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Au Royaume

Maroc-Arabie Saoudite, le grand coup de boost

Les deux Royaumes sont déterminés à aller de l’avant. Le tout récent Forum économique saoudo-marocain en donne la démonstration. Au-delà de l’aspect bilatéral, l’ambition s’inscrit dans une démarche triangulaire qui inclut l’Afrique. Explications.

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Rabat et Riyad tracent la voie du renforcement de leurs relations économiques. La promesse vient de la capitale saoudienne qui a abrité, les 21 et 22 janvier, un Forum de grande envergure où il ne s’agissait pas uniquement d’exprimer des volontés, mais surtout d’annoncer des pistes qui militent en faveur de l’optimisme réaliste et réalisable. Et ce, avec, en toile de fond, le trend haussier que connaissent les échanges entre les deux Royaumes.
Dans un ordre de grandeur, le volume de ces échanges a connu, entre 2021 et 2022, un bond spectaculaire de 223%. Selon les chiffres arrêtés, ils ont en effet dépassé les 4,5 milliards de dollars, pour plafonner à 5,7 milliards l’année dernière.

Opportunités multisectorielles
Autant dire que l’excellence des relations politiques entre les deux Royaumes s’arrime, de plus en plus, avec son pendant économique. Et tout porte à croire que la dynamique ainsi impulsée est appelée à se raffermir davantage. Les deux parties sont, en effet, déterminées à consolider cet élan sur les années à venir en y mettant les instruments qu’il faut. C’est, d’ailleurs, cette conviction partagée qui s’est dégagée du tout récent Forum économique de Riyad, et qui devra donner un nouvel élan à ces relations. Jugeons-en par l’envergure de la présence : pas moins de 250 entreprises et des représentants des secteurs public et privé. Outre les plénières, l’événement, initié par la Fédération des chambres saoudiennes et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a été également marqué par des rencontres B2B. L’idée principale étant d’exposer les atouts de l’environnement des affaires dans les deux pays, mais aussi d’explorer les opportunités du co-investissement. D’autant plus que, au regard de leurs évolutions, les économies des deux pays ont tout pour capitaliser sur leur complémentarité. Tous les secteurs offrent d’innombrables opportunités, de l’immobilier à la technologie, en passant par l’agriculture, l’immobilier, la finance, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, la finance, l’automobile, la santé, etc.

Certes, la coopération est multisectorielle, mais la partie saoudienne semble particulièrement intéressée par les expériences réussies du Maroc, notamment dans les énergies renouvelables, le tourisme ou encore l’automobile. Sur ce dernier front, justement, il a été annoncé qu’une délégation saoudienne devra se rendre, dans les semaines à venir, au Maroc pour s’enquérir, «de visu», de l’expérience du Royaume en la matière. Surtout que le pays des deux lieux saints de l’Islam se projette dans la création d’un écosystème dédié et devant commencer par l’installation de trois usines de production d’automobiles électriques.

Maintenant, outre les relations bilatérales, l’on devrait aussi assister à une démarche triangulaire, Maroc-Arabie Saoudite-Afrique. Le sujet a d’ailleurs été abordé lors du Forum de Riyad. Chakib Alj, président de la CGEM, l’a explicitement indiqué en appelant les entreprises des deux pays à conjuguer leurs efforts pour accéder à de nouveaux marchés, notamment celui de l’Afrique qui regorge d’opportunités d’affaires grâce à ses ressources naturelles, la disponibilité d’une main-d’œuvre jeune, ainsi que l’entrée en vigueur de la Zlecaf. Et le Maroc, de par son ancrage continental et sa position stratégique, constituera, à coup sûr, une plateforme prometteuse pour les opérateurs saoudiens.

Cette volonté commune tombe à pic, puisque les deux pays disposent d’une vision claire quant à leur développement, le Maroc avec sa nouvelle Charte de l’investissement et son Nouveau modèle de développement et l’Arabie saoudite avec Saudi Vision 2030.


À acter !

Le Forum économique de Riyad a débouché sur un programme d’action commun entre les opérateurs marocains et leurs homologues saoudiens. Lequel programme comprend l’opérationnalisation des projets de la ligne de transport maritime directe, notamment entre les ports de Djeddah et Tanger Med. De même que les deux parties se sont accordées sur la création d’un fonds d’investissement commun et l’accompagnement des entreprises saoudiennes dans l’accès aux marchés africain et européen. Aussi, elles ont convenu d’intensifier les activités des délégations commerciales, de multiplier les expositions et de renforcer l’échange d’informations sur les opportunités et les marchés, ainsi que l’accélération du rythme de participation des entreprises marocaines aux projets de la Vision 2030.