Au Royaume
Législatives 2026 : 15,8 millions de Marocains appelés aux urnes
Les électeurs marocains sont appelés aux urnes mercredi 23 septembre pour renouveler les 395 membres de la Chambre des représentants. Ce scrutin, qui réunit 7.288 candidatures, dessinera la nouvelle carte politique du pays et déterminera les contours de la future majorité gouvernementale.
Les Marocains se rendent aux urnes mercredi pour élire les membres de la Chambre des représentants. Cette échéance majeure doit renouveler la composition de la première Chambre du Parlement, qui compte 395 sièges, et faire émerger la majorité appelée à former le prochain gouvernement.
Au-delà du renouvellement de l’institution législative, ce scrutin constitue une nouvelle étape dans la consolidation du processus démocratique et de l’État des institutions.
Les élus issus des urnes devront accompagner les grands chantiers nationaux, répondre aux défis économiques et sociaux et traduire les attentes des citoyens en politiques publiques concrètes.
Le nombre des inscrits sur les listes électorales générales, arrêtées au 10 juillet 2026 à l’issue de la révision exceptionnelle, s’élève à 15.801.162 électeurs. Selon les données publiées sur le portail « listeselectorales.ma », le corps électoral est composé de 54% d’hommes et de 46% de femmes.
À l’échelle nationale, 1.850 listes ont été déposées dans l’ensemble des circonscriptions locales et régionales. Elles regroupent 7.288 candidatures, soit une moyenne de plus de 18 candidats pour chaque siège à pourvoir.
Organisées conformément aux dispositions de la Constitution de 2011, les élections du 23 septembre consacrent la régularité des échéances électorales au Maroc. Elles interviennent dans un contexte marqué par la poursuite du débat sur l’évolution du système électoral et le renforcement de la confiance dans les institutions représentatives.
Pouvoir d’achat et emploi au cœur des programmes
La campagne s’est caractérisée par la diversité des offres politiques. Tandis que certaines formations défendent le bilan du mandat qui s’achève et revendiquent la poursuite des actions engagées, d’autres proposent des orientations alternatives pour améliorer l’action gouvernementale et législative.
La dimension sociale occupe une place centrale dans les programmes électoraux. La préservation du pouvoir d’achat et l’amélioration des revenus figurent parmi les principales priorités avancées par les partis.
Les différentes formations insistent également sur la révision des mécanismes d’aide directe, l’élargissement de la protection sociale et l’allègement de la pression fiscale supportée par les catégories vulnérables et la classe moyenne. Ces mesures visent notamment à contenir les effets de l’inflation et des fluctuations des prix.
Sur le plan économique, les programmes convergent sur la nécessité de stimuler l’emploi et de soutenir le tissu entrepreneurial. Ils mettent particulièrement l’accent sur l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes, l’intégration progressive du secteur informel ainsi que l’amélioration de l’accès au financement.
Des incitations fiscales et de nouveaux mécanismes de financement sont également proposés en faveur des petites et moyennes entreprises et des jeunes entreprises. L’objectif affiché est de renforcer la croissance, de réduire le chômage et de consolider la souveraineté économique du Royaume.
Un dispositif renforcé contre les infractions
Pour préserver l’égalité des chances entre les candidats et garantir la crédibilité du scrutin, un arsenal juridique et procédural renforcé a été mis en place. Les nouvelles dispositions visent à moraliser les opérations électorales, à accroître leur transparence et à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions élues.
Le dispositif prévoit notamment un durcissement des sanctions applicables aux infractions électorales. Au total, 28 articles sur 32 ont été amendés, avec un alourdissement des peines de prison et des amendes. Certains délits ont par ailleurs été requalifiés en crimes en raison de leur gravité.
Les candidatures sont interdites aux personnes poursuivies en flagrant délit pour des infractions portant atteinte à la probité, aux bonnes mœurs ou à la crédibilité du processus électoral. Les personnes condamnées en première instance pour des crimes, ainsi que celles condamnées en appel, perdent également leur éligibilité.
Les nouvelles dispositions sanctionnent aussi l’utilisation des réseaux sociaux, des plateformes électroniques et des outils d’intelligence artificielle pour commettre des infractions électorales. Sont notamment visées la diffusion de fausses informations, la création de « deepfakes » et la manipulation d’images ou de déclarations destinées à diffamer des candidats ou à porter atteinte à la vie privée des électeurs. Les peines alternatives ont, en outre, été supprimées pour les délits électoraux liés à l’élection de la Chambre des représentants.
En exécution des hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, la commission centrale de suivi des élections ainsi que les commissions provinciales et régionales ont été activées. Elles sont chargées de veiller à l’intégrité et à la crédibilité du processus électoral, jusqu’à la proclamation des résultats, dans le strict respect des prérogatives des autorités législatives, judiciaires et administratives.
Le scrutin sera également suivi par des observateurs nationaux et internationaux déployés dans les douze régions du Royaume. Le dispositif mobilise 2.806 observateurs nationaux, dont 783 relevant du Conseil national des droits de l’Homme et 2.023 issus de la société civile marocaine. Près de 200 autres observateurs représenteront 30 instances et organisations internationales, régionales et diplomatiques.
L’attention se portera désormais sur les résultats des urnes. Ceux-ci détermineront la future composition de la Chambre des représentants et les équilibres du prochain gouvernement, auquel reviendra la responsabilité de transformer les engagements de campagne en actions capables de répondre aux aspirations économiques et sociales des Marocains.