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Formation et emploi : La Chambre des conseillers appelle à un système agile et adapté aux défis économiques

Le groupe thématique de la Chambre des conseillers recommande une profonde restructuration du système de formation professionnelle afin d’améliorer l’insertion sur le marché du travail et d’adapter les compétences aux besoins des secteurs à forte valeur ajoutée. Le rapport souligne aussi la nécessité de renforcer la gouvernance des politiques publiques, de soutenir l’entrepreneuriat, notamment féminin, et de favoriser un financement plus accessible pour les PME, dans une perspective d’inclusion sociale et territoriale.

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Un rapport du groupe thématique temporaire de la Chambre des conseillers, chargé de préparer la session annuelle d’évaluation des politiques publiques liées à l’investissement et à l’emploi, a appelé, mardi à Rabat, à une restructuration du système de formation professionnelle, en vue d’améliorer l’efficacité de l’insertion professionnelle et de mieux aligner les programmes de formation sur les exigences du marché du travail et les secteurs à forte valeur ajoutée.

Présenté lors d’une séance plénière consacrée à la discussion et à l’évaluation des politiques publiques en matière d’investissement et d’emploi, tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, le rapport comporte une série de recommandations portant notamment sur la qualification du système de formation, son lien avec le marché de l’emploi, le renforcement de la recherche scientifique et de l’innovation, la réforme des politiques publiques d’emploi et l’amélioration de leur gouvernance, l’autonomisation économique des femmes, ainsi que l’encouragement des entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME).

Le rapport recommande ainsi l’adaptation des programmes de formation professionnelle aux évolutions du marché du travail, la conception de formations répondant de manière précise aux besoins des entreprises, en associant le secteur privé à la définition des contenus pédagogiques, l’élargissement des dispositifs d’insertion et d’auto-emploi, ainsi que la simplification des procédures administratives et l’accès au financement, notamment pour les jeunes et les femmes.

Il plaide également pour le soutien à la formation continue des acteurs du système de l’emploi, l’établissement de partenariats stratégiques avec les universités dans le domaine de la recherche scientifique, la mise en place de programmes de formation à vie au profit des ressources humaines actives dans les secteurs de l’emploi et de la formation, le renforcement des compétences des acteurs locaux dans la préparation et le suivi des chantiers, et l’instauration d’un système numérique unifié pour le suivi des performances et l’évaluation de l’impact.

Le rapport souligne, en outre, l’importance d’encourager la recherche scientifique et l’innovation pour soutenir la compétitivité et attirer des investissements à forte valeur ajoutée, ainsi que d’investir dans l’économie du savoir afin de créer de nouveaux emplois, tout en recommandant également l’introduction d’objectifs innovants, tels que le soutien aux entreprises numériques et l’amélioration des performances et des compétences dans le domaine de l’économie verte.

Sur le plan de la gouvernance, le rapport insiste sur la nécessité de gérer les politiques publiques dans une logique de continuité, en particulier dans les secteurs vitaux faisant l’objet d’un consensus national comme la santé, l’éducation et l’emploi.

Dans ce sens, il appelle à renforcer la coordination institutionnelle entre les départements ministériels et les établissements publics, afin d’éviter la duplication des programmes et les chevauchements des rôles, préconisant la création d’un organe permanent multisectoriel chargé de la coordination des politiques publiques en matière d’emploi, de formation et d’investissement, sous la supervision du département du Chef du gouvernement.

Concernant l’autonomisation économique des femmes, le rapport recommande la mise en place d’incitations fiscales et financières supplémentaires à leur profit, la mobilisation de fonds dédiés aux projets collectifs portés par des femmes, ainsi que leur intégration dans les programmes de formation et d’emploi dans les secteurs structurés et industriels. Il insiste aussi sur l’importance de soutenir l’entrepreneuriat féminin à travers la simplification des procédures et l’accompagnement juridique et technique.

S’agissant de l’environnement entrepreneurial, le rapport appelle à la création et à la modernisation de plateformes numériques nationales et régionales interconnectant les bases de données de la formation, de l’emploi, des compétences et des opportunités d’investissement. Il recommande également de favoriser l’investissement territorialisé à travers des incitations fiscales et financières, et des mécanismes de financement souples. Le rapport met aussi en avant la nécessité d’élargir les garanties publiques en faveur des PME pour faciliter leur accès au financement bancaire, tout en allégeant la pression sur les budgets des banques par la création d’un marché parallèle légal dédié aux créances douteuses.

Dans leurs réactions au rapport, les composantes de la Chambre des conseillers ont salué les réalisations accomplies par le gouvernement dans une conjoncture difficile, notamment à travers des réformes structurelles ayant renforcé l’économie nationale, amélioré les indicateurs macroéconomiques et sociaux, mobilisé des investissements sans précédent, lancé de grands chantiers et renforcé la protection sociale et le pouvoir d’achat des citoyens.

Ils ont également salué la dynamique positive enregistrée au niveau de l’investissement public et privé, accompagnée de projets structurants touchant les infrastructures, le transport, l’éducation, la santé et les secteurs productifs. Ces investissements ont permis la création de milliers d’emplois et une relance économique tangible, comme en témoignent les indicateurs publiés par les institutions nationales compétentes, en particulier la hausse notable, dernièrement, du taux de croissance.

En revanche, plusieurs conseillers ont souligné la nécessité d’adopter des mesures incitatives supplémentaires pour le financement des PME et de renforcer l’équité territoriale dans la répartition des investissements publics. De même, ils ont insisté sur l’importance de moderniser le cadre juridique régissant les relations professionnelles et d’adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail, dans le cadre d’une approche plus ciblée et plus efficace.

Enfin, ils ont noté que, malgré les progrès accomplis dans la modernisation du système d’investissement et la mise en œuvre de mécanismes incitatifs à l’emploi, une inadéquation persiste entre l’efficacité de l’investissement et son impact direct sur l’emploi. La résolution de la problématique du chômage nécessite, selon eux, une réduction des inégalités sociales et spatiales et un renforcement de l’inclusion socio-économique.