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Maroc-Italie, vers un nouvel élan

L’annonce de la visite prochaine de la cheffe du gouvernement italien au Maroc devra constituer un nouveau tournant allant dans le sens du raffermissement des relations bilatérales.

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Les relations entre le Maroc et l’Italie sont sous le signe du renforcement. Le récent déplacement du chef du gouvernement Aziz Akhannouch à Rome en a donné l’illustration. En effet, lors d’une entrevue entre le chef de l’Exécutif et la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, tenue mardi 30 janvier, les deux parties ont exprimé leur forte volonté de donner un nouvel élan à leurs relations bilatérales. Les deux responsables ont échangé sur les leviers de nature à hisser le niveau des relations «exceptionnelles» entre le Royaume et l’Italie. Des moyens aussi qui sont à même d’aider à construire des partenariats concrets et plus efficaces dans tous les domaines encadrés par le Plan d’action pour la mise en œuvre du partenariat stratégique et multidimensionnel, signé entre Rabat et Rome en juillet 2023. Lors de cette même entrevue, les deux parties ne se sont pas contentées d’exprimer leur satisfaction quant au partenariat «distingué» unissant les deux pays, mais elles ont surtout insisté sur leur volonté commune à «faire plus et mieux». Les deux pays devront, d’ailleurs, affiner davantage la feuille de route en vue d’accélérer la cadence lors de la visite officielle, prévue prochainement, de la cheffe du gouvernement italien au Maroc. Un déplacement qui sera corrélé à l’organisation d’un forum d’affaires entre les opérateurs économiques des deux pays, annonce-t-on.

Certes, ce partenariat, initié en 2019 par la Déclaration conjointe de Rabat, couvre différents domaines, mais il n’en demeure pas moins que la coopération dans le domaine des énergies renouvelables, notamment, figure au fronton des priorités. D’ailleurs, l’Italie est fortement intéressée par l’expérience marocaine, particulièrement les projets mis en œuvre en matière des énergies renouvelables, comme l’a souligné Aziz Akhannouch dans des déclarations aux médias en marge du Sommet Italie-Afrique, tenu les 28 et 29 janvier à Rome.

Du win-win sur toute la ligne
Un intérêt, a relevé le chef de l’Exécutif, qui s’est exprimé clairement à travers toutes les réunions et interventions ayant marqué ce Sommet, et qui se traduit, notamment, par l’intention de l’Italie de créer un centre de formation au Maroc. Aziz Akhannouch n’a pas manqué l’occasion de mettre la lumière sur le projet du gazoduc Nigéria-Maroc, dont les travaux de construction devront commencer courant 2024. Un projet, a indiqué le chef du gouvernement, lors d’un panel organisé lors dudit Sommet, qui constitue «un modèle d’intégration régionale basé sur une vision commune». Mieux encore, ce projet d’envergure devra permettre d’accélérer l’électrification de plusieurs pays, mais aussi la promotion du développement agricole et industriel de la région, à travers l’accès à une énergie compétitive et, partant, d’améliorer les conditions de vie des populations, a relevé Aziz Akhannouch.

Dans la même veine, le chef du gouvernement a tenu à mettre en exergue le projet marocain de production de l’hydrogène vert. Un domaine où le Royaume compte capitaliser sur ses ressources naturelles, son positionnement géographique stratégique et son capital humain pour développer ce secteur. Un domaine aussi, a estimé Aziz Akhannouch, où le Royaume est «favorablement positionné sur la carte mondiale de l’hydrogène».

Aussi, ce projet intéresse hautement la partie italienne. Sur ce rayon, justement, le gouvernement de Giorgia Meloni a, tout récemment, autorisé des ressources spéciales pour le financement d’une étude de faisabilité pour le transport de l’hydrogène vert depuis le Maroc via le port de Trieste, le «Corridor vert». Lequel Corridor, pour rappel, fait partie du «Plan Mattei» qui concerne l’Afrique et tend à faire de l’Italie le «hub énergétique de l’Europe». Il est à noter, en outre, que l’hydrogène produit dans le Royaume sera acheminé, via un réseau de pipelines déjà existants, vers d’autres pays de l’Europe centrale et orientale, notamment la Croatie et la Slovénie, ainsi que l’Allemagne et les Pays-Bas.

Autant dire que la visite de la présidente du Conseil des ministres italien ne manquera pas de donner un coup d’accélérateur à une coopération d’ores et déjà inscrite dans un format win-win qui ne cesse de se développer.


Coopération encadrée

En juillet 2023, le Maroc et l’Italie ont signé un Plan d’action pour la mise en œuvre du Partenariat stratégique multidimensionnel. Ce Plan concerne, notamment, les domaines du dialogue politique et économique, la coopération sécuritaire, juridique, économique, énergétique et de développement durable. Sans oublier, bien entendu, la coopération culturelle, universitaire, etc. À noter que ce Plan a prévu la mise sur pied d’un conseil de partenariat et des comités rattachés. Ce conseil, établi au niveau des ministères des AE des deux pays, se réunira annuellement et en alternance à Rabat et à Rome. Côté mission, ce conseil veillera à assurer le suivi et la définition des axes prioritaires de coopération, évaluer les progrès réalisés au cours de l’année et tracer les lignes directrices pour l’année suivante.