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Investissement public : Quelle dynamique sur le secteur privé ?

Pour sa première conférence-débat de cette année, La Vie Éco a braqué les projecteurs sur l’investissement public et son effet d’entrainement sur la dynamique privée, mobilisant marché financier, financements innovants, PPP et autres moyens. Compte rendu.

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C’est indéniable. La dynamique de l’investissement au Maroc n’est plus portée par le secteur public. D’un investisseur en masse, son rôle s’est transformé en un État catalyseur et actionnaire.

Pour sa première conférence-débat de cette année, La Vie Éco a réuni des décideurs aussi bien du secteur public que privé pour mettre en avant les transformations opérées au Maroc en matière d’investissement.

D’emblée, Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances, a précisé : «Sur ce quinquennat, le gouvernement a engagé 1.600 milliards de dirhams d’investissements publics, en hausse de 61% par rapport au quinquennat précédent».

Toutefois, ce montant a été mobilisé essentiellement pour le déploiement de l’État social, dont le secteur de l’eau qui a accaparé 140 milliards de dirhams avec la construction des barrages, des autoroutes de l’eau, des stations de dessalement…, les infrastructures mais aussi le développement des territoires.

«S’il y a quelques années, l’arbitrage entre les dépenses sociales et celles d’infrastructures se posait avec acuité, ce n’est plus le cas actuellement, puisqu’une nouvelle phase se dessine où les dépenses sociales doivent être productives et permettre ainsi au secteur privé d’être un financeur indirect du secteur social», ajoute pour sa part Larbi Jaïdi, professeur universitaire et Senior Fellow au Policy Center for the New South.

L’effort d’investissement de l’État s’inscrit dans une dynamique structurelle.

«En cinq ans, il a progressé de 90%, générant un effet d’entraînement positif sur les entreprises. En effet, l’investissement privé s’accélère fortement. Il est passé de 100 milliards de dirhams en 2022 à 120 milliards en 2024», a ajouté Saadia Slaoui Bennani, vice-présidente de la CGEM.

L’État a déployé beaucoup de moyens pour diversifier ses moyens de financement, de sorte à intégrer le secteur privé dans cette dynamique de croissance dans laquelle s’est inscrit le pays depuis quelques années.

Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement en est un exemple.

«Il traduit un saut qualitatif en matière d’investissement par rapport aux modes de financement classiques, lequel générera plusieurs aspects positifs concernant la gestion des ressources par exemple», a souligné Jaïdi.

D’ailleurs, «Les fonds de capital-investissement et capital-risque créés ont permis de mobiliser 20 milliards de dirhams en trois ans, soit autant que le montant levé par cette industrie en 20 ans», soutient Fettah Alaoui.

Parallèlement, les partenariats publics-privés ont démontré toute leur efficience en matière de financements des projets et donc de croissance économique et de création d’emploi.

À ce titre, Tanger Med a nécessité un investissement de 150 MMDH dont les deux tiers sont portés par le privé. La plateforme a créé 140.000 emplois et dispose de 3.000 ha de zones industrielles. Nador West Med, en cours de construction, s’inscrit dans cette même logique.

Par ailleurs, le marché financier joue un rôle prépondérant dans l’accompagnement du secteur public.

«La sophistication financière et la modernisation du marché boursier, avec notamment le lancement du marché à terme le 6 avril prochain, ne sont pas là pour cocher une case. Il s’agit de donner aux entreprises et aux institutions financières les instruments pour mieux gérer les risques», a expliqué, de son côté, Brahim Benjelloun Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca et Administrateur directeur général délégué de Bank of Africa.

Il ajoute : «Nous souhaitons que le marché financier soit un partenaire de la croissance économique, que ce soit par l’accompagnement financier ou extrafinancier. Les banques ont déjà montré leur accompagnement pour tout type d’entreprise, notamment les PME».

Par ailleurs, l’État conduit une politique rigoureuse et efficiente de gestion de la dette publique.

Pour preuve, 75% de ses besoins sont couverts par le marché domestique, à des conditions intéressantes, avec un taux moyen de 4% et une duration de 8 ans. Ce qui lui confère une grande marge de manœuvre pour arbitrer les modalités de financement les plus adaptées à ses intérêts stratégiques.

«Dans un monde turbulent, le Trésor a le choix d’arbitrer entre les sorties à l’international, les financements innovants, les OPCI…». D’où cet effet de levier que créent les investissements publics sur la dynamique de l’investissement privé.