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Scans

Abécédaire 2023 : De Gaza au Mondial (2/4)

Quoi de mieux que des mots pour restituer les événements qui ont marqué la société et l’économie marocaine au cours des douze derniers mois. G comme “Gaza », H comme “Hydrogène vert”, I comme “Inflation, J comme “Justice sociale », L comme “L’bouffa”, K comme « Krach boursier » ou M comme “Mondial 2030”.

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Mis à jour le

G comme

Gaza
Le droit à la vie bafoué

Le 7 octobre aura été un tournant, non seulement au Moyen-Orient mais dans toute la région. Près de trois mois après, nous sommes encore loin de mesurer l’ampleur des implications de cette attaque de Hamas contre les civils israéliens et de violence inouïe avec laquelle le Tsahal a riposté. Le conflit armé inégal fait ravage en termes de vies humaines, enfants en grand nombre, femmes et vieillards.
Des otages aussi, captifs ou présentés comme des boucliers humains. Le droit international, le droit humanitaire et le droit à la vie tout court ont été bafoués, piétinés et outrepassés. Le Maroc a dénoncé à maintes occasions cette escalade. La situation humanitaire de la population de Gaza est dramatique. Elle est une conséquence directe des attaques israéliennes et indirectement de l’attaque du 7 octobre perpétrée par le Hamas.
Pour la première fois, l’élan de solidarité avec le peuple palestinien, pris en tenaille entre les deux parties, a atteint des contrées, jusque-là, pas particulièrement sensibles à cette question. Les implications géopolitiques sont énormes. Les pays de la région en paient les frais les premiers. A la fin de cette guerre, que tout le monde espère proche, Gaza ne sera plus jamais la même, et les relations entre Israël et les pays de la région vont certainement changer. L’avenir de toute cette région du monde est en passe de changer.

 

H comme

Hydrogène vert
Nouvelle arme de décarbonation

Le Maroc se prépare à la prochaine bataille de l’hydrogène vert. L’année 2023 a été sans conteste celle où le Royaume a considérablement avancé sur ce chantier. Les experts et les investisseurs mondiaux ont braqué leurs projecteurs sur ce marché nord-africain qui présente d’innombrables atouts pour la production de l’hydrogène vert, avec pour objectif de fournir jusqu’à 8% de la demande mondiale pour cette énergie du futur. Le gouvernement a d’ores et déjà identifié le foncier qui abritera les futurs complexes de production au niveau des provinces du Sud, une région qui présente tous les ingrédients nécessaires notamment en termes d’énergies renouvelables. Côté recherche et développement, le bras armé de l’État en matière d’énergies nouvelles, l’IRESEN, a réalisé d’énormes progrès en la matière, notamment en partenariat avec l’UM6P, avec laquelle l’institut a lancé plusieurs projets pilotes afin d’évaluer la faisabilité des process utilisés et l’efficacité des prochains choix technologiques du Maroc. Dans cette aventure énergétique, l’OCP sera le catalyseur, le leader mondial des phosphates ayant déjà annoncé les détails de sa prochaine usine de production d’ammoniac vert. Montant de l’investissement : 7 milliards de dollars. Si l’année 2023 a été charnière pour le Maroc en termes de promotion de ses atouts et son positionnement régional en matière de production d’hydrogène vert, l’année 2024, elle, sera celle de l’accélération. Une Offre Maroc sera dévoilée et les investisseurs auront une véritable visibilité.

 

I comme

Inflation
Plus chère la vie

Depuis 2022, les prix ont subi une pression à la hausse en raison de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, touchant notamment les produits alimentaires importés et les énergies. Pendant des mois, on ne parlait d’ailleurs que d’inflation importée. Les prix des produits non échangeables, eux, continuaient d’évoluer dans un niveau contenu. Ce contexte n’aura pas duré longtemps puisque ces produits ont finalement été rattrapés par la cherté des prix. Le Maroc a d’ailleurs connu une inflation record en cette année. Elle a même atteint un pic de 10,1% en février, du jamais vu depuis les années 1980. Après ce sommet, elle a repris doucement un chemin baissier pour ralentir à 3,6% à fin novembre, suite à l’atténuation de l’effet de base. Ce niveau d’inflation et son rythme d’évolution auraient pu être plus impactants si le gouvernement n’avait pas initié moult mesures afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages, à l’instar de la suppression des droits de douane sur plusieurs produits, l’instauration d’une prime à l’importation du blé tendre, l’injection de rallonges budgétaires dans la Caisse de compensation, le soutien direct aux professionnels du transport… D’ailleurs, la Loi de finances de 2024 s’inscrit elle aussi dans la même lignée en ciblant principalement le citoyen. En attendant, le niveau d’inflation devrait clôturer l’année à 6,2%, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, avant de reculer à 3,8% en 2024.

