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Rentrée universitaire sous tension

Au moment où la rentrée universitaire est annoncée pour le 9 septembre, le flou demeure total quant aux facultés de médecine et de pharmacie. Les étudiants persistent et signent. Auscultation.

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Alors qu’on attend la rentrée universitaire 2024-2025, toute l’attention porte en particulier sur le devenir des facultés de médecine qui continuent de vivre à l’heure de la plus longue grève de l’histoire de ces établissements. Le tout avec en toile de fond le bras de fer entre le département de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, et les étudiants de ces facultés.
Aux dernières nouvelles du front, les projecteurs sont braqués sur la commission parlementaire d’intermédiation, formée par les partis de la majorité, qui «essaie» de trouver un terrain d’entente entre les frondeurs et le département de tutelle. D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, ladite commission a fait savoir à l’opinion publique et aux protagonistes concernés qu’elle a reçu de «nouvelles propositions» de la part de Abdellatif Miraoui pour démêler l’écheveau de cette crise, mais aussi et surtout «en vue de sauver l’année universitaire 2023-2024 et éviter le redouté spectre d’une année blanche». Et ce, sur la base des «engagements» pris au Parlement le 10 juillet dernier par le département de tutelle, notamment en ce qui concerne la levée des sanctions contre les étudiants et leurs représentants, l’annulation de la note zéro, la programmation de deux sessions pour le premier et le deuxième semestre ainsi que trouver des solutions qui seraient de nature à garantir le temps pédagogique nécessaire pour les promotions 2019-2024. Ce qui devrait éviter à près de 24.000 étudiants de redoubler l’année dont 2.000 risquent d’être renvoyés.

L’Exécutif propose, les étudiants refusent…
D’ailleurs, pour mémoire, Miraoui avait assuré, ce même mois devant les conseillers de la deuxième Chambre, que le gouvernement avait répondu positivement à toutes les revendications des étudiants.
Sur ce chapitre justement, on doit encore s’en rappeler, dans le cadre des efforts tendant à trouver un dénouement à cette crise, qui dure maintenant depuis pratiquement neuf mois, le ministère avait, dès juin dernier, émis une série de propositions de sortie.
En effet, le vendredi 21 juin, une réunion ministérielle a été tenue, en présence de plusieurs ministres, de doyens des facultés de médecine et de pharmacie, et de représentants des étudiants. À cette occasion, plusieurs points ont été abordés, notamment les «mesures immédiates relatives au passage des examens». Annonce a été aussi faite que le calendrier desdits examens a été maintenu, avec la session du printemps, le 26 de ce même mois, ainsi que de sa session de rattrapage, avant fin août, alors que la session de rattrapage pour le premier semestre devait être programmée pour septembre.
On sait l’«accueil» qui a été réservé par les étudiants aux propositions émises à l’occasion. Ils ont purement et simplement, dans un «élan de défiance», boycotté les échéances en question. Réceptif aux «préoccupations» des étudiants, l’Exécutif a pourtant interagi positivement. Toujours est-il que les étudiants ont maintenu la pression, quitte à sacrifier l’année universitaire.
Dans la foulée, avec l’espoir d’avoir la main heureuse et sortir de l’impasse, la Commission de médiation a appelé les étudiants à «interagir positivement» avec le nouveau pack de propositions du ministère. D’ailleurs, la Commission a invité, sur leur demande, les parents des étudiants à une réunion consacrée à la présentation des nouvelles propositions. Ladite réunion, programmée pour le 28 août, n’a finalement pas eu lieu. Les parents des étudiants ayant «opté» pour la chaise vide.

Qui souffle sur les braises et pour quel dessein ?
En vue d’éclairer l’opinion sur les développements de cette «crise ouverte», la Commission parlementaire, qui s’est dite «engagée» à suivre la mise en œuvre des engagements pris, a mis sur la place publique un communiqué explicatif de la situation.
Une démarche plutôt «constructive», contrairement aux surenchères politiciennes auxquelles se sont livrées certaines formations de l’opposition. Ces dernières s’étant, semble-t-il, spécialisées dans une approche qui consisterait uniquement à jeter de l’huile sur le feu sans proposer de possibles scénarios de sortie de crise ou encore de faire entendre raison aux étudiants qui persistent et signent. En fait, à moins d’un «revirement salutaire», tout porte à croire qu’ils iraient jusqu’au bout de «leur logique», car, visiblement, toutes les tentatives de l’Exécutif n’ont pas été du goût des «boycotteurs» qui ont annoncé, en ce début du mois courant, qu’ils ne se rendraient pas aux examens du 5 septembre. On en est presque à la case départ et personne ne pourrait s’aventurer quant à l’issue de ce tir à la corde qui n’a que trop duré. Le plus dans cette histoire qui frôle «l’absurde» est que certaines «parties» sont tentées, pour on ne sait quel «dessein», d’exacerber la situation. Ce qui, on s’en doute, ne sert nullement ni les intérêts des étudiants eux-mêmes ni ceux de leurs parents ou tuteurs.


Les étudiants tiennent aux 7 ans !
En juin dernier, le gouvernement avait émis un certain nombre de mesures et de propositions pour sortir de la crise des études médicales. Et ce, en assumant pleinement sa «responsabilité de garantir la qualité de la formation en médecine», tout en appelant les «partenaires» à assumer la leur dans un dossier qui «ne devait pas déborder au-delà de son caractère éducatif et pédagogique». De même que la réduction de la durée de la formation, qui passe de 7 à 6 ans, que les étudiants protestent, n’est pas un luxe. Mais, au contraire, elle répond à un souci pragmatique, afin de «permettre au système de santé d’accompagner les défis du chantier national ambitieux relatif à la généralisation de la couverture sanitaire.» Mais l’argument gouvernemental semble tomber dans les oreilles d’un sourd. Les étudiants maintiennent leur «rejet catégorique» de ce «réaménagement du temps pédagogique», qui n’affecte en rien la qualité de la formation, auquel l’Exécutif tient.