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MDJS : Un soutien précieux au sport national

La société publique qui reverse l’intégralité de son résultat au Fonds national de développement du sport subit de plein fouet la concurrence de sites étrangers illégaux.

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C’est en 1962 que la Marocaine des jeux et des sports (MDJS) a été créée pour se voir confier le monopole de l’organisation et l’exploitation de paris portant sur des compétitions sportives au Maroc, à l’exception des courses de chevaux et de lévriers. Son célèbre Toto Foot a connu bien des évolutions à travers l’introduction de nouvelles variantes ces dernières décennies où cette société publique a également diversifié son offre à travers d’autres jeux de tombolas et de loteries.

Comme pour tous les opérateurs de jeux de hasard au Maroc, la MDJS collecte de la TVA et des droits de timbre sur chaque ticket de pari vendu. Mais la société anonyme verse l’intégralité de ses bénéfices au Fonds national de développement du sport (FNDS).

L’entité est d’ailleurs le premier contribuable à ce Fonds spécial du Trésor dont l’objet est «de subventionner les actions des fédérations sportives, d’accompagner les sportifs de haut niveau représentant le Maroc, ainsi que de financer des infrastructures sportives majeures ou de proximité».

Sports et fonds
Brassant actuellement un total des mises joueurs d’environ 4 milliards de dirhams par an, la MDJS se veut un important contribuable à ce FNDS, devenu crucial pour les projets d’infrastructures sportives avec les nouvelles ambitions du Royaume d’organiser des événements mondiaux, pour ne citer que le Mondial 2030.

Les recettes globales de ce Fonds d’affectation spécial sont d’ailleurs passées de 2,9 milliards de dirhams en 2021 à quelque 6,4 milliards en 2023. Et les recettes propres – provenant en grande partie de la MDJS, mais aussi de la Société de gestion de la loterie nationale – ont avoisiné les 890 millions de dirhams en 2023, selon le rapport sur les comptes spéciaux du Trésor accompagnant le Projet de loi de finances 2025.

Par ailleurs, le rôle d’accompagnement et de soutien de la MDJS au sport national lui vaut une gouvernance qui regroupe tous les acteurs de ce domaine. Outre le ministère des Sports qui préside son conseil d’administration, celui-ci regroupe le Comité olympique ainsi que la Fédération royale marocaine de football.

Son management exemplaire et efficient lui a permis non seulement de développer son activité et de facto sa contribution au FNDS, mais aussi de donner au Royaume une visibilité et une crédibilité internationale au niveau des organismes de jeux. Younes Mechrafi, qui tient les rênes de l’opérateur depuis 2009, vient d’ailleurs d’être réélu vice-président de la World Lottery Association.

Concurrence illégale
Malgré son développement impressionnant, la MDJS dispose encore d’une grande marge de manœuvre. La prolifération de sites de paris étrangers non autorisés lui coûte (comme pour les autres opérateurs marocains) une bonne partie des enjeux potentiels.

Récemment, l’Association marocaine de la presse sportive (AMPS) a tiré la sonnette d’alarme au sujet de ces paris sportifs illégaux. Elle dénonce «un fléau qui s’est transformé en un véritable cancer, rongeant le corps du sport, ciblant l’esprit sportif et le jeu propre, quel que soit le type de compétition».

Le communiqué de l’association explique que le phénomène «prend plusieurs formes, dont la plus notable est l’application 1XBet, qui exploite l’espace numérique pour cibler l’ensemble de la société marocaine.

Cette application permet aux mineurs et à d’autres groupes vulnérables de participer à des paris sportifs en toute illégalité, contre les lois en vigueur dans le monde entier».

Malheureux de constater que la disposition fiscale introduite dans le Projet de loi de finances ne fera qu’avantager ce genre d’applications off-shore qui échappent à toute réglementation, mais aussi aux principes de jeu responsable dont la MDJS fait son credo…