Evénement
Maroc Digital 2030 : Un game changer numérique pour le pays
Le Royaume prend le virage numérique à travers toute une stratégie déployée qui tient compte des différentes spécificités de l’écosystème et de divers acteurs du secteur. Déclinée en deux objectifs centraux, elle se base sur plusieurs catalyseurs et vise à hisser le Maroc aux standards numériques internationaux.
La stratégie Maroc Digital 2030 est lancée. Promise par le Chef du gouvernement lors de la tenue du Gitex Africa à Marrakech, du 29 au 31 mai 2024, elle a finalement vu le jour, mercredi 25 septembre. Elle a fait l’objet de consultations avec la société civile, les élus, les acteurs du marché et plusieurs autres parties prenantes. Rappelons qu’une commission nationale de développement du numérique a été créée en vue de piloter tout ce projet.
Une enveloppe de 11 milliards de dirhams a été allouée pour la mise en œuvre de cette stratégie, entre 2024 et 2026, avec à terme une contribution de 100 milliards de dirhams au PIB et la création de 240.000 emplois directs dans le secteur du numérique.
Dans son mot d’ouverture, Aziz Akhannouch, qui n’a pas pu être présent au lancement de cette stratégie, en raison de son agenda à New York, a précisé : «La réussite de cette stratégie dépend de la capacité de notre pays à former les jeunes. Cela dit, l’employabilité n’est pas le seul objectif visé par cette stratégie, mais aussi la digitalisation de l’administration, de sorte à améliorer le classement du Maroc dans la performance et la qualité des services en ligne fournis par les gouvernements».
Deux objectifs primordiaux
En fait, la stratégie prend appui sur deux objectifs majeurs. Le premier se focalise sur la digitalisation des services publics, en vue de mieux servir aussi bien les citoyens que les entreprises. «Actuellement, ce sont 600 services publics digitaux qui sont disponibles, dont 300 en faveur des citoyens et 200 au profit des entreprises», a souligné Ghita Mezzour, ministre de la Transition numérique. Il s’agit, dans cette feuille de route, d’atteindre un taux de satisfaction des usagers, dépassant 80%, de réduire les délais des parcours du citoyen d’au moins 50% et de porter le taux d’usage des solutions numériques à plus de 50%. D’ores et déjà : «Le ministère s’attèle à la création d’un portail regroupant l’ensemble des services digitalisés qu’offrent les administrations», signale Mezzour. À travers cela, le Maroc devra améliorer son classement international, passant de la 100e place mondiale actuellement à la 50e, tout en assurant un positionnement de leader sur le continent africain.
La seconde ambition consiste à dynamiser l’économie numérique. Elle est structurée autour de trois volets essentiels, à savoir l’outsourcing et le digital export, les start-up ainsi que la digitalisation des entreprises. Plus ambitieuse que jamais, la stratégie vise à propulser le pays en producteur du numérique.
L’accent est mis sur l’outsourcing compte tenu de son potentiel de développement. Alors que les revenus du secteur ont atteint près de 18 milliards de dirhams en 2023, ils devraient se hisser à 40 milliards de dirhams en 2030, soit une hausse prévisionnelle de 122%.
Cela devrait être accompagné par la création de 130.000 emplois sur ce seul secteur. Pour son implémentation, le gouvernement mise sur des filières à haute valeur ajoutée, telles que l’intelligence artificielle, le développement d’un vivier de talents de qualité, ainsi que la mise en place d’incitations simplifiées et adaptées au numérique, comme une prime à l’emploi et la refonte du système d’une prime à la formation.
3.000 start-up à l’horizon 2030
De même, le Maroc s’engage à renforcer son système de start-up afin de développer des solutions numériques adaptées aux besoins nationaux, tout en visant les besoins internationaux également. Ainsi, le nombre de start-up serait porté à 3.000 en 2030, contre 38 environ en 2022. Les levées de fonds, qui se chiffraient à 260 millions de dirhams, sont projetées à hauteur de 7 milliards de dirhams à terme. Cette initiative vise à faire émerger une dizaine de «gazelles» à l’horizon 2026 (start-up avec un CA supérieur à 5 milliards de dollars et une croissance de 10 à 20% sur 3 ans), et une à deux licornes, à terme (start-up évaluées à plus d’un milliard de dollars). Les mesures d’incitation et de financement proposées ne manquent pas : des bourses de vie à hauteur de 70% du salaire, capées à un montant de 40.000 dirhams bruts, des bourses d’incubation de 200.000 DH, ou encore des prêts d’honneur allant jusqu’à 500.000 DH.
Au-delà, la formation est le point vital pour réussir cette transition. Ce sont ainsi 45.000 personnes qui seront formées annuellement, en plus de la reconversion de 50.000 chaque année et l’attraction de 6.000 talents étrangers.
Pour l’opérationnalisation de cette stratégie, trois conventions ont été conclues entre le ministère de la Transition énergétique, celui de l’Enseignement supérieur, du Budget, de l’Emploi, la CDG, l’AMDIE, la Fédération des technologies d’information et de télécommunication et de l’offshoring, la Fédération marocaine d’externalisation des services et l’Agence spéciale Tanger Med. Ces accords formalisent les engagements des signataires en faveur de la mise en œuvre des mesures de la stratégie, notamment en matière de création d’emplois.
Plan national de haut débit : La 2e phase lancée
La connectivité est l’un des enjeux fondamentaux pour le développement économique et social, surtout dans les zones reculées. Dans ce cadre, Mezzour a annoncé le lancement de la 2e phase du Plan national de haut débit (PNHD). «Après la clôture de la première phase, qui a porté sur la période 2018-2023, ce plan s’étale à l’horizon 2026. Il vise à étendre la couverture numérique à 1.800 localités préalablement identifiées, et qui sont actuellement mal desservies», a expliqué la ministre de la Transition numérique. Cela devra se réaliser à travers des subventions étatiques, à partir du Fonds de service universel.