Tourisme de luxe : Les activités les plus appréciées sont parfois les plus simples

La sérénité et la paix des grands espaces plaisent aux visiteurs les plus nantis. Ils sont à la recherche d’expériences calmes, humaines et respectueuses de la nature pour se ressourcer.

Le désert d’Agafay : des tentes et lodges de luxe au prix d’une nuit en palace

Le désert d’Agafay
Le désert d’Agafay

 

Situé à une trentaine de kilomètres au sud de Marrakech, le désert d’Agafay est rocailleux mais s’apparente à un désert de sable. Depuis quelques années, plusieurs entrepreneurs y ont installé des camps-hôtels où les touristes peuvent passer un long week-end en toute sérénité et quiétude. Abdelkhalek Benalila, DG de «The White Camel», est l’un d’entre eux. Après avoir lancé son concept de camp de luxe à Erg Chegaga dans la commune de M’hamid El Ghizlane en 2007, il s’installe au désert d’Agafay en mars 2019 rejoignant ainsi la quinzaine de camps déjà implantés. «Depuis l’Open Sky, la clientèle qui venait habituellement pendant 4 jours à une semaine et prenait le temps de parcourir la route 8h à 9h pour atteindre Merzouga préfère les escapades de 3 jours. C’est la raison pour laquelle nous avons essayé de rapprocher l’expérience du désert pour nos visiteurs à 30 minutes de Marrakech», déclare M. Benalila. Cet agent de voyages a ensuite développé le concept avec les King Size Bed, de l’eau chaude avec pression, des meubles High End… Son camp, qui a nécessité un investissement de 10 MDH, dispose de 20 tentes de luxe et 10 lodges aménagés. «Nous avons reçu plusieurs célébrités mondiales du football, de l’art et du cinéma américain et australien», déclare le Directeur du Camp. Des activités telles que le trekking, le yoga détente, la randonnée pédestre ou simplement une journée à la piscine, un hammam et SPA du désert ou encore une visite du jardin botanique sont proposées. M. Benalila privilégie le transport en dromadaires et en chevaux pour diminuer la pollution. En attendant, le déplacement se fait encore en 4X4. «Nous avons beaucoup pensé à la nature. Le camp est entouré de végétations telles que les oliviers, les cactus et les palmiers. Nous avons creusé des puits et pensé à un système de recyclage de l’eau», ajoute le promoteur du projet «The White Camel».

La montgolfière : venant tout droit d’un temps révolu, elle est réservée aux plus nantis.

La montgolfière
La montgolfière

 

L’activité perçue comme haut de gamme a commencé au Maroc dans les années 1990. Initiée par la compagnie «Ciel Afrique» près de Marrakech où elle était le seul opérateur dans le pays pendant 20 ans, l’activité se développe peu à peu grâce à la présence de 5 compagnies aujourd’hui et deux supplémentaires dans quelques mois. «La particularité de Marrakech est la possibilité de voler 350 jours/an. Il n’y a aucun spot dans le monde où c’est possible même à Cappadoce en Turquie», déclare Daniel Penet, pilote chez Ciel Afrique, compagnie de montgolfière. Avec un prix de 2 050 DH/personne dans un vol classique, Ciel Afrique attire une clientèle étrangère qui constitue 92% du total, soit un maximum de 380 personnes chaque matin. Les vols ont lieu avant l’aube pour pouvoir contempler le magnifique lever du soleil avec vue imprenable sur les villages berbères. «Dans les hôtels, 20 à 25% de notre clientèle est marocaine. Nous recevons aussi des Marocains dans le cadre de séminaires et de teambuildings à Marrakech. Mais la majorité de notre clientèle est issue d’autres nationalités venant en couple et en famille», précise M. Penet. Outre Ciel Afrique, Fairmont Marrakech propose également les vols captifs en montgolfière organisés dans le cadre de ses «Garden Brunchs». D’ailleurs, c’est le seul établissement hôtelier au Maroc qui propose cette activité dans son enceinte. En dehors de Marrakech, les vols en montgolfière sont disponibles à Ouarzazate et au Ksar Ait Benhaddou où Ciel Afrique a obtenu l’autorisation. Pour survoler le désert de Merzouga, la compagnie attend encore l’aval de la wilaya d’Errachidia.

Les musées : beaucoup reste à faire…

Les musées
Les musées

 

Le Maroc dispose de 80 musées privés et publics dont 14 sont sous la responsabilité de la Fondation nationale des musées. En somme, cinq ont été rénovés en deux ans. Il s’agit du musée national de l’histoire et des civilisations à Rabat, du musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes à Tanger, le musée national de la céramique de Safi, le musée Dar El Bacha et le musée du Tapis à Marrakech. Cinq autres ont été rénovés ou sont en cours de rénovation telles que le musée Al Batha de Fès, les musées Dar Jamai et Borj Belkari à Meknès, le musée ethnographique à Tétouan et l’aménagement du Fort Hervé près de Rabat. D’autres seront créés tels que le musée national de l’histoire du judaïsme à Tétouan. Mais les musées qui connaissent le plus de succès sont privés tels que le musée Yves Saint Laurant à Marrakech et les jardins Majorelle. Ils restent des exceptions car ils puisent dans des marques fortes. Par ailleurs, le patrimoine marocain peut être un gisement s’il est bien exploité. Le dernier musée ouvert à Marrakech dédié à l’art culinaire marocain à proximité du Palais Bahia a pour but de faire découvrir mais aussi de préserver et transmettre ce patrimoine immatériel de génération en génération. Un cours de cuisine y est proposé à 500 DH. Pour un professionnel, le patrimoine marocain regorge de richesses qu’on pourrait décliner facilement à travers une offre muséale qui fait rêver. «Tout ce qui tourne autour de la culture est une activité prioritaire pour le tourisme de luxe. On pourrait par exemple ressusciter par le biais de l’hologramme, une scène entre le Pacha El Glaoui dans son Palais à Marrakech “Dar El Bacha” en compagnie de son ami Winston Churchill tenant un cigare. Le Story Telling impressionne et plaît aux visiteurs. Cette visite en 3D pourrait être réservée aux plus nantis», remarque-t-il.

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