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Au Royaume

Ciment : Le secteur entame un nouveau cycle de croissance

Le rebond des ventes observé en 2024 s’est prolongé en ce début d’année 2025. L’activité vient même de réaliser son meilleur mois de janvier depuis 10 ans, tandis que les perspectives sont très prometteuses à moyen terme.

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Les ventes de ciment retrouvent de la hauteur, augurant d’un nouveau cycle de croissance pour ce secteur clé de l’économie nationale, véritable baromètre des activités de construction. Après une période de stagnation, où le marché du ciment a subi les effets négatifs des crises sanitaire de 2020 et inflationniste de 2022 qui ont freiné le secteur de la construction, les ventes de ciment ont entamé une trajectoire haussière à compter de la fin de l’année 2023.

Un rebond qui s’est prolongé et même accéléré en 2024, terminant l’année sur une progression de 9,45%, pour atteindre près de 13,7 millions de tonnes, d’après les données de l’Association professionnelle des cimentiers qui regroupe les principaux acteurs du secteur au Maroc.

Selon le dernier rapport de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère des Finances, la croissance soutenue des ventes de ciment au deuxième semestre 2024 a été tirée par les performances de l’ensemble des segments de livraisons, notamment ceux de la distribution (gros et détail avec une hausse de +13,3%), du béton prêt à l’emploi (+30%), du préfabriqué (+21,1%), des infrastructures (+14,3%), du bâtiment (+18,1%) et du mortier (+17%).

Mieux encore, après un mois de décembre particulièrement dynamique (+15,2% par rapport à décembre 2023), les livraisons de ciment ont maintenu la cadence durant le premier mois de 2025, avec une progression des ventes de 13,75% par rapport à janvier 2024, pour culminer à 1,28 million de tonnes.

Il s’agit tout simplement du meilleur mois de janvier de ces dix dernières années. Certes, le secteur n’a pas encore retrouvé ses sommets historiques de 2011. Cette année-là, les ventes de ciment avaient dépassé les 16 millions de tonnes, portées par un secteur immobilier à l’époque en pleine euphorie.

Ce pic historique pourrait toutefois être dépassé dès 2026, au rythme où vont les choses, espèrent les professionnels du secteur. L’optimisme des cimentiers est alimenté par un retournement de conjoncture des plus favorables, qui tire les ventes vers le haut.

Le lancement de grands projets d’infrastructures un peu partout dans le Royaume, le programme de reconstruction post-séisme Al Haouz et, dans une moindre mesure, la relance du programme gouver-nemental de logements sociaux, agissent en effet comme des catalyseurs des ventes à moyen terme.

Pour la période 2024-2026, Attijari Global Research anticipe d’ailleurs une «nette reprise» de la consommation du ciment dans le Royaume, avec un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de +7% contre un TCAM de -1,7% observé au cours de la décennie 2013-2023.

Les grands projets en catalyseur
Ces perspectives favorables s’expliquent en premier lieu par l’essor du secteur des infrastructures, grand consommateur de ciment. Les pouvoirs publics investissent massivement dans de grands projets en prévision de la Coupe d’Afrique des nations, prévue fin 2025, et de la Coupe du monde 2030, deux échéances majeures qui né-cessitent la construction et la rénovation de stades, de routes, d’hôtels…

À cela s’ajoutent des projets comme l’extension de la LGV, la construction des ports de Dakhla et Nador, d’autoroutes et de zones industrielles, qui contribuent également à booster la demande en ciment.

Les projets d’envergure engagés par le gouvernement pour le renforcement des infrastructures hydrauliques, avec la construction de pas moins de 20 barrages d’ici 2030 et autant de stations de dessalement, constituent également une aubaine pour le secteur. Sur le plan du logement, autre grand consommateur de ciment, le programme de reconstruction d’Al Haouz, doté d’un budget de 120 milliards de dirhams sur cinq ans, stimule lui aussi l’activité.

Dans le même temps, le retour du dynamisme du segment de l’autoconstruction après plusieurs années d’atonie en raison de la succession de pé-riodes de sécheresse, couplé à la relance du programme de logements sociaux à travers l’initiative gouvernementale Daâm Sakane qui s’étalera jusqu’à 2028, sont de nature à contribuer à soutenir la croissance durant les prochaines années.

Ces perspectives prometteuses devraient profiter aux deux mastodontes du secteur cotés à la Bourse de Casablanca, LafargeHolcim Maroc et Ciment du Maroc. Les deux valeurs ont d’ailleurs la faveur des analystes, qui les recommandent à l’achat (voir encadré). Ciment du Maroc a même réalisé une opération de croissance externe, en annonçant fin 2024 l’acquisition de 62,62% du capital d’Asment Témara. Une opération qui reste soumise à l’approbation du Conseil de la concurrence.


LHM et CIMAR ont la cote
Dans cet environnement favorable, les deux cimentières inscrites à la Bourse de Casablanca ont la cote auprès des analystes. AGR recommande l’achat du titre de Ciments du Maroc (CIMAR), avec un cours cible de 2.220 dir hams qui offre un potentiel d’appréciation de 21% par rapport au cours du 12 novembre 2024 (au 10 février, l’action affiche un cours de 1.876 dirhams).

«Notre intérêt pour le groupe CIMAR intervient dans un contexte secto-riel opportun, marqué par les perspectives favorables de reprise de la consommation du ciment au Maroc et la récente annonce relative à l’acquisition du cimentier Asment Témara par l’opérateur coté», explique le bureau de recherche dans une récente note analytique.

Du côté de LafargeHolcim, le titre est valorisé à 2.245 dirhams par BMCE Capital Research, alors qu’il affiche un cours de 1.990 dirhams le 10 février. Recommandé à l’achat, le titre bénéficierait des perspectives de croissance robustes en lien avec les projets d’infrastructures hydrauliques et de reconstruction post-séisme. Le positionnement stratégique de l’entreprise, avec une forte implantation dans les régions les plus dynamiques du pays, devrait lui aussi permettre de capter la croissance.