociale. Rajoutons à cela le droit des salariés à revendiquer leurs droits, à faire grève, à avoir droit au chapitre dans les négociations importantes pour leur bien-être et donc pour leur productivité. Suivez mon regard.

Cette compétitivité sociale est de plus en plus exigée par quelques clients et donneurs d’ordre scrupuleux. La concurrence ne permet pas tout, heureusement. La Culture est la solution.