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Enseignement : Un baroud d’honneur des grévistes ?

Suite à l’accord du 26 décembre, la situation devrait revenir à la normale à compter de cette semaine. Ce n’est toujours pas le cas. Une nouvelle grève a été annoncée. Cela va durer jusqu’à quand ?

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Au moment où tout portait à croire que l’école allait reprendre normalement en ce début de semaine, voici que la Coordination des enseignants annonce une grève surprise de trois jours. En conséquence de quoi, les élèves seront de nouveau obligés de manquer les classes les 3, 4 et 5 janvier. Toute la semaine pour ainsi dire.

La Coordination, composée de 24 entités, non légalement constituées, s’accroche à ses revendications qu’elle a soumises au Chef du gouvernement et exige, en même temps, la mise en œuvre, avec effet rétroactif, des conclusions de tous les accords qui ont été conclus jusque-là entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats les plus représentatifs. Accord que la Coordination a d’ailleurs rejeté en bloc. La preuve en est cette nouvelle grève décriée au moment où les parties signataires de l’accord du 26 décembre se sont entendues pour la reprise des cours et la mise en place d’un planning pour permettre aux élèves de récupérer, du moins en partie, le temps perdu. La décision du ministère de prolonger d’une semaine l’année scolaire rentre d’ailleurs dans ce cadre.

Cette nouvelle grève vient tout remettre en cause. À moins que le gouvernement ne prenne des décisions encore plus coercitives. À ce jour, la ponction sur les salaires, censée dissuader les enseignants de prolonger leur mouvement de grève, s’est révélée inefficace.

Selon des sources dans le corps enseignant, cette mesure n’affecte que le salaire de base, alors que la grande partie des émoluments des cadres pédagogiques est composée d’indemnités et autres primes et gratifications.

Du coup, même en retenant le salaire de plusieurs jours sur leur paie mensuelle, les enseignants s’en sortent finalement avec quelques centaines de dirhams de moins. Le prix à payer pour leur mouvement de grève est donc largement supportable.

Il n’en sera certainement pas ainsi que si les ponctions portaient sur le salaire net, estime-t-on. Aux premières coupes, une grande partie des enseignants y réfléchiraient à deux reprises avant de songer à sécher les cours. C’est un facteur qui pourrait accélérer le retour à la normale. Pour les récalcitrants, ou les meneurs de ce mouvement, il y a toujours la possibilité de mettre fin à leur fonction après avoir respecté les procédures de renvoi pour abandon de poste. Plus de fermeté, donc. C’est d’ailleurs une revendication aujourd’hui portée non seulement par les représentants des parents d’élèves, mais également par certains milieux de défense des droits de l’Homme. Le droit à l’éducation faisant, en effet, partie des droits de l’Homme.

Cela dit, d’après plusieurs observateurs, malgré l’annonce de cette grève surprise, le mouvement est en phase d’essoufflement. Les entités formant la Coordination nationale ne sont plus sur la même longueur d’onde. Dans son dernier communiqué, daté du 2 janvier, cette dernière fait d’ailleurs allusion aux « tentatives de dispersion des rangs et de porter atteinte à l’unité des travailleurs du secteur de l’enseignement ». Traduction : de plus en plus d’enseignants qui s’étaient inscrits pleinement dans ce mouvement ne voient plus d’intérêt à le prolonger et ne souhaitent plus continuer.

En même temps, les cinq syndicats les plus représentatifs, signataires du dernier accord du 26 décembre, vont mobiliser leurs militants pour un retour massif en classe. Ce qui aura certainement pour conséquence d’encourager la masse des indécis à reprendre également le travail.