Au Royaume
Dessalement : Une mine géante non encore exploitée
En développant le dessalement à grande échelle, le Maroc pourrait transformer sa saumure — jusqu’ici considérée comme un déchet — en véritable gisement de minerais critiques.
Bientôt, la ville de Marrakech sera alimentée en eau potable dessalée. Dans quelques semaines, ce sera le tour de Casablanca. Avec la mise en service de la station de Casablanca, le Maroc produira plus de 500 Mm3, avec comme objectif 1,7 MMm3 en 2030. Ce qui correspond à un volume entre 1,7 MMm3 et 2,5 MMm3 d’eaux usées, de la saumure dans le jargon technique. Pour produire 1 litre d’eau douce, il faut 2,5l d’eau de mer. Un souci environnemental ? Non, une véritable source de minerais critiques à portée de main est en passe d’être revalorisée.
La saumure d’osmose inverse (SWRO) est l’eau de mer concentrée qui contient du chlorure de sodium (40 à 50 g/l), du magnésium (2-3 g/l), du sulfate (5-5g/l), du potassium (0,7-1 g/l), du brome (130-15 mg/l) et des traces de lithium (0,3-0,5 mg/l), du bore (10-15 mg/l) et des traces de strontium, rubidium, gallium, vanadium. À titre d’exemple, l’extraction du magnésium peut générer 10 à 30 euros parm3, alors que les revenus du lithium seraient de 50 à 200 € par m³ de saumure traitée.
Le magnésium présente un intérêt particulier, puisque le sel (NaCl) est aussi abondant et plus facile à extraire. Or, la Chine contrôle aujourd’hui près de 85% de la production mondiale de magnésium métal. C’est donc une opportunité pour le Maroc. De même pour le brome, la filière la plus mature et dont la valorisation est la plus réaliste pour les saumures. La technologie est éprouvée et le marché mondial est structuré.
