Chronique
Cette mauvaise foi faite homme !
L’aigreur, l’oisiveté et le confort matériel semblent s’être ligués pour précipiter plus rapidement l’ex-chef de gouvernement par inadvertance vers l’extinction définitive de son sens des réalités.
Quel culot ! Oser croire son heure (re)venue concomitamment au renversement du pouvoir sanguinaire des Assad, non sans en établir le parallèle avec le prétendu «sauvetage» de la Monarchie par le PJD lors des remous du 20 février, là est la pire et dernière manifestation de l’insolent culot du dépressif bi-pensionné Abdelilah Benkirane !
Le zéroteux chef islamiste se verrait-il en un Al Joulani marocain ? L’aigreur, l’oisiveté et le confort matériel semblent s’être ligués pour précipiter plus rapidement l’ex-chef de gouvernement par inadvertance vers l’extinction définitive de son sens des réalités. L’idée que le rastaquouère se fait de sa désuète personne échappe à la réalité tangible, en effet.
À un journaliste qui lui a candidement posé une question qu’il a jugée dérangeante, il répliqua : «Tu n’es qu’un sale gosse (barhouch) !». Celui qui prétend avoir entamé son parcours politique dès l’âge de… huit ans ne rate aucun brin de causette, notamment avec son public partisan féminin, pour marteler sa haine à l’encontre de l’actuel chef de gouvernement.
Aziz Akhannouch est devenu, en effet, l’obsession première de ses piètres halqas. «Ce Aziz ne connaît que dalle à la politique ! De quelle expérience militante acquise ou héritée tire-t-il son prétendu mérite ? C’est bien moi qui l’ai appelé au gouvernement !», vociféra-t-il. Il va jusqu’à lui retirer toute prétention entrepreneuriale, avançant le calomnieux fait qu’il «n’a fait qu’hériter son père !»
Tiens, tiens ! Si notre «militant précoce» peut évoquer l’héritage, il se trompe misérablement, en revanche, sur son contenu et sa nature. Aziz a surtout hérité sa fibre nationaliste d’un père, feu Akhannouch Ahmad Oulhaj, qui, dès la fin des années 40, s’est attelé à parcourir le Grand Souss, souvent à pied ou à dos de bête, pour gagner l’adhésion de ses compatriotes au combat nationaliste contre l’occupation française.
Ce militantisme effréné lui valut l’emprisonnement, l’exil et la confiscation de sa marbrerie. C’est surtout cet attachement organique à l’émancipation et à la prospérité de la Patrie qu’Aziz a dignement hérité de son père.
Quant à l’héritage entrepreneurial que le (pourtant) grassement bi-pensionné ne cesse de jalouser, il a été plutôt de la dimension d’une PME du temps du père avant de se transformer sous la conduite du fils en un mastodonte de l’économie nationale qui emploie plus de 10.000 personnes dans une foultitude de secteurs intégrant le tourisme, l’hôtellerie, la gestion déléguée et bien d’autres activités sous le chapiteau de «L’énergie de l’entrepreneuriat».
Sans le plan de restructuration industrielle et financière entrepris par l’entreprise dès 1993 sous l’impulsion de Aziz Akhannouch et ses partenaires, le groupe AKWA aurait-il pu accéder à sa position actuelle de leader ? Aurait-il pu remporter en 2008 la concession du Terminal 3 du Port Tanger Med au moment où même les rapaces outre-Méditerranée s’esclaffaient de rire des «ambitions démesurées» du Royaume ?
Le voilà le double héritage dignement reçu et amplement fructifié par l’actuel chef de gouvernement qui, lui, traite autrement plus sérieusement la détresse de la veuve, de l’orphelin et des «édentés» grâce à l’«État social» conçu et promu par le Souverain.
Et puis pourquoi toute cette hâblerie enceinte de vacuité, fanfaronnant jusqu’à s’autoriser à braver la mémoire d’un grand nationaliste de la dimension de feu Ahmad Oulhaj qui a quitté son Aguerd Oudad (environs de Tafraout) à un âge précoce vers Casablanca où il a entamé son long parcours entrepreneurial dès l’aube des années 30 ?
Comparativement à ce double parcours des Akhannouch, père et fils, qu’a donc apporté à l’État et à la société de ce pays un nullard de la politique et de l’entrepreneuriat autre que des palabres vaseux et dont l’émergence dans la sphère politicienne n’est due qu’à l’un de ces nauséeux pets de l’Histoire où les cancres réussissent leur immérité entrisme par les interstices du système aux heures creuses du destin ?
Je ne résiste pas à reproduire à cet effet de pertinents fragments d’un texte publié par le Pr Abdellatif Agnouche, l’un des plus illustres experts en sciences politiques, sur sa page Facebook. «Aziz Akhannouch, fils de Haj Ahmad Oulhaj, a exigé des conditions draconiennes pour rejoindre le gouvernement. Y compris le refus d’être rétribué du moindre centime en contrepartie de sa mission de ministre.
Ce faisant, il a dérangé les pouilleux du PJD et à leur tête Benkirane (…). Durant leur passage au gouvernement, ils n’ont jamais évoqué quelque “conflit d’intérêts”, ni dans la libération des prix de carburants ni dans l’amincissement de la Caisse de compensation, ni dans la question du “Maroc vert”, ni même à propos de tout grand projet d’investissement marocain», affirme le Pr Agnouche qui ajoute : «Tout cela était du pain bénit pour des dénudés fraîchement sortis de l’ère de la mobylette et de la R4 pour rejoindre la sphère des Mercedes, des villas, de la polygamie et davantage que cela (…).
Benkirane se trouve aujourd’hui rejeté et dépourvu du moindre moyen de pression contre l’État, la société, le Makhzen ou le gouvernement (…). Il était donc naturel qu’il recourût à un pis-aller qu’il n’eut jamais l’audace d’invoquer auparavant, à savoir le “conflit d’intérêts” (…). Hélas pour lui, il ne pourra jamais rééditer la tragédie que les Marocains connurent sous son emprise, de 2011 à 2021 !»
On comprend donc mieux le matraquage quotidien par l’islamodépressif et sa clique d’un gouvernement pourtant franchement et même fièrement libéral qui, en dépit des conditions nationales (séisme d’Al-Haouz, Covid-19, sécheresse endémique, etc.) et internationales (guerre russo-ukrainienne, renchérissement de l’énergie, etc.) calamiteuses qui ont coïncidé avec son avènement en 2021, a eu, lui, le courage de mettre en musique une panoplie de mesures socio-éducatives audacieuses et inédites.
Le combat pour l’emploi suit le même vecteur volontariste, notamment à la faveur des investissements colossaux qui se déploient crescendo.
Face à cette dynamique insufflée par un grand roi et déployée par un gouvernement sérieux, la mauvaise foi du hâbleur aigri est vouée à la poubelle de l’Histoire !
