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Maroc-BAD : Voici les contours du prochain partenariat

Le Maroc et la banque renforcent leur partenariat historique en priorisant des axes essentiels pour le développement durable et inclusif, comme la lutte contre le stress hydrique et la promotion des investissements. Détails.

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Entre le Maroc et la Banque africaine de développement (BAD), les relations ont toujours été au beau fixe. Le Royaume est le premier partenaire de l’institution financière panafricaine. En près d’un demi-siècle, la BAD a mobilisé plus de 12 milliards d’euros dans les secteurs stratégiques du Maroc, comme les infrastructures, l’eau, la santé, les énergies renouvelables, les transports et le développement humain.

Des projets structurels ont ainsi été lancés par le Maroc cette dernière décennie, soutenus directement par la BAD, et qui ont profité à près de 8,5 millions de Marocains dans la santé, à 3,5 millions pour un meilleur accès à l’eau potable et à 7 millions qui ont été raccordés au réseau électrique.

Aujourd’hui, un nouveau programme de partenariat entre le Maroc et l’institution bancaire est en cours de gestation, et dont les discussions sont bien avancées. La ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, s’est justement entretenue, en marge des assemblées annuelles de la banque, tenues du 22 au 26 mai 2023 en Égypte, avec Akinwumi Adesina, président de la BAD.

Les cinq chantiers prioritaires du nouveau partenariat
Au menu : discussion des moyens à même de renforcer ce partenariat de longue date et l’importance d’accompagner les efforts de développement du Royaume, notamment dans les secteurs des infrastructures, des énergies renouvelables et la promotion de l’investissement. En effet, dans le cadre du nouveau programme de partenariat, cinq chantiers prioritaires ont été, pour l’instant, définis.

La BAD s’est engagée à soutenir le capital humain pour une croissance plus forte et inclusive, la gestion des ressources en eau et l’énergie, afin de renforcer la résilience de l’économie marocaine face aux chocs exogènes, en plus de la promotion de l’investissement et l’appui aux infrastructures. Un accent particulier a été également porté sur l’accompagnement de la transition énergétique du Royaume, la décarbonation de son économie et tous les projets et programmes en lien avec le développement durable.

La banque a été, pour rappel, le premier partenaire financier du Royaume dans le cadre de son projet de centrale solaire Noor. L’institution panafricaine porte une attention très particulière à l’adaptation climatique en Afrique et soutient fortement les projets s’inscrivant dans cet objectif. Près de 67% de ses financements climatiques vont à l’adaptation, soit la plus grosse quote-part de toutes les institutions au niveau mondial. D’ici à 2025, la BAD va doubler la part des financements consacrée à la finance climatique pour atteindre 25 milliards de dollars.

C’est dire l’importance de la composante «durabilité» dans les financements de projets que le groupe financier devra accompagner les prochaines années. Et le Maroc dispose de plusieurs cordes à son arc qui lui permettront de renforcer sa relation exemplaire avec la Banque. Le Royaume fait de la durabilité une condition sine qua none à son développement, et son positionnement africain dans les énergies renouvelables n’est plus à démontrer.

Un partenaire incontournable des grands chantiers du Maroc
«Afin de soutenir les investissements dans l’action climatique et la croissance verte au Maroc, la BAD est engagée à travers le soutien financier aux opérateurs publics et privés, l’appui aux réformes politiques et réglementaires qui favorisent l’investissement durable et l’assistance technique aux institutions financières locales», a souligné Achraf Tarsim dans un récent entretien avec la MAP.

Concernant l’accompagnement du secteur privé, le représentant résident de la Banque au Maroc a précisé que la BAD a soutenu les efforts du gouvernement dans l’amélioration du climat des affaires, tout en soulignant que l’inclusion financière, l’entrepreneuriat et l’accélération de la dynamique d’industrialisation représentent des domaines de partenariat prioritaires, que ce soit avec les acteurs publics que privés.

D’ailleurs, au niveau des efforts de financement du secteur privé, l’institution a participé à des projets d’investissement, comme dans le secteur industriel, à travers, par exemple, la production de ciment ou les fertilisants ou en intégrant la dimension climatique dans les outils logistiques.

Les projets soutenus et les financements mobilisés par la BAD, en faveur du développement durable et inclusif du Maroc, sont nombreux et variés. Une chose est sûre : le Maroc est un bon client et un partenaire fiable pour la banque. Mais, pas que. «Le partenariat dépasse la simple relation financière. Le Maroc figure parmi les pays fondateurs de la Banque africaine de développement. Il est aussi le premier partenaire de l’institution», a tenu à préciser Achraf Tarsim. Et d’ajouter : «Notre relation avec le Maroc s’étend aussi aux autres pays africains. Par le partage d’expériences réussies, tenant compte du contexte africain, nous montrons aux autres pays que la voix de l’émergence peut être une réalité».

La BAD est ainsi déterminée à accompagner cette émergence d’un continent au potentiel énorme, grâce à la poursuite de ses actions en faveur de l’émancipation et la souveraineté énergétique et alimentaire de l’Afrique. Un objectif affiché dans le cadre du nouveau programme de partenariat que l’institution scellera prochainement avec le Maroc.


Un portefeuille de près de 4 milliards de dollarsà fin 2022

Le groupe de la Banque africaine de développement est présent depuis 1970 au Maroc. C’est dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement que le tout premier projet est financé dans le Royaume en 1978. Depuis cette date et jusqu’à la fin de l’année 2022, près de 180 opérations dans différents secteurs ont été déployées par la banque, pour un total de 12 milliards de dollars. Dans le cadre de ses cinq grandes priorités, dites «High 5» (Nourrir l’Afrique, éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains), le groupe bancaire soutient le Maroc en contribuant à favoriser les conditions d’une croissance forte, durable et inclusive. À la fin de l’année 2022, le portefeuille actif de la banque représentait près de 4 milliards de dollars. Des engagements répartis dans les secteurs de l’énergie et des opérations multisectorielles, mais aussi dans le développement social et humain, le secteur privé, l’eau et l’assainissement, les transports et l’agriculture.