 

J comme

Justice sociale
L’État assume ses responsabilités


D’ici la fin de l’année, les 50.000 victimes du séisme qui a frappé la région d’Al Haouz auront reçu les aides d’urgence directes ainsi que les aides à la reconstruction de leur maison totalement ou partiellement détruite. Le régime de l’AMO boucle avec succès sa première année. Ce temps a été mis à profit pour en affiner les petits détails. Mais la machine est huilée. À compter de janvier, des aides au logement seront servies aussi bien pour la classe moyenne que pour les couches défavorisées. Le programme de réduction des disparités spatiales et sociales a atteint la plupart de ses objectifs. Mieux encore, les effets attendus des projets achevés dans le cadre de ce programme sont bien visibles, contribuant ainsi à améliorer le niveau de vie des familles rurales. Pendant ce temps, des milliers de jeunes et moins jeunes ont pu accéder dans des conditions optimales au financement, avec l’appui de l’État, pour lancer leurs entreprises. Le programme «Forsa» est pour ainsi dire une réussite. «Awrach», un autre programme du gouvernement, permet, lui, aux centaines de milliers de sans-emploi de décrocher non seulement un travail, certes temporaire, mais également une opportunité de formation pour pouvoir voler de leurs propres ailes. La liste n’est pas exhaustive, mais l’État social, et donc la justice sociale pour tous, est bien installé, en douceur et sans fanfare.

 

K comme

Krach boursier
Très tôt, très violent… l’effet taux !

Le 6 janvier, c’est un vendredi noir, sans pareil qui a fait vibrer la tour de verre casablancaise. En ce jour, la Bourse des actions a vécu un effondrement que les opérateurs du marché ont même qualifié de krach boursier. La baisse a été de 3,2% en une seule séance. La raison : une hausse brutale des taux des bons du Trésor, sur les maturités longues notamment, avec une augmentation allant jusqu’à 160 points de base pour les titres à 30 ans à 5,4% et de 100 pbs pour les 10 ans à 4,2%. Du jamais observé auparavant ! Pour les besoins de l’histoire, depuis la fin de 2022, le Trésor avait tenu tête aux exigences des investisseurs qui demandaient des rendements plus élevés que ceux proposés par l’argentier de l’État. Ce dernier se finançait alors principalement sur des taux de court terme, vu que très peu de propositions étaient émises sur la partie moyenne et longue… jusqu’à ce qu’il y ait eu un marquage des taux à la hausse, en une seule fois. Il faut dire que cette baisse spectaculaire du marché actions a été précédée de plusieurs autres séances de baisse continue. En 5 séances de cotation, la Bourse avait cédé plus de 9%. C’est que les investisseurs avaient anticipé ce réajustement à la hausse des taux obligataires, dans le sillage du resserrement de la politique monétaire de la banque centrale pour lutter contre une inflation plus tenace qu’attendu.

 

L comme

L’bouffa
La drogue des pauvres

En cristaux ou en petits cailloux, le crack a connu récemment une prolifération importante. Mais l’année a été plus marquée par la campagne répressive menée par la DGSN pour éradiquer cette drogue qui a profité du trafic de cocaïne pour pénétrer le marché marocain. C’est que justement L’bouffa est un mélange de cocaïne (de mauvaise qualité) de bicarbonate de soude et d’ammoniaque. Pour lutter contre la prolifération de cette drogue addictive dès la première dose, la préfecture de police de Casablanca a commencé par une phase de collecte du renseignement criminel permettant d’identifier les principaux dealers, les quartiers où ils opèrent, leurs points de chute ainsi que leurs éventuels complices. À partir de là, une campagne d’assainissement a été menée pour porter un coup très dur aux revendeurs de cette drogue. Ces derniers avaient installé leurs points de vente, appelés «merrara», à l’intérieur de bidonvilles ou dans des terrains vagues, à l’entrée desquels sont positionnés des guetteurs pour donner l’alerte dès qu’une patrouille de police apparaît. Mais c’était sans compter sur la détermination des services de police qui ont pu démanteler plusieurs réseaux et procéder à l’arrestation de centaines de personnes et saisi des centaines de kilos de cette drogue.

 

M comme

Mondial
Le rêve devient réalité en 2030


À peine sorti de l’euphorie du brillant parcours des Lions de l’Atlas en Coupe du monde Qatar 2022, le Maroc se voit attribuer quelques mois après l’organisation de la Coupe du monde 2030 en compagnie de l’Espagne et du Portugal. Après cinq candidatures manquées, cette réalisation concrétise enfin le rêve caressé par tout un peuple. Cette nouvelle annoncée par le Souverain début octobre… est synonyme d’une métamorphose des infrastructures du Royaume. Des stades ultramodernes et une modernisation du réseau des transports, y compris le lancement d’une ligne TGV vers des villes clés comme Marrakech, voire Agadir, sont au cœur de cette préparation. Selon une étude de Sogécapital, la contribution financière du Maroc à ce budget d’organisation devrait tourner autour de 52 MMDH. Les retombées s’annoncent néanmoins considérables sur le plan touristique : les opérateurs s’attendent à un afflux massif d’un million de visiteurs pendant l’événement, générant jusqu’à 4 millions de nuitées et un chiffre d’affaires estimé à 8 milliards de dollars. L’accueil de la Coupe d’Afrique des nations en janvier 2025 sera un premier essai que le Royaume devra transformer.