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Maroc-BEI : Partenaires particuliers
Au beau fixe depuis 45 ans, le partenariat entre le Royaume et le bras financier de l’UE est appelé à se renforcer au cours des prochaines années, dans le sillage du Partenariat vert conclu entre Rabat et Bruxelles, mais aussi dans la perspective de l’organisation du Mondial 2030.
Le port Tanger Med, les tramways de Casablanca et Rabat, les centrales solaires de Midelt et Ouarzazate, les parcs éoliens de Tanger et Essaouira, l’autoroute El Jadida-Safi… Il s’agit là de quelques-uns des projets structurants qui ont vu le jour dans le Royaume au cours des dernières décennies et qui ont bénéficié du soutien financier de la Banque européenne d’investissement (BEI). En 45 ans de partenariat avec le Maroc (le premier financement a été octroyé en 1979 pour un montant de 14 millions d’euros dans le secteur des ports), le bras financier de l’Union européenne a été dans tous, ou presque, les chantiers et défis. Il s’est imposé, au fil du temps, comme l’un des principaux bailleurs de fonds du Royaume et l’un de ses partenaires privilégiés. La banque a ainsi accompagné les grandes phases de développement du pays, dans les secteurs public et privé, à différents niveaux, en partant des grandes infrastructures jusqu’à la microfinance.
À fin 2023, ce sont près de 10 milliards d’euros d’investissement qui ont été cumulés par la BEI en faveur de 138 projets au Maroc depuis le début de leur partenariat. Ce qui fait du Maroc le deuxième partenaire de la BEI parmi les pays du voisinage méridional de l’UE, derrière l’Égypte (14,9 milliards d’euros de financement) et devant la Tunisie (6,9 milliards d’euros).
«Le partenariat entre le Royaume du Maroc et la BEI s’est renforcé au fil des années, depuis ses débuts il y a 45 ans, en particulier lors de la crise financière de 2008 et celle de Covid-19, pour devenir aujourd’hui indéfectible. C’est une véritable relation de confiance qui s’est établie et qui s’inscrit dans la durée, en appui du partenariat plus large entre le pays et l’Union européenne», souligne Adrien de Bassompierre, représentant de la BEI au Maroc.
320 millions d’euros en 2023 et des promesses
En 2023, ce partenariat s’est encore renforcé. Selon les données recueillies auprès de la BEI, ce sont 320 millions d’euros qui ont été mobilisés l’an dernier par l’institution financière de l’UE pour soutenir le tissu économique et financier du Maroc, et ce, à travers cinq contrats de financement. Deux financements, signés fin décembre, concernent, d’une part, un soutien à la stratégie «Forêts du Maroc» pour 100 millions d’euros et, d’autre part, un appui au programme d’investissement et de développement des technopoles et des zones d’activités économiques pour une enveloppe de 115 millions d’euros. Les trois autres financements concernent des lignes de crédit pour les banques (deux pour Caixa Bank et une pour la Banque centrale populaire) dédiées au financement des petites et moyennes entreprises pour un montant global de 105 millions d’euros.
Cet appui au secteur privé, qui vise à accroître et à faciliter l’accès au financement des petites et moyennes entreprises, notamment pour soutenir la décarbonation et l’insertion dans les chaînes de valeur régionales, est aujourd’hui l’un des axes principaux de l’activité de la banque au Maroc. Entre 2017 et 2023, les lignes de crédit en faveur des PME représentent d’ailleurs le tiers du montant total investi par la BEI au Maroc, soit prés de 950 millions d’euros.
Au-delà de ces financements, la BEI a pris des «engagements importants», rappelle son représentant au Maroc, pour aider la zone affectée par le séisme de septembre 2023 à se reconstruire et appuyer la participation du secteur privé dans le développement du Royaume, via le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Ainsi, en octobre dernier, la BEI s’est engagée à verser, au cours des trois prochaines années, 1 milliard d’euros à l’appui du programme de reconstruction du Maroc à la suite du séisme d’Al Haouz. La banque a également signé avec le Fonds Mohammed VI, en novembre, une lettre de mandat portant sur une enveloppe de financement de 500 millions d’euros en faveur du fonds. Cette enveloppe serait en priorité allouée au financement des projets d’infrastructures et au déploiement d’instruments de financement innovants en faveur des entreprises marocaines. Elle sera également dédiée au soutien de l’activité du Fonds Mohammed VI pour l’investissement dans le Private Equity et le Venture Capital.
Partenariat vert et Coupe du monde 2030
Un autre axe majeur d’intervention de la BEI au Maroc est le développement durable, dont les financements sont appelés à s’accélérer pour appuyer les ambitions vertes du Royaume. Il faut dire que l’UE et le Maroc sont liés par un Partenariat vert, le premier du genre entre Bruxelles et un pays tiers, signé en octobre 2022. Il vise à faire progresser la dimension extérieure du Green Deal européen par une action sur le terrain. Les travaux sont développés autour de trois axes thématiques principaux: climat et énergie, l’environnement, y compris les questions marines et maritimes, et l’économie verte.Le premier projet signé par le Maroc et la BEI dans le cadre de ce Partenariat vert a été un prêt de 200 millions d’euros à l’ONCF, en soutien au plan d’investissement de l’office à l’horizon 2030, et qui vise à renouveler les infrastructures ferroviaires existantes et de moderniser les installations. Deux autres financements ont été conclus en 2023 dans le cadre de ce partenariat et d’autres suivront. «À l’avenir, en tant que banque de l’Union européenne, nous continuerons à appuyer les priorités du Royaume du Maroc, notamment en matière de développement durable», confirme Adrien de Bassompierre.
La perspective de l’organisation du Mondial 2030 offre également un contexte idéal pour la BEI afin de renforcer ses engagements au Maroc. Comme le souligne le représentant de la banque à Rabat, «à plus long terme, l’horizon 2030 avec la perspective de l’organisation de la Coupe du monde de football offre une opportunité exceptionnelle pour accélérer la modernisation du pays, notamment en matière d’infrastructures et de services. Nous espérons pouvoir accompagner cette transformation».
