Evénement
Parlement : La dernière rentrée des députés
L’année législative qui s’ouvre s’annonce avec un agenda des plus chargés. Il y a certes le PLF, qui accapare habituellement la part du lion, mais, cette fois, il partagera la vedette avec l’arsenal des prochaines législatives. D’autres textes sont aussi dans le pipe d’une session charnière.
Ils sont tous revenus. Ils sont tous là. C’est des députés et des conseillers qu’il est question. Signe particulier, notamment pour les membres de la Chambre des représentants, ce vendredi 10 octobre, ça sera leur dernière rentrée. Et cette session n’aura rien d’une promenade de santé.
Le moment politique est charnière, d’autant que les prochaines élections législatives sont dans tous les esprits. On s’en souvient, en août dernier, le ministre de l’Intérieur avait eu deux réunions avec les composantes du landerneau politique.
Et vers la fin de ce même mois d’août, ils avaient tous soumis leurs propositions quant à la charpente de l’arsenal juridique devant régir les prochaines échéances. Or, comme annoncé, tout devra être bouclé avant la fin de l’année.
C’est dire qu’il n’y a pas de temps à laisser au temps en la matière. Les échéances sont arrêtées et les débats s’annoncent assez corsés, surtout de la part de certaines formations habituées à faire feu de tout bois.
N’empêche, la raison voudrait, selon les observateurs, que l’on aboutisse à des consensus larges pour être dans les temps et dans les normes. Au ministère de l’Intérieur, on planche sur les projets de textes qui seront introduits dans le circuit législatif dans les semaines qui viennent.
Toujours est-il que les parlementaires n’auront pas uniquement à débattre et à voter ces textes en lien avec les élections. Car, comme chaque année, le projet de Loi de finances ne manquera pas de polariser les débats sous la coupole.
Si le gouvernement maintient son cap pour «avancer plus vite», voire parachever, dans la mise en œuvre de ses engagements, l’opposition semble déjà en train d’aiguiser ses armes pour lui tenir la dragée haute.
Et comme on est dans une année foncièrement électorales, il y a fort à parier que les décibels vont grimper en échelle dans les semaines prochaines. D’ailleurs, certains partis politiques, notamment de l’opposition, n’ont pas attendu la rentrée parlementaire pour donner de la voie. Rien d’anormal, dira l’autre, à partir du moment où ils sont dans leur rôle.
Or, la tribune du Parlement est considérée comme la vitrine idéale pour tenter de séduire, en les caressant dans le sens du poil, des franges de l’électorat.
Clivages en vue
Outre ces deux gros morceaux, les débats sur d’autres textes devront aussi donner lieu à des tirs à la corde. Les observateurs pensent, particulièrement, au projet de loi sur la réforme de l’enseignement supérieur.
À ce niveau, la partie sera serrée et l’opposition voudrait, certainement, se montrer coriace. D’ailleurs, elle n’a pas attendu l’entrée dans le circuit législatif dudit projet pour tirer à boulets rouges sur le ministre de tutelle. Et ce, en employant tous les moyens dont elle dispose. À commencer par s’appuyer sur ses bras syndicaux.
On pense, en particulier, au syndicat national de l’enseignement supérieur, qui n’a eu de cesse de faire monter les enchères, allant jusqu’à brandir les menaces de débrayage dans le secteur.
Mais, l’Exécutif, tout en tenant à une réforme nécessaire, continue de privilégier sa démarche qui consiste à rester à l’écoute des critiques tout en étant ouvert à toutes les propositions qui sont de nature à enrichir le texte d’une réforme plus que nécessaire pour aller de l’avant. Non seulement pour l’enseignement supérieur, mais aussi pour le développement de la recherche scientifique dans le pays.
D’autres textes, relatifs au secteur de la Justice, ne manqueront pas non plus d’être au centre de la focalisation. On pense notamment à ceux ayant trait à la réforme des textes organisant les professions de la justice. En particulier la profession d’avocat.
Les robes noires, qui se sont «illustrées» lors des débats relatifs aux projets de loi concernant le code de la procédure civile et celui de la procédure pénale, sont toujours sur le pied de guerre. À ce niveau-là, aussi, ils comptent bien sur «l’appui inconditionnel» des partis de l’opposition.
Parmi les textes clivants, celui relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse suit son bonhomme de chemin du côté de la Chambre des conseillers, après son premier passage à la première Chambre.
On retiendra, à ce propos, cette posture de principe des formations de l’opposition qui s’alignent totalement sur la position des parties qui ne veulent pas de ce texte. Sans pour autant aller dans le sens de la proposition qui sera de nature à faire avancer les choses dans le sens d’une refondation d’un conseil qui en a largement besoin. Et partant, d’un secteur des médias en mutation.
On les verra plus
Si au cours des dernières sessions parlementaires, on n’a eu de cesse de pointer du doigt l’absentéisme des membres des deux Chambres, avec un focus sur la première, celle qui débute pourrait bien s’inscrire en faux par rapport à ce qui s’est transformé en une habitude incurable.
Non seulement parce que les bureaux comptent serrer la vis, mais surtout du fait qu’on est en présence d’une ultime session et tout un chacun voudrait marquer sa présence et «capitaliser» sur une certaine visibilité.
Échéance électorale oblige. Selon certains observateurs, les directions des partis politiques auraient donné leurs consignes à leurs députés pour qu’ils soient plus studieux.
Mais surtout de donner de la voix ! En tout état de cause, l’essentiel demeure le même : enrichir la production législative, bien que l’on s’attend à davantage de prise de parole sur le front de l’action de contrôle.
