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OPCI : Un marché en expansion, mais avec peu d’acteurs
À plus de 100 milliards de dirhams à fin 2024, l’actif net des OPCI représente le sixième de celui de l’industrie des OPCVM.
Une croissance fulgurante en 5 années de création, mais qui reste limitée, essentiellement, à l’État et aux institutionnels.
L’industrie des OPCI connait une croissance fulgurante. À fin 2024, elle devrait dépasser la barre de 100 milliards de dirhams, sachant qu’à fin septembre et selon les statistiques disponibles et publiées par l’AMMC, l’actif net s’est affiché à 94,6 milliards de dirhams.
Ce secteur a tardé à voir le jour et a fait couler beaucoup d’encre, surtout avec les mesures fiscales introduites dans la Loi de finances de l’année 2023 dont l’une d’elles consistait, pour rappel, à supprimer l’abattement de 60% au titre des dividendes remontés par les OPCI à leurs actionnaires.
Un ralentissement a été constaté certes, mais qui n’a pas pu endiguer l’élan qu’a pris cette industrie, puisqu’en 5 ans – les premières sociétés de gestion des OPCI ayant vu le jour en 2019 –, elle a pu franchir ce cap symbolique. Si on a à donner un ordre de grandeur, l’actif net géré par les OPCI représente tout de même le sixième de celui géré par les OPCVM !
C’est une augmentation de 16% par rapport à 2023, au terme de laquelle l’actif net a augmenté de 48,8%. Rappelons qu’en 2020, il était de seulement 6 milliards de dirhams. Ceci témoigne de l’intérêt et de l’attractivité de ce véhicule de placement.
Il faut dire que dans un contexte baissier des taux de rendement obligataires, qui se maintient depuis 2023, il n’est nul doute que ce véhicule représente un placement idéal, dans le cadre de la diversification des stratégies d’investissement, à côté du marché actions qui lui, continue d’afficher un potentiel de croissance significatif.
D’autant qu’«en termes de rendement, explique un spécialiste, les OPCI offrent des rémunérations intéressantes qui se situent entre 6 et 9%, bien supérieures à celles proposées par les taux des bons du Trésor» qui sont de l’ordre de 2,8% pour ceux de maturité 5 ans, 3,2% pour l’échéance 10 ans et 3,7% pour la durée de 20 ans.
L’État, principal acteur
Une industrie florissante alors qui affiche des taux de croissance élevés d’une année à l’autre. Sauf qu’elle reste portée essentiellement par l’État. En effet, dans le cadre de sa politique de diversification des sources de financement et pour réduire, un tant soit peu, le recours au marché des adjudications, l’État fait appel aux financements innovants.
Pour 2025, il est prévu une enveloppe de 30 milliards de dirhams, au titre des biens immobiliers à céder sur le marché, et qui seront gérés à travers ces OPCI. Ce qui donnera une impulsion plus forte au secteur.
Actuellement, plus de 66% des actifs immobiliers détenus par les OPCI représentent des bâtiments à usage d’enseignement et de formation ainsi que des établissements de santé, 15% sont des bâtiments à usage administratif, 8% des bureaux et 6% des locaux commerciaux.
Ces actifs bénéficient d’un taux d’occupation moyen élevé qui frôle les 97%. Ce qui les rend encore plus intéressants et minimise le risque d’une faiblesse de rendement, au grand bonheur des institutionnels, parce que, faut-il le souligner, c’est surtout ce type d’investisseurs qui animent ce marché.
Et quand bien même il serait ouvert aux particuliers, ils ne s’y intéresseront pas vraiment, compte tenu essentiellement du ticket d’entrée qui reste élevé et de la durée de placement qui idéalement doit être de long terme.
En effet, les compagnies d’assurance et organismes de prévoyance et de retraite accaparent 45% de l’actif net des OPCI. Ils sont suivis par les banques avec 25,6%. Les personnes physiques, elles, ne drainent même pas 1%.
Bien que son développement reste restreint à quelques opérateurs, le secteur des OPCI est promis à un bel avenir, surtout avec l’organisation de l’évènement sportif de taille, qui est le Mondial 2030. Il devra continuer à être porté par l’État essentiellement et dans une moindre mesure par les établissements hôteliers, de santé, de sport…
En fait, «tout l’investissement dans lequel l’État s’est engagé en termes d’infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, de gares, de stades… devra insuffler tout autour une nouvelle dynamique dans le bâtiment, que ce soit pour le segment résidentiel, commercial ou encore celui des bureaux.
Cela sans oublier tous les quartiers qui seront rénovés et l’ensemble des efforts qui seront déployés dans la mise en place d’équipements de qualité», estime notre expert.
Effet Mondial 2030
Ces investissements qui offriront un nouveau visage au Maroc sur la scène mondiale exerceront un double effet : d’abord «la disponibilité de davantage d’actifs qui pourraient être cédés aux OPCI, puis l’augmentation de la valeur de ces actifs et donc des loyers. Ce qui permettra aux investisseurs de dégager des rentabilités encore plus attrayantes qu’elles ne le sont aujourd’hui», conclut-il.
Reste maintenant à trouver les moyens adéquats, à même d’intéresser les personnes physiques davantage pour ce segment, mais aussi de faire en sorte que l’État ne soit pas à lui seul le principal acteur qui dynamise cette industrie.
De nouveaux types sont à créer
Le Maroc est l’un des derniers pays au monde à avoir créé les OPCI, alors qu’ils existaient depuis des décennies dans les pays étrangers et sous plusieurs formes.
Maintenant que la vitesse de croisière est prise, les professionnels du secteur devraient s’atteler à mettre en place d’autres types d’OPCI, afin de faire croître le marché et d’y intéresser plusieurs investisseurs, tels que les OPCI destinés au grand public ou les OPCI thématiques.
Notons que la majorité sont des OPCI à règles de fonctionnement allégées (RFA). Ils sont soit spécialisés et détiennent plus de 66% de l’actif net, soit diversifiés avec une part de 33%.
