Argent
PLF 25 : La consécration de l’État social
Poursuite de la mise en place de la réforme de la santé et de l’école publique, parachèvement du chantier de la protection sociale, garantie de l’accès au logement et lutte contre le chômage, ce sont là les principales priorités du Projet du budget déposé samedi dernier au Parlement.
L’examen détaillé du projet de Loi de finances 2025 démarre en commission à la première Chambre, ce vendredi 25 octobre.
Et c’est parti pour un marathon de près de deux mois de débats, d’amendements et vote du plus important texte de l’année. L’importance de ce texte et des dispositions qu’il prévoit pour le prochain exercice, ainsi que le contexte dans lequel il a été élaboré, ont d’ailleurs été explicités par le Chef du gouvernement, lors de la réunion de la majorité, avec la participation, outre les patrons des deux autres partis de la coalition gouvernementale, des parlementaires des trois formations.
Par définition, la Loi de finances décline les choix budgétaires reflétant les priorités du gouvernement en matière de développement économique, de politique sociale, de sécurité…
Il est clair que dans le texte, dont les grandes lignes ont été approuvées en Conseil des ministres, vendredi 18 octobre, le parachèvement du déploiement de l’État social est une priorité. Santé, éducation, aides sociales, logements, emploi, en sont les points saillants. Les chiffres le prouvent.
Le gouvernement consacre 37 milliards de dirhams, soit deux milliards de dirhams de plus que l’année en cours, à la poursuite de la mise en œuvre du chantier de la généralisation de la protection sociale. Pour la poursuite de la réforme de la santé, c’est un montant de 32,6 milliards de dirhams qui est prévu, soit 1,9 MMDH de plus que l’année 2024.
Pour la réforme globale du système de l’éducation, de l’enseignement et de la formation professionnelle, l’Exécutif met le paquet avec une enveloppe programmée de 103,7 milliards de dirhams, c’est-à-dire 12 millions de dirhams de plus que l’exercice en cours. Pour garantir l’accès à un logement digne pour tous les citoyens, il est prévu un montant de 8,9 milliards de dirhams (+ 2,3 MMDH par rapport à 2024).
Pour la sauvegarde du pouvoir d’achat des citoyens, le gouvernement maintient une enveloppe de 16,5 milliards de dirhams pour la Caisse de compensation, en plus des 20 milliards de dirhams prévus dans le cadre de la mise en œuvre de l’institutionnalisation du dialogue social. Ce qui devrait porter les charges de l’État dans ce cadre à 45 milliards de dirhams à l’horizon 2026.
«Avec la même ambition et la même volonté politique, le gouvernement poursuit le processus de promotion sociale et économique des citoyennes et citoyens, car le projet de Loi de finances pour l’année 2025 constitue une étape importante pour achever la mise en œuvre du programme gouvernemental», souligne le Chef du gouvernement lors de la réunion, mardi 22 octobre, de l’instance de la majorité.
90% des familles touchées
Le gouvernement s’attellera, ainsi, à la mise en œuvre des différents chantiers de réformes prioritaires visant «la résorption des déficits sociaux et l’amélioration du bien-être des citoyennes et citoyens, en l’occurrence la généralisation de la protection sociale, la réforme des systèmes de santé et d’éducation, ainsi que la réduction des disparités sociales et territoriales», peut-on lire dans la note de présentation du PLF 25, exposée samedi 19 octobre par la ministre de l’Économie et des finances devant les deux Chambres réunies du Parlement.
Ce même engagement a été renouvelé trois jours plus tard par le Chef du gouvernement devant les élus de la majorité. «Le gouvernement reste fidèle à ses engagements, à savoir continuer à renforcer les fondements de l’État social, consolider le dynamisme de l’investissement et de la création d’emplois, poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles, puis maintenir la soutenabilité des finances publiques», a notamment souligné Aziz Akhannouch. Et ce ne sont pas des paroles en l’air.
C’est qu’en trois années du mandat, l’Exécutif a parcouru bien du chemin.
Le président du RNI a, en ce sens, tenu à souligner une fois de plus «sa profonde fierté» ainsi que celle de ses deux partenaires, le PAM et l’Istiqlal, face aux acquis politiques, sociaux et économiques réalisés par le gouvernement. «Nous avons pu, à travers des programmes et divers efforts gouvernementaux, intervenir positivement au bénéfice de 90% des familles marocaines de tous niveaux et catégories», affirme le Chef de l’Exécutif.
Les succès obtenus à tous les niveaux «confirment clairement que les choix du gouvernement ont été très précis et axés sur la réponse aux questions des circonstances difficiles», poursuit Aziz Akhannouch, tout en prenant à témoin les institutions financières, notamment internationales.
Ainsi, «toutes les institutions financières nationales et internationales témoignent que ce gouvernement a surmonté la crise avec confiance en soi et responsabilité et a maintenu les équilibres macroéconomiques, ce qui a eu un impact positif sur la solidité et la résilience de l’économie nationale face aux transformations et fluctuations».
En même temps, l’Exécutif a su et pu mettre en œuvre correctement et intégralement les fondements et piliers de l’État social souhaité par le Souverain. Le fait est que ce gouvernement a réussi en peu de temps à achever les chantiers organisationnels et institutionnels pour généraliser la couverture santé à tous les Marocains, assurer sa pérennité et cibler les groupes concernés. Cela tout en avançant vers une réforme profonde et globale du système national de santé et du système de l’éducation et de la formation.
Sur ce volet, il n’est plus à douter que le gouvernement a rompu avec l’improvisation dans la gestion du secteur de l’éducation et de la formation. «Nous avons pu, depuis le début du mandat gouvernemental, initier un processus de réforme intégrée de ce secteur stratégique, dont le slogan est la construction d’une école de l’équité, la qualité et l’égalité des chances».
Avec la même démarche et la même détermination, l’Exécutif entend s’attaquer, avant la fin de l’année prochaine, aux deux composantes restantes du processus de fondation de l’État social, et ce, à travers l’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraite et la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi au profit de toute personne ayant un emploi stable.
Les priorités de la 2e moitié du mandat
Entre autres mesures chiffrées et budgétisées prévues par le gouvernement pour la seconde moitié de son mandat, la mobilisation d’une enveloppe de 18 milliards de dirhams pour accroître le rythme d’exécution du programme national d’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation. Avec un montant de 14 milliards de dirhams pour lancer une approche intégrée de promotion de l’emploi.
La question de l’emploi sera une priorité gouvernementale par excellence et un pari stratégique, comme l’a déjà relevé le Chef du gouvernement. Son équipe s’y consacrera et réunira toutes les conditions nécessaires à sa réussite, garantissant une réduction du taux de chômage, notamment chez les jeunes.
Ce faisant, le gouvernement ne perd pas de vue le cap qu’il s’est fixé, c’est-à-dire d’atteindre 4,6% comme taux de croissance attendu, poursuivre la réduction du déficit budgétaire à -3,5%, contrôler le taux d’inflation dans la limite de 2% et ramener la dette à 69%.
