Au Royaume
Rabat et Abidjan, une embellie économique qui se confirme
La visite du chef du gouvernement vise à renforcer les liens bilatéraux, notamment économiques. Une centaine d’entreprises marocaines ont déjà investi dans ce pays où tout reste à faire.
Dans le cadre du plan de développement de la Côte d’Ivoire, Rabat a toujours été au chevet d’Abidjan. C’est le moins que l’on puisse dire. Le Maroc a apporté son soutien indéfectible et ne ménagera aucun effort pour un développement socio-économique inclusif et durable de la Côte d’Ivoire. C’est le principal message qu’a laissé entendre le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abidjan à l’occasion de la tenue de l’Africa CEO Forum, les 5 et 6 juin derniers. En marge de ce forum, qui a connu la présence de 1.800 hommes d’affaires africains et internationaux, Aziz Akhannouch a multiplié les rencontres, dont une avec le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi. L’entretien entre les deux parties a été l’occasion de mettre en avant les excellentes relations entre les deux pays et réaffirmer la volonté du Royaume de faire bénéficier la Côte d’Ivoire de son expérience, notamment dans le domaine agricole.
La qualité des relations entre les deux pays et leur profondeur ne date pas d’aujourd’hui. «Les relations entre les deux pays amis et frères sont fortes et exemplaires. Elles datent de plus de 60 ans à l’époque du président Félix Houphouët-Boigny et feu le Roi Hassan II. Ces liens sont basés sur la fraternité et ils ont été renforcés davantage grâce aux multiples visites effectuées par le Roi Mohammed VI depuis 2013. Le Souverain a posé les jalons d’une véritable consolidation des relations, où l’accompagnement du développement économique de la Côte d’Ivoire fait partie des axes stratégiques», nous déclare Abdelmalek Kettani. L’ambassadeur du Maroc à Abidjan nous précise qu’une centaine d’entreprises marocaines opèrent dans plusieurs domaines dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, mobilisant des centaines de millions d’euros d’investissements.
«La Côte d’Ivoire est stable politiquement, elle est l’un des pays les plus avancés de l’Afrique de l’Ouest et présente de belles perspectives de développement dans de nombreux secteurs. Beaucoup reste à faire dans le BTP, l’équipement, les travaux routiers et les infrastructures. Les entreprises marocaines sont invitées à venir participer à ce développement et l’ambassade du Maroc est là pour les accompagner dans toutes les démarches», déclare Abdelmalek Kettani.
Une coopération axée sur le bien-être des populations locales
Si les entreprises marocaines ont percé dans ce pays, ce n’est pas seulement grâce à leur expertise, mais aussi et surtout à travers une approche inclusive, traduite par une politique RSE qui implique directement les communautés locales. Une approche prônée par le Souverain dans le cadre de la coopération Sud-Sud et dont la Côte d’Ivoire bénéficie pleinement. «Les projets marocains lancés dans ce pays sont d’une grande valeur ajoutée pour les populations. Le Roi Mohammed VI a initié, à titre d’exemple, plusieurs centres socio-économiques spécialisés dans plusieurs secteurs, comme celui de la pêche qui forme aujourd’hui 1.000 étudiants. Le Souverain a également lancé en 2017 les travaux de la grande mosquée Mohammed I à Abidjan, qui est aujourd’hui achevée», précise notre interlocuteur.
Aziz Akhannouch en VRP à Abidjan pour le renforcement des liens
Concernant le grand projet de la Baie de Cocody, l’ambassadeur nous confie qu’une bonne partie est aujourd’hui achevée. «Le projet se développe très bien, en respectant les délais. La valorisation de la Baie, quant à elle, verra le jour dans quelques années», déclare-t-il. D’ailleurs, l’état d’avancement de ces projets a été au centre de la rencontre entre Aziz Akhannouch et le Premier ministre ivoirien.
L’accent a ainsi été mis sur les nombreux projets lancés par le Souverain et sur l’intérêt qui a été accordé à leur réalisation dans les délais impartis et dans le strict respect des normes requises.
La rencontre a également été l’occasion d’étudier les moyens à même de développer la coopération dans plusieurs domaines, particulièrement l’agriculture, l’objectif étant de permettre à la Côte d’Ivoire d’assurer sa souveraineté alimentaire. Il s’agit aussi de favoriser la réalisation de grands investissements entre les deux pays dans de nombreux secteurs.
Aziz Akhannouch a, par ailleurs, annoncé à l’issue de cette rencontre que le Premier ministre ivoirien compte se rendre prochainement au Maroc pour rencontrer les investisseurs marocains et connaître de près leurs expériences dans nombre de secteurs et, partant, donner un nouvel élan aux relations de coopération entre le Maroc et la Côte d’Ivoire.
Les success stories marocaines en Côte d’Ivoire
Dans la finance, trois grandes banques marocaines sont bien implantées dans ce pays : Attijariwafa bank, Bank of Africa et Banque Atlantique, filiale du groupe BCP, sans parler des filiales de ces banques spécialisées dans le conseil, l’assurance… Maroc Telecom, à travers Moov, compte parmi les opérateurs de télécommunications les plus importants du pays. Dans l’immobilier, Addoha a lancé au moins 14 projets dans le social et le moyen standing, principalement à Abidjan, en plus du groupe Alliances. Dans le BTP, TGCC, SGTM et Jet Contractors sont sur de grands projets qui permettront à la Côte d’Ivoire de disposer d’infrastructures de classe mondiale. Ceci sans parler des unités de production lancées par Richbond et Dolidol et le centre de relations clients d’Intelcia qui emploie pas moins de 2.000 personnes à Abidjan. De son côté, CIMAR dispose de deux importantes usines, et va lancer, nous apprend Abdelmalek Kettani, une autre usine prochainement spécialisée dans les produits à base de béton pour les canalisations, entre autres. Richbond ouvrira également une autre usine, cette fois-ci dans le secteur de la chimie, parachimie et dans le pharmaceutique, l’unité de Cooper Pharma est sur la bonne voie. Tous les secteurs sont concernés et «tout reste à faire», lance l’ambassadeur à Abidjan, le pays s’engageant sur un plan de développement très ambitieux à l’horizon 2025 et qui devra être prolongé jusqu’à 2030.
