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Risma, le groupe hôtelier qui surperforme son secteur

Son taux d’occupation dépasse celui du secteur en général. En 2022, ses revenus
ont presque doublé par rapport à 2021 mais restent toujours en recul en comparaison avec 2019. L’on s’attend en cet exercice à des performances exceptionnelles.

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Le tourisme est l’un des secteurs qui a le plus payé les frais de la crise pandémique et de ses conséquences, avec la fermeture des frontières et des hôtels pendant des mois qui semblaient interminables.

Mais c’est aussi le secteur qui a le plus rapidement repris son activité, une fois les frontières ouvertes entre pays. Hausse des arrivées et nuitées touristiques, progression des recettes, positionnement du Maroc sur l’échiquier international, développement des circuits internes… tout y passe.
Et s’il y a bien un groupe hôtelier qui a tiré profit de cette reprise, c’est bien Risma, créé en 1993, en partenariat avec le groupe Accor. Historiquement, Risma va plus vite que son secteur. Son taux d’occupation a souvent dépassé celui de l’ensemble du secteur. Et cela, le groupe hôtelier l’a confirmé encore une fois pendant la période post-Covid.

En effet, il s’est établi à 51% à la fin de l’année dernière, en augmentation de 17 points par rapport à 2021, alors que celui de tout le secteur a atteint 42%. A titre de comparaison, le taux d’occupation en 2019, année normative, a atteint 68% au lieu de 48% au niveau du secteur.

Le groupe a profité également des subventions accordées par l’État aux 22 hôtels pour un montant de 58MDH ainsi que d’un moratoire étatique traduit par la prise en charge par l’État de 9 mois et demi relatifs aux échéances bancaires. Ce qui lui a valu une progression remarquable de ses revenus mais aussi de sa rentabilité.
En tout cas, grâce à la reprise de l’activité, l’année 2022 a permis d’atteindre un chiffre d’affaires consolidé de plus d’un milliard de dirhams, en hausse de 97% par rapport à 2021. Il est à noter que le segment haut de gamme du groupe hôtelier contribue à hauteur de 73% au chiffre d’affaires alors que celui du milieu de gamme et de l’économique y participent à concurrence de 27%.

L’activité pas totalement récupérée
Cependant, si la comparaison porte sur une année d’activité normale, soit 2019, le chiffre d’affaires ressort en baisse de 30%. Un analyste d’une société de bourse explique : «Il est normal qu’il y ait une baisse par rapport à 2019, puisque la reprise de l’activité n’était pas systématique et d’une traite. Plusieurs contraintes sanitaires étaient imposées au départ des aéroports des pays expéditeurs et à l’arrivée aux aéroports du pays. Ce qui limitait les voyageurs dans leur déplacement».

D’autant que l’année 2022 est plombée de plus d’un mois d’activité pleine, puisque les frontières n’ont été rouvertes qu’en date du 7 février. Il faut dire aussi que les séquelles psychologiques du passage de la pandémie ont rebuté plusieurs personnes à reprendre une «vie» normale, de peur d’une contagion, d’une dégradation de la situation sanitaire, d’une refermeture des frontières…

En dépit de la crise sanitaire, Risma a maintenu la rénovation de ses hôtels pour être prêts à la reprise. Ainsi, les charges d’exploitation se sont affichées en augmentation de 46% sur une année à 679 MDH. Mais grâce à l’évolution des revenus, le résultat opérationnel s’est situé à 204 MDH contre un déficit de 84 MDH une année auparavant. De plus, en raison d’un résultat financier amélioré par les moratoires bancaires, le résultat net part du groupe est sorti du rouge (-172MDH) pour totaliser 152 MDH.
Même au volet bilanciel, la situation du groupe s’améliore. En effet, la dette nette consolidée a baissé de 347 MDH pour atteindre 1,4 milliard de DH et ce, grâce notamment à l’amélioration de l’exploitation des hôtels du groupe. Ce qui a établi le taux d’endettement à 52% contre 61% une année auparavant. Le groupe considère cette dynamique de reprise encourageante et laisse entrevoir de bonnes perspectives pour l’année à venir, avec un retour escompté des performances financières à des niveaux normatifs.

Un exercice 2023 prévu supérieur à 2019
Il envisage également un retour aux performances de l’année de référence 2019, prochainement. «Au vu des dernières statistiques sur les réalisations touristiques et en l’absence de tout évènement externe qui viendrait troubler la bonne marche, le groupe ne trouverait pas de mal à dépasser même les performances affichées en 2019.

Cela devrait être évidemment boosté par le coup de publicité indirect accompli par l’équipe nationale lors de la Coupe du monde», prévoit notre source. Pour rappel, le Maroc a accueilli 2,9 millions de touristes au terme du premier trimestre 2023, soit une progression de 17% par rapport à la même période de 2019.

De leur côté, les recettes touristiques ont pointé à près de 25 milliards de dirhams, contre 10,4 milliards à la même période en 2022 et 16,5 milliards en 2019. C’est dire que le rythme amorcé au début de l’année est bon et laisse présager de bonnes perspectives sur le reste de l’année. Reste à l’autorité de tutelle et ses parties prenantes d’activer la stratégie nationale du secteur touristique 2023-2026.

Du reste, Risma dispose d’un réseau de 23 unités hôtelières de trois, quatre et cinq étoiles dans les principales villes du pays. Présent dans 11 villes du Maroc, le groupe hôtelier est fort de cinq marques internationalement reconnues, à savoir Sofitel, M’Gallery, Mercure, Novotel et Ibis. Le groupe couvre ainsi les segments du luxe, du haut de gamme, du milieu de gamme et de l’hôtellerie économique.


La valeur reflète sa bonne santé
En Bourse, le comportement de la valeur est corrélé à sa santé financière, contrairement à d’autres qui, même si elles affichent des fondamentaux solides, sont… en berne. En 2021, alors que le tourisme battait de l’aile, la valeur a perdu 3,7%. Une année plus tard, Risma a récupéré les pertes essuyées pour s’inscrire sur un rythme haussier et clôturer l’année sur une performance de 3,9%. Elle poursuit ainsi cette tendance, l’année en cours, puisque sa progression en date du 15 mai ressort à 30%. Les spécialistes du marché actions lui allouent encore un potentiel de hausse d’ici à la fin de cette année, porté toujours par l’orientation favorable du secteur, mais aussi par la capacité du groupe à bien gérer la crise passée et par la confiance que lui font les investisseurs quant à la gestion des difficultés qui pourraient survenir à l’avenir.