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Evénement

MAS 2026 : Le Maroc peaufine sa stature de hub aéronautique

Le Marrakech Air Show (MAS), évènement à forte connotation internationale, s’est érigé, au fil des années, en une véritable vitrine de l’excellence et de la compétitivité industrielles du «Made in Morocco». Le point.

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Après l’édition de 2024, le rendez-vous incontournable de l’aéronautique au niveau continental a tenu ses promesses pour cette 8e édition, qui se tient du 7 au 10 octobre, sur la base aérienne des Forces Royales Air de Marrakech.

Une salve d’accords propices au développement du tissu industriel local ont été conclus entre l’État marocain et des acteurs internationaux.

Dans ce sens, Harmattan AI produira au Maroc son drone de frappe à longue portée IRIFI. Le groupe aéronautique Safran a, pour sa part, officialisé lors du Salon de la ville ocre l’implantation de son usine de réservoirs d’huile de moteurs à Nouaceur, pour un investissement de 120 MDH.

Parmi les temps forts de la cérémonie d’inauguration du MAS 2026 figure la signature de l’accord de consortium de l’Africa Center of Manufacturing Excellence (ACME). Ainsi, Airbus, Lockheed Martin et Safran ont rejoint officiellement, à Marrakech, le tour de table du Centre de recherche en fabrication avancée de l’UM6P, labellisé par Boeing en 2024.

Au-delà de ces nouveautés majeures, le MAS 2026 se veut une passerelle stratégique reliant les leaders mondiaux de l’industrie aéronautique au continent africain.

La manifestation de 2026 est assez particulière, puisqu’elle constitue un puissant marqueur de la nouvelle ère de l’écosystème aéronautique marocain. En cela, elle met l’accent sur la souveraineté industrielle, les systèmes de défense de haute technologie, l’intelligence artificielle et les technologies satellitaires.

200 exposants
L’intérêt croissant suscité par le MAS 2026 peut être corroboré par le fait que cette plateforme internationale de référence pour l’innovation dans les secteurs de l’aéronautique, de la défense et du spatial en Afrique, fédère cette année plus de 200 exposants, 19 pays représentés, avec à la clé la projection de 2.000 rendez-vous de BtoB (rencontres d’affaires).

De plus, l’évènement à forte connotation internationale s’est érigé au fil des années en une véritable vitrine de l’excellence et de la compétitivité industrielles du «Made in Morocco» dans cette industrie de pointe, considérée par certains comme une chasse gardée d’une poignée de pays développés et émergents.

Les exportations carburent

La 8e édition du MAS réunissant les ténors mondiaux de l’aéronautique et de la défense (Lockheed Martin, L3Harris, Airbus, Boeing, Safran, Thales, Embraer…), est en réalité une nouvelle consécration du rôle majeur du Royaume en tant que hub mondial de l’industrie aéronautique civile et militaire.

D’ailleurs, cette stature est amplement confortée par des données chiffrées et par la montée en gamme de l’industrie aéronautique nationale, structurée autour d’un écosystème, formé de plus de 150 entreprises employant plus de 25.000 talents.

L’évolution des exportations est un baromètre du dynamisme de l’industrie aéronautique, en pleine expansion au Maroc.

Selon les derniers chiffres de l’Office des changes (fin août 2026), les ventes à l’étranger de cette branche hautement technologique ont progressé de 21,5%, à près de 23 MMDH.

Cette performance notable découle, entre autres, de la hausse des exportations des segments de l’assemblage (+26,9%, à 15,8 MMDH) et du système d’interconnexion de câblage électrique (+10,9%, à plus de 7 MMDH). Ces bons résultats s’inscrivent dans le même trend haussier enregistré en 2025.

Pour rappel, les exportations de l’industrie aéronautique (1re en Afrique) ont culminé à près de 3,2 milliards de dollars l’année dernière. Ce qui représente une hausse annuelle de 10% par rapport à 2024.

2030 en ligne de mire

Au-delà de ces chiffres, la montée en gamme de la filière aéronautique au Maroc est perceptible. D’ailleurs, l’ambition nationale de faire décoller un avion «made in Morocco» vers 2030 demeure intacte.

Véritable preuve de montée en gamme industrielle, Safran, quatre mois après le lancement des travaux de construction du complexe de maintenance et de réparation des moteurs de nouvelle génération LEAP (octobre 2025) et l’annonce de l’implantation d’une nouvelle ligne de production de moteurs d’avion (LEAP-1A), a lancé, le 13 février 2026, son projet de construction d’une usine de production des trains d’atterrissage à Nouaceur.

En définitive, ces projets structurants pour l’industrie aéronautique nationale permettent au pays de monter plus haut dans la chaîne de valeur aéronautique, avec la production de composantes très complexes et surtout névralgiques pour tout avion, notamment les trains d’atterrissage (Airbus A320) et les moteurs (A320 Neo).

D’une capacité d’assemblage de 350 moteurs par an, l’unité industrielle de Safran de Nouaceur, qui mobilisera 2,1 MMDH d’investissements, générera 300 emplois hautement qualifiés d’ici 2029. La mise en service de ces projets de premier plan sera bénéfique au taux d’intégration industrielle du secteur situé autour de 40%.

Ceci étant dit, l’inauguration du nouveau site de production de Pratt & Whitney (pièces pour moteurs d’avions), l’annonce du projet d’implantation de l’américain Curtiss-Wright Corporation (traitement de surface) ou encore l’inauguration du nouveau site industriel du groupe suédois Trelleborg (dédié à la fabrication de systèmes d’étanchéité) sont autant de faits de 2026 qui démontrent encore une fois l’attractivité de l’écosystème national aux yeux des acteurs internationaux.

Au-delà du dynamisme industriel et du rayonnement international du Royaume dans le domaine aéronautique, le MAS 2026 propose un programme aérien et une exposition statique d’envergure, réunissant une pléthore d’aéronefs civils et militaires et de plateformes de dernier cri.

La part belle à la défense

Espace d’animation majeur de la ville ocre pendant quatre jours, l’évènement, qui a pour partenaire stratégique les Émirats arabes unis, est rythmé par les démonstrations en vol et les présentations aériennes.

Cette programmation a l’avantage de permettre aux visiteurs et aux professionnels de découvrir les avancées technologiques, les performances, ainsi que le savoir-faire qui portent les évolutions de l’aéronautique d’aujourd’hui et de demain.

Autre force du Salon international : l’organisation de panels stratégiques et d’échanges de haut niveau autour de sujets cruciaux: souveraineté industrielle, résilience et sécurisation des chaînes de valeur, digitalisation, systèmes complexes et développement des compétences.

Le MAS 2026 fait également la part belle à l’aéronautique militaire (défense aérienne), potentiel relais de croissance du tissu industriel national.

D’ailleurs, l’américain Lockheed Martin, sponsor du rendez-vous biennal et partenaire historique des Forces Royales Air (depuis 1974), a profité du Salon pour annoncer ses échanges avec des entreprises marocaines sur les possibilités de participation à de futurs programmes de défense.

Le fabricant d’avions de combat et de transport militaire (F-16, F-35, C-130J…) s’est aussi félicité, mardi 6 octobre, du succès du premier vol d’essai du F-16 Block 72 destiné aux Forces Royales Air du Maroc.

Cette réussite est une étape cruciale pour la première livraison au Maroc, qui a passé une commande de 25 appareils F-16 Block 72. Et ce, pour une enveloppe avoisinant les 3,8 milliards de dollars auprès du groupe américain.