Au Royaume
Électricité : Les lignes de transport quadrillent le Royaume
Nouvelles capacités de production, stockage et transport, le Maroc entame sa révolution électrique. Au-delà de la souveraineté énergétique, l’objectif est de devenir un hub régional.
Dans quelques mois, l’ONEE (Office national de l’électricité et de l’eau potable) va mettre en service une ligne de 400 kV à double terne, actuellement en construction.
Cette nouvelle ligne marque un tournant: elle permettra d’évacuer environ 900 MW supplémentaires, produits dans les parcs éoliens en cours de construction dans les provinces du Sud, devant être mis en service d’ici fin 2026.
Cette énergie, qui sera injectée dans le réseau national, permettra de faire fonctionner notamment la nouvelle centrale de dessalement de Casablanca. En novembre dernier, l’Office a déjà procédé à la mise en service de deux lignes électriques de 400 kV reliant le poste El Ouali dans la région de Fès et la future centrale solaire de Midelt.
Les deux lignes «visent à assurer l’évacuation de l’énergie qui sera produite par la future centrale solaire de Midelt et à accompagner l’intégration massive des énergies renouvelables dans le mix énergétique national, tout en garantissant une transmission électrique durable et performante», avait assuré l’ONEE.
Ces projets font partie de la politique de la transition énergétique au Maroc et, par-delà, contribuent à renforcer sa future position de hub énergétique entre l’Afrique et l’Europe de l’Ouest. Ces infrastructures ne constituent que le premier maillon d’un projet d’une plus grande envergure.
En effet, l’ONEE vient également de lancer, le 26 novembre, un avis de préqualification portant sur la réalisation de près de 1.000 km de lignes électriques ultra-haute tension (UHT) entre Boujdour et Tensift.
Ce projet, dont la mise en service est programmée pour décembre 2028, vise à transporter une puissance électrique renouvelable de l’ordre de 2.000 MW. Cette annonce fait suite à un autre projet, également dans le pipe, porté cette fois par des acteurs maroco-émiratis.
Un accord a été signé dans ce sens entre Taqa Morocco, I’ONEE, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et Nareva, portant, entre autres, sur la réalisation d’une ligne électrique de courant continu haute tension (HDVC) de 1.400 km, reliant le sud et le centre du Maroc.
Cette ligne aura une capacité de 3.000 MW. Au début de l’année, la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, avait annoncé un investissement de près de 30 MMDH dans le réseau électrique national de transport pour la période 2024-2030.
Cela, «sans tenir compte du projet de liaison électrique haute tension supplémentaire de 3 GW entre le sud et le centre du Royaume». La ministre a indiqué que divers projets dans les EnR, d’une capacité de plus de 2.000 MW, ont été autorisés durant le premier mi-mandat du gouvernement. D’autres projets ont été approuvés pour un investissement global de plus de 19 MMDH.
Tout en ouvrant son réseau à l’international, avec une troisième connexion avec l’Espagne, une connexion avec le Portugal et une autre au sud avec la Mauritanie, le Maroc investit également dans le stockage par batteries (BESS), dont un projet de 1.600 MWh lancé pour une entrée en activité à la mi-2026, mais aussi dans les STEP.

