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OCP : Émission obligataire hybride internationale, une première en Afrique !

Le groupe a réussi une levée hybride internationale inédite de 1,5 milliard de dollars, qui servira à financer la stratégie de développement du groupe, tout en optimisant la structure de son capital. L’opération a rencontré une forte demande grâce à la robustesse de la signature de l’OCP.

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OCP s’est orienté vers les marchés internationaux pour financer sa croissance. Après trois opérations sur le marché domestique, depuis 2016, le groupe a procédé à une levée obligataire hybride pour un montant de 1,5 milliard de dollars, une première pour le groupe et pour une entreprise africaine !

Autre particularité : l’OCP est un groupe à capitaux publics, ces opérations sont historiquement associées à des émetteurs privés. D’autant qu’elles restent rares dans la région (Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique).

En 2025, deux entreprises seulement ont émis de tels instruments : Majid Al Futtaim en dollars, en novembre, CPI Property en sterling, en septembre.

À titre de référence de marché, les hybrides de Aldar (Abu Dhabi) et MAF s’échangent avec une prime d’environ 160-175 points de base par rapport à leur dette senior de même maturité.

Cette opération est qualifiée de succès, en dépit du contexte géopolitique incertain, puisqu’elle a bénéficié d’une forte demande, avec une souscription de 46 fois et la participation de 176 investisseurs de 23 pays.

Ce qui confirme la solidité du profil de crédit d’OCP et sa capacité à accéder aux marchés de capitaux internationaux dans des conditions compétitives.

Les coupons de l’opération, qui a été arrangée par BNP Paribas, Citi et JP Morgan, ont été fixés à 6,74% pour la tranche callable d’avril 2031, et à 7,37% pour celle d’avril 2036.

Cette émission hybride internationale s’inscrit dans une logique d’optimisation de la structure du capital.

Elle permet à l’OCP de financer sa stratégie de croissance tout en maintenant ses ratios de levier aux niveaux de l’Investment Grade, grâce au traitement favorable de l’instrument par les normes comptables.

En effet, cet instrument est comptabilisé entièrement comme fonds propres selon les normes IFRS. Pour les agences de notations Moody’s et S&P, il bénéficie d’un crédit equity de 50%.

Signature fiable
L’OCP est considéré comme une signature robuste et fiable à bien des égards. Il bénéficie d’un modèle intégré adossé à des réserves de classe mondiale, générant des cash flows vigoureux et résilients à travers les cycles.

De plus, il affiche une rentabilité structurellement élevée, soutenue par un positionnement compétitif sur la courbe de coûts et une forte flexibilité opérationnelle.

Sur le plan financier, OCP maintient une discipline claire de préservation de son statut Investment Grade, avec un levier maîtrisé, une liquidité solide et un accès récurrent aux marchés des capitaux.

Cette sortie internationale intervient dans un contexte de marché des plus favorables. Les investisseurs disposent, en effet, de liquidités abondantes, vu que le marché primaire a connu une activité limitée depuis six semaines.

D’autant que les conditions géopolitiques, bien que tendues, restent favorables aux émetteurs non directement exposés au conflit, tels qu’OCP.

Dans ce cadre, la demande mondiale sur les engrais phosphatés se caractérise actuellement par une croissance soutenue, en progression estimée à 3% par an à l’horizon 2030, portée par les enjeux globaux de sécurité alimentaire, alors que l’offre s’en trouve réduite, notamment en Chine.

La fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive à la guerre en Iran, a engendré une perturbation significative des flux d’intrants, en particulier le soufre, dont une part importante des exportations mondiales transite par cette voie.

D’ailleurs, son prix en provenance du Moyen-Orient a connu une hausse de 35% en avril par rapport au niveau de pré-guerre.

Approvisionnements sécurisés
Cela dit, le leader mondial des phosphates a adopté une approche proactive de sécurisation de ses approvisionnements avec des niveaux de stocks permettant de couvrir ses besoins opérationnels au moins jusqu’à fin juin.

Au-delà de cette couverture, la stratégie d’approvisionnement repose sur une diversification géographique structurée et éprouvée, notamment à partir du Kazakhstan, de la région de la mer Rouge, du golfe du Mexique, ainsi que du Canada et de l’Europe.

Dans un scénario de prolongation ou d’intensification du conflit, les tensions sur le marché du soufre pourraient se généraliser à l’ensemble de l’industrie, avec des impacts potentiels sur les prix et la disponibilité.

L’OCP a ainsi décidé d’anticiper, au 2e trimestre, une partie de ses opérations de maintenance initialement prévues aux 3e et 4e trimestres.

Cette flexibilité est renforcée par la capacité du groupe à ajuster son mix de production, en s’appuyant notamment sur des produits comme le TSP (Triple Superphosphate), structurellement moins intensif en soufre que le DAP, et n’utilise pas d’ammoniaque, précisément les deux matières premières dont les prix et la disponibilité sont sous pression.

Actuellement, il représente environ 30% des volumes, avec comme objectif d’atteindre 50% en 2026. Les exportations du produit ont plus que doublé en deux ans, avec un volume d’un million de tonnes en Inde.

Marges d’Ebitda élevées
Par ailleurs, le développement de solutions comme l’ammoniac vert constitue un levier supplémentaire de résilience.

En réduisant progressivement la dépendance aux sources conventionnelles d’ammoniac, fortement corrélées aux prix du gaz, cette approche permet à terme de stabiliser le coût des intrants azotés et de renforcer la sécurité d’approvisionnement.

Du reste, OCP demeure le plus grand producteur mondial d’engrais phosphatés selon Moody’s, avec des parts de marché de 31% dans les engrais, avec une capacité de production de 16 millions de tonnes en 2025, de 36% dans l’acide phosphorique et de 19% dans la roche phosphatée.

Le groupe a dégagé un chiffre d’affaires de 12,2 milliards de dollars, en hausse de 25% par rapport à 2024, et un Ebitda de 4,6 milliards.

Historiquement, les périodes de hausse des coûts des intrants, à l’instar de 2008 et 2022, se sont accompagnées de marges d’Ebitda élevées, grâce à la répercussion des coûts sur les prix de vente.

Les conditions actuelles s’inscrivent dans cette logique. Cela dit, la résilience de l’OCP est avant tout structurelle. Le groupe a démontré sa capacité à maintenir ses marges systématiquement supérieures à la moyenne du secteur, aussi bien en phase haussière qu’en période de normalisation des prix, à 38% en 2025.


Une qualité «standalone» du profil de crédit
La stratégie financière de l’OCP est centrée sur la préservation d’un profil de crédit Investment Grade, avec un levier maîtrisé et une gestion prudente de la liquidité.

Dans un contexte de volatilité accrue, le groupe a proactivement révisé son programme d’investissement.

Il maintient ainsi une notation Investment Grade auprès des agences de notation à BBB- par S&P et Baa3 par Moody’s. Il est important de souligner que ce dernier rating est établi un cran au-dessus, un signal fort de la qualité standalone du profil de crédit du groupe.

Ainsi, le levier net s’établit à 2,76x l’, en cohérence avec les standards IG, avec des Capex à 3,7 milliards de dollars et une dette nette de 13 milliards de dollars.