Evénement
Facultés de médecine : Le gouvernement conjugue la fermeté à la flexibilité
Après s’être mis d’accord avec les représentants des étudiants, l’Exécutif a décidé de maintenir les dates des examens, tout en aménageant le calendrier.
Il fallait bien que le gouvernement, à un moment donné, décide, au prix de quelques concessions, de faire entendre raison aux meneurs de la fronde dans les facultés de médecine et de pharmacie. Ceux notamment qui ont appelé, pour la énième fois, au boycott des examens. Ceci d’autant plus, dira le chef du gouvernement, lors d’une rencontre, tenue à Fès le 25 juin, dans le cadre de l’initiative «Café Citoyen», qu’on ne pouvait «repousser des examens indéfiniment». Surtout, précisera Aziz Akhannouch, que l’Exécutif a interagi positivement avec toutes les doléances exprimées par les étudiants.
Pas question de reporter ces échéances, avait martelé ce même jour le porte-parole du gouvernement. En effet, lors d’un point de presse, Mustapha Baïtas a annoncé que ces examens étaient maintenus à la date convenue avec les représentants des étudiants lors d’une réunion tenue le vendredi 21 juin. Soit, le mercredi 26 de ce même mois. Le calendrier est établi : l’ouverture de la session du printemps, le 26 juin, sa session de rattrapage avant fin août, alors que les examens de la session de rattrapage pour le premier semestre seront programmés en septembre prochain. Dans la foulée, relèvera le responsable gouvernemental, il sera procédé au rattrapage des périodes de stages hospitaliers boycottés, à partir de la prochaine année universitaire. De même qu’il sera procédé au remplacement de la note zéro du bulletin des notes par la note obtenue lors de la session de rattrapage du premier semestre, mais aussi à la révision des sanctions qui ont été prononcées à l’encontre de certains étudiants. Lors de cette même réunion, à laquelle ont pris part le ministre de l’Enseignement supérieur, celui de la Santé ainsi que son collègue chargé des Relations avec le Parlement, en présence des doyens des facultés de médecine et de pharmacie, outre les représentants des étudiants, le gouvernement a clairement affirmé «qu’il assume la pleine responsabilité de garantir la qualité de la formation en médecine dans le Royaume, tout en appelant l’ensemble des parties, notamment les étudiants, leurs parents et leurs tuteurs, à assumer leur responsabilité dans ce dossier, qui ne devrait pas déborder au-delà de son caractère éducatif et pédagogique».
La réforme en marche
On l’aurait compris, le ministre devait penser aux tentatives d’instrumentalisation de cette tension pour des visées qui dépassent de loin les intérêts. D’ailleurs, Baïtas soulignera aussi «une série de contrevérités entourant ce dossier qui sont véhiculées à grande échelle, avec l’intention délibérée d’avancer des conclusions autres que celles auxquelles il a été parvenu», tout en expliquant que ces assertions à caractère négatif ne servent nullement l’objectif de parvenir à des solutions sérieuses et responsables, répondant à l’intérêt de tous. Surtout que le gouvernement, en faisant preuve d’écoute attentionnée, est soucieux de mener une réforme de fond pour la promotion de la profession de médecine, laquelle est corrélée au renforcement de l’offre de santé, visant à garantir l’égalité des citoyennes et des citoyens quant aux services de santé.
Chose à laquelle a fait allusion le chef du gouvernement dans le cadre du «Café Citoyen» lorsqu’il soulignait l’importance que revêt cette noble profession, tout en précisant que l’objectif du gouvernement est d’assurer une formation de qualité, pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études et, à échéance, servir la société.
Ceci dit, «le gouvernement reste ouvert et positif quant aux attentes des étudiants. D’ailleurs, nous avons répondu positivement à toutes les revendications exprimées. Maintenant, parce qu’on ne peut pas repousser les examens indéfiniment, il a été décidé de les maintenir à la date convenue». Ceci dit, insiste le chef de l’Exécutif, «s’il y a des parties qui ont d’autres desseins inavoués, qu’ils aillent les exécuter ailleurs et laisser les étudiants vaquer à leurs études». Le message est à peine codé.
Surfer sur la vague
Comme dans toute situation de tension sociale, où la revendication prend une certaine ampleur, que les amplificateurs donnent de la voix, et où l’on sent que la vague pourrait perdurer, il y a toujours des parties qui se prêtent au surf. Quitte à pousser l’extravagance jusqu’aux portes du non-retour. On l’a vu quand la tension était à son comble dans l’école publique. On l’a revu avec ce qui s’est passé au niveau des facultés de médecine et de pharmacie. En effet, au lieu d’être du côté de la raison, en pensant à l’avenir des étudiants, certains partis se sont employés à souffler sur les braises pour pousser vers le mur tout le système de formation. Quitte, là encore, à sacrifier toute une génération sur l’autel d’ambitions politiques inavouées. Les communiqués «incendiaires» en ont donné l’étendue. Seulement voilà, le terrain est occupé par les mouvances que l’on connaît et la «pêche» risque de ne pas être porteuse.
