Au Royaume
25 ans de réalisations en 25 mots clés (2/5)
Sous le règne de SM le Roi, le Royaume s’est complètement métamorphosé. Retour sur les moments forts et les thématiques phares d’une majestueuse épopée marocaine. Les 5 thématiques choisies ici sont : l’aérospatial, le Sahara, la gouvernance, la justice et la sécurité.
AÉROSPATIAL
D’un satellite de 50 KG à une puissance régionale
Ce n’est un secret pour personne. Le Royaume vient de conclure un accord avec Israel Aerospace Industries pour l’acquisition de deux nouveaux satellites d’observation. Depuis 2017, le pays dispose déjà de deux appareils, Satellite
Mohammed VI A et B, mais ce n’est pas son premier coup d’essai dans le domaine. Le Royaume a certes fait un bond en avant, mais sa «conquête spatiale» a démarré au début de ce siècle à travers le projet Maroc-TUBSAT (ou Zarkae Al Yamama), développé avec l’Université de Berlin. C’est un satellite de 50 kg qui a été lancé depuis la base de Baïkonour, en décembre 2001. Sa conception et sa réalisation sont marocaines, les tests techniques ont eu lieu en Allemagne. Le satellite évoluait à 1.000 km d’altitude avec quatre révolutions par jour au-dessus du Maroc et envoyait des photos de 300 m de résolution. Il assurait des missions d’observation de la terre, de messagerie, de collecte de données et de localisation.
En termes techniques, rien à voir avec les deux satellites actuellement en orbite (d’un poids de 1,1 tonne évoluant à 647 km d’altitude avec 70 cm de résolution), ni avec celui qui sera développé par IAI (une résolution 40 cm). Avec ce dernier opérateur, il est prévu la construction d’un centre d’excellence et de R&D spatiale. Ce qui ouvre la voie à l’émergence d’une industrie spatiale au Maroc. Il va sans dire que la politique marocaine en la matière lui offre un grand avantage régional en matière de sécurité et de défense. Le Royaume compte déjà une capacité souveraine en observation de son territoire et de ses frontières terrestres et maritimes, mais aussi de son environnement régional.
SAHARA
De zéro à une trentaine de consulats généraux
En 2000, le Conseil de sécurité évoquait encore la solution du référendum dans ses résolutions. Aujourd’hui, non seulement cette option est morte et enterrée, mais c’est une proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine qui fait son chemin. En attendant son aboutissement, c’est un autre processus qui est en marche à travers le pays, y compris le Sahara : la régionalisation avancée. Les trois régions du Sud se développent et, à l’image du reste du pays, elles avancent à pas de géants vers la prospérité, avec un plan de développement dédié. Ports, d’envergure mondiale, aéroports, voies express, dessalement, énergies renouvelables, industrie, agriculture, tourisme…, sont autant de méga-chantiers ouverts dans ces régions. Ces chantiers se sont accélérés davantage depuis novembre 2020, date de l’opération d’assainissement du passage frontalier d’El Guergarat. 2020 est d’ailleurs une année charnière dans la mesure où elle a connu la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara. Depuis, tout a changé. Concomitamment, plusieurs pays ont ouvert leurs consulats généraux à Dakhla et Laâyoune, un message au monde entier sur la stabilité de ces régions promises à un avenir exceptionnel. On retiendra que malgré la centralité de la question du Sahara dans la diplomatie marocaine, le Maroc n’en fait pas un handicap dans ses relations avec certains pays. Pour autant, le Sahara est dorénavant le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international.
GOUVERNANCE
De l’alternance à la nouvelle constitution
Si le gouvernement Abderrahmane Youssoufi a contribué à assurer la transition entre les deux règnes, les premières élections législatives de «la nouvelle ère» en 2002 allaient finalement aboutir à la constitution d’une sorte de gouvernement d’union nationale, dirigé par Driss Jettou.
C’est que les deux principales forces politiques de l’époque (l’Istiqlal et l’USFP) n’arrivaient pas à se mettre d’accord. Le résultat des urnes sera néanmoins décisif lors des législatives suivantes : Abbas El Fassi est nommé Premier ministre suite à la victoire du Parti de l’Istiqlal qu’il dirige. Une nouvelle pratique démocratique est alors installée et elle allait être instaurée dans la nouvelle Constitution du Royaume, adoptée en 2011 dans le sillage des vents contestataires du Printemps arabe.
La nouvelle loi fondamentale du pays a ainsi renforcé les pratiques démocratiques en accordant plus d’attributions aux institutions élues, mais aussi en consacrant diverses institutions démocratiques de contre-pouvoir.
Les nominations aux hautes fonctions ont également été réglementées tout en renforçant les mécanismes de reddition des comptes.
JUSTICE
De la modernisation juridique à la confiance citoyenne
Dans un vaste effort réformiste, celui du secteur judiciaire occupe une place centrale. Il figure parmi les chantiers prioritaires avec une vision institutionnelle moderne, tant dans la révision des textes que dans l’amélioration des infrastructures. Le processus, inscrit dans la Charte de réforme de la Justice, avance avec l’activation progressive de nouvelles législations. Des consultations étendues ont été menées, visant à moderniser, moraliser et renforcer l’indépendance du système judiciaire, tout en promouvant l’État de droit. L’objectif est double : restaurer la confiance des citoyens envers la justice et stimuler l’investissement pour générer richesse et emploi. La transparence et la crédibilité des institutions sont au cœur des enjeux, faisant de la Justice un secteur transversal essentiel. La Constitution de 2011 a clairement établi son indépendance et mis en place des mécanismes institutionnels pour garantir son efficacité. De nouveaux tribunaux ont été inaugurés, marquant un développement physique du système judiciaire, tandis que les réformes législatives et professionnelles se poursuivent, soutenues par une transformation numérique planifiée de 2021 à 2026. Malgré la complexité du processus réformiste, ce travail de longue haleine avance progressivement vers ses objectifs finaux.
SÉCURITÉ
De la police secrète aux services de renseignements respectés
Le départ de Driss Basri, dès le début du règne, a été un tournant dans la restructuration des services de sécurité marocains. La redoutable DST qui a toujours traîné la réputation de police secrète, responsable des exactions des années de plomb, a fait progressivement sa mue en service de renseignement moderne, efficace et reconnu à l’international.
La création de son aile judiciaire, Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), vient témoigner de toute la transformation de la Direction générale de la sécurité du territoire (DGST). Dirigé par Abdellatif Hammouchi, auquel a été confiée également la DGSN, le service sécuritaire a pu prévenir et déjouer plusieurs attentats terroristes sur le sol et en dehors du territoire marocain en coordination avec ses homologues étrangers. Son apport en matière de lutte contre les réseaux de trafic international et de criminalité transfrontalière n’est plus à prouver.
La qualité du renseignement marocain est désormais reconnue par tous les grands services étrangers qui ont décerné, à plusieurs reprises, des décorations aux responsables sécuritaires. La police marocaine est également appelée en renfort pour tous les événements internationaux, pour ne citer que la dernière Coupe du monde au Qatar ou encore les Jeux olympiques qui se jouent à Paris.
