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Obligataire : Les banques continuent d’animer le marché
Après des levées d’un montant de 12 MMDH en 2024, le marché obligataire a cumulé des émissions de 4 MMDH cette année. Les établissements bancaires restent les intervenants de taille.
Le marché obligataire continue de démontrer son attractivité en tant que levier de financement pour les sociétés faisant appel public à l’épargne. Depuis le début de l’année 2025, les émissions ont atteint un volume cumulé de près de 4 milliards de dirhams (MMDH), témoignant d’un intérêt soutenu, bien que mesuré, pour ce canal de financement. Ce niveau reste toutefois en retrait par rapport à la même période de l’année précédente, où les levées avaient totalisé environ 12 MMDH. Une performance alors largement portée par l’OCP, acteur majeur du secteur, qui avait mobilisé à lui seul 5 MMDH, soit 42% du volume total.
Forte demande
Cette concentration illustre une tendance récurrente. En effet, les levées obligataires sont principalement dominées par des émetteurs de grande envergure, notamment les banques. Ces dernières trouvent dans ce compartiment un moyen efficace de mobiliser des ressources longues à des conditions avantageuses, particulièrement dans un contexte de détente des taux. Depuis janvier 2025, trois établissements bancaires ont eu recours à ce mécanisme. Il s’agit d’Attijariwafa bank, avec une levée de 1,5 MMDH, de Bank of Africa qui a mobilisé 1 MMDH, et de CFG Bank, qui a émis pour 500 MDH.
Ces opérations confirment la place prépondérante du secteur bancaire dans la dynamique du marché obligataire marocain. Du côté des souscripteurs, ce sont surtout les OPCVM qui sont intéressés par ce type d’opérations, compte tenu de leur stratégie d’investissement. Et la demande reste forte, vu le taux de souscription à ces opérations qui a été de 2,1 fois pour ATW par exemple.
Mais les banques ne sont pas les seuls intervenants sur ce marché. D’autres entreprises issues de différents secteurs y recourent également, bien que de manière plus ponctuelle. Deux autres émetteurs ont ainsi marqué le marché depuis le début de l’année : Wafasalaf, avec une émission de 200 MDH, et Addoha, avec 750 MDH. Ces opérations, quoique de taille plus modeste, traduisent une diversification progressive des profils d’émetteurs sur le marché obligataire.
Conditions avantageuses
En remontant à l’année 2024, on retrouve une configuration similaire. Le secteur bancaire avait alors largement dominé les levées de fonds, avec un total cumulé de 6,7 MMDH levés par plusieurs établissements financiers, dont Attijariwafa bank, BOA, BMCI, Crédit du Maroc et la BCP.
Ces émissions ont pour but principal de renforcer les fonds propres, d’améliorer les ratios de solvabilité et de soutenir les plans de développement à moyen et long terme des banques. L’appétit des émetteurs pour ce marché s’explique essentiellement par l’évolution des conditions monétaires.
En effet, les récents assouplissements de la politique monétaire, notamment les abaissements successifs du taux directeur de Bank Al-Maghrib, passant de 3 à 2,25%, ont eu un effet d’entraînement sur les taux des émissions obligataires, ces dernières étant étroitement corrélées aux courbes de rendement des bons du Trésor. Cette baisse des taux rend le financement obligataire d’autant plus attractif pour les entreprises, qui peuvent ainsi mobiliser des ressources à coût réduit.
