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Marché des capitaux : Ces opérations qui ont relancé la machine
Après près d’une décennie de léthargie, la Bourse de Casablanca retrouve des couleurs. Plusieurs opérations sur capital lui ont permis de regagner sa place de levier de financement des entreprises. Retour sur les principales de ces quatre dernières années.
On y est ! La capitalisation boursière a franchi la barre des 1.000 milliards de dirhams. Ce qui représente 70% du PIB national. Elle a gagné plus de 200 MMDH depuis le début de l’année et plus de 400 MMDH en quatre ans. La progression du Masi n’est pas à elle seule à l’origine de la performance de la valeur du marché boursier.
Plusieurs opérations financières expliquent cette explosion. D’ailleurs, cela fait près de quatre ans que la Bourse de Casablanca connait un regain d’activité graduel. Alors qu’il était pendant des années marqué par une faible activité, le marché marocain a en effet amorcé une nouvelle phase de maturité et d’ouverture, entre introductions en Bourse, augmentations de capital et autres opérations financières.
Diverses sociétés ont choisi d’ouvrir leur capital au public, contribuant ainsi à une plus grande représentativité des secteurs économiques dans le marché des capitaux. Équipements pharmaceutiques, agriculture, santé privée en sont le meilleur exemple.
Ce regain de dynamisme s’est accompagné d’un afflux massif d’investisseurs, qui avaient déserté la place casablancaise pendant des années, lui préférant d’autres produits de placement plus rentables. Les particuliers, eux, brillent par leur présence ; ils sont même à l’origine de 25% des transactions échangées sur le marché.
Et celui-ci reste demandeur. À chaque opération lancée, l’intérêt suscité est si important que les professionnels commencent à évoquer une certaine étroitesse du marché. «La taille de la demande est devenue très importante par rapport aux montants levés», explique un professionnel.
Un directeur d’une banque d’affaires rajoute : «Il y a une décennie, accompagner des entreprises dans des levées de 500 millions de dirhams suscitait un réel enthousiasme. C’était alors perçu comme ambitieux. Aujourd’hui, ces montants paraissent relativement modestes face à l’évolution des attentes et des capacités du marché». Cela est attesté par les taux de souscription élevés des dernières opérations financières des sociétés de la cote.
En quatre ans, ce sont sept opérations qui ont marqué la place casablancaise. La dernière étant l’augmentation de capital de TGCC pour un montant de 2,2 MMDH. Elle a suscité un intérêt conséquent au point que le taux de satisfaction n’aurait atteint que 2,4%, soit un montant souscrit de plus de 90 MMDH.
C’est en décembre 2021 que ce groupe du BTP avait sollicité le public, pour un montant de 600 MDH. La demande avait alors dépassé l’offre de 22 fois et les investisseurs n’étaient servis qu’à hauteur de 4,5%. Juste avant cette augmentation de capital, Vicenne, opérant dans le secteur des équipements médicaux, a levé sur le marché 500 MDH, pour un montant souscrit de 32,1 MMDH. Ce qui a abouti sur un taux de satisfaction globale de seulement 1,56%.
Le succès en vitrine pour attirer davantage d’émetteurs
18 décembre 2023. CFG Bank s’introduit en Bourse. L’opération a été souscrite près de 35 fois par plus de 23.000 investisseurs, soit un montant de 21 MMDH, alors qu’initialement la banque n’avait sollicité le marché que pour 600 MDH. Le taux de satisfaction global avait atteint alors 2,88%.
Une année auparavant, une grosse opération avait représenté un tournant stratégique à la Bourse de Casablanca. Il s’agissait d’Akdital, premier opérateur de la santé privée à s’introduire en Bourse, pour un montant de 1,2 MMDH, à travers une augmentation de capital de 800 MDH et une cession de 400 MDH.
Un franc succès avec un taux de souscription de 29 fois et plus de 16.600 souscripteurs. Le taux de satisfaction de la demande était assez satisfaisant avec 26,5%.
À côté de ces opérations sur capital, deux autres ont marqué le marché financier. La première a porté sur l’offre de vente au public de 11,3% du capital du Crédit du Maroc, qui avait attiré plus de 13.000 souscripteurs pour un montant de plus de 18 MMDH, alors que le montant sollicité était d’un milliard de dirhams seulement.
Le taux de sursouscription s’était alors établi à 18 fois. La seconde, elle, a concerné l’augmentation de capital d’Akdital. Pour un montant demandé d’un milliard, les investisseurs ont exprimé un vif intérêt pour la valeur, mobilