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Crédits étudiants : Des solutions variées, mais peu demandées

L’accès aux écoles privées se démocratise avec des dispositifs de financement de plus en plus diversifiés. En plus de la garantie de Tamwilcom, plusieurs autres offres sont proposées par les banques pour le financement du matériel informatique ou encore les études à l’étranger.

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À l’approche de la rentrée universitaire, de nombreuses familles se retrouvent face à une réalité financière : le coût croissant des études supérieures, notamment dans le privé. Si les parents puisent généralement dans leurs ressources personnelles, d’autres anticipent dès la naissance de leurs enfants en mettant en place des mécanismes d’épargne dédiés.

En effet, conscients des charges futures, certains parents optent pour des dispositifs tels que les Plans d’épargne éducation (PEE) qui offrent des rendements sécurisés. Ces produits permettent non seulement de constituer un capital sur plusieurs années, mais bénéficient également d’une exonération totale de l’impôt sur le revenu (IR) à la sortie, un avantage fiscal non négligeable.

En plaçant de façon régulière de petites sommes, les familles peuvent ainsi anticiper plus sereinement les frais d’inscription et de scolarité.

Pour ceux n’ayant pas pu épargner à l’avance ou dont les économies ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des frais, les banques proposent une large gamme de prêts étudiants à conditions avantageuses. Certaines de ces offres sont soutenues par Tamwilcom, acteur clé dans le financement de la formation privée.

Depuis 2008, Tamwilcom a mis en place le programme «Enseignement Plus», une solution destinée à faciliter l’accès aux crédits bancaires pour les étudiants inscrits dans des établissements privés de l’enseignement supérieur.

Ce dispositif garantit les crédits accordés aux étudiants marocains âgés de 25 ans au plus au moment du dépôt du dossier. Il permet de financer des formations allant jusqu’à cinq ans, avec un plafond de 50.000 dirhams par an, soit un total pouvant atteindre 250.000 DH.

Le crédit est garanti à hauteur de 60% par Tamwilcom, ce qui limite le risque bancaire et favorise l’accès au financement. Les modalités de remboursement sont souples : une durée maximale de 12 ans, avec un différé possible de 6 ans, permettant à l’étudiant de commencer à rembourser après la fin de ses études, ou encore après l’entame de la vie active. Il faut savoir que le déblocage des fonds est effectué directement au profit de l’établissement choisi.

Près de 200 bénéficiaires de la garantie tamwilcom

En 2023, ce dispositif a permis de garantir près de 32 millions de dirhams de crédits au profit de 192 étudiants, représentant un engagement de plus de 19 millions de dirhams, soit une hausse de 6% par rapport à 2022.

Longtemps en retrait, Al Barid Bank a récemment rejoint cette dynamique en signant un partenariat avec Tamwilcom pour intégrer l’offre «Enseignement Plus». La banque complète ainsi son offre de produits bancaires adaptés aux besoins de la jeunesse étudiante et répond à une demande croissante des familles rurales et périurbaines, souvent clientes de son réseau.

Outre les prêts garantis par Tamwilcom, les banques proposent aussi des crédits étudiants autonomes, sans garantie publique. Ces prêts présentent des conditions flexibles, avec des montants plus ou moins importants, des durées de remboursement variées et parfois des différés adaptés.

Les taux, eux, varient entre 6 et 9%, en fonction des banques et de leurs critères d’éligibilité à ce type de prêt. Certaines banques vont même jusqu’à proposer des crédits dédiés au financement des études à l’étranger, avec des montants allant jusqu’à 300.000 DH, sur des durées de 3 ans ou plus.

Financement du matériel informatique

Pour faciliter la vie quotidienne de l’étudiant, plusieurs établissements bancaires ont mis en place des microcrédits spécifiques destinés à l’achat de matériel informatique.

Des prêts compris entre 5.000 et 20.000 DH sont proposés, avec des remboursements étalés sur 24 à 36 mois, permettant aux étudiants de s’équiper sans pression financière excessive. Ces offres, bien que modestes en montant, contribuent à l’égalité des chances, en réduisant la fracture numérique entre étudiants.

Par ailleurs, certaines banques comme la BCP ont noué des accords avec des institutions prestigieuses, telles que HEM, l’Université Al Akhawayn ou encore l’Université Internationale de Rabat (UIR). Ces partenariats permettent aux étudiants d’accéder à des financements sur mesure, avec des conditions négociées.

À titre d’exemple, le prêt étudiant pour le cycle normal à HEM peut atteindre 100.000 DH, tandis que celui pour le bachelor ou le master à Al Akhawayn s’élève jusqu’à 240.000 DH. Les durées de remboursement varient de 10 à 15 ans, permettant une meilleure gestion de la dette post-études.

Ces dispositifs traduisent une volonté croissante de démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur privé. Grâce à la mobilisation de Tamwilcom, aux offres bancaires de plus en plus souples et aux partenariats stratégiques avec les établissements, les étudiants marocains peuvent prétendre à l’école de leur choix, sans pour autant que le coût soit rédhibitoire.


Une offre qui peine à trouver preneur

Bien que les établissements bancaires marocains multiplient les offres de prêts étudiants avec des conditions de plus en plus souples, ces produits financiers peinent toujours à trouver leur public dédié.

La demande reste largement inférieure aux prévisions, malgré des taux d’intérêt réduits, des différés de remboursement attractifs et une extension des prêts à de nouvelles catégories d’étudiants, y compris ceux inscrits dans des écoles privées à l’étranger.

En fait, c’est culturel : les parents préfèrent éviter de s’endetter à travers les banques, surtout face à l’incertitude de décrocher un emploi une fois le diplôme en poche. Ils recourent ainsi à leurs fonds propres, aux aides des familles et autres moyens pour assurer l’avenir de leurs enfants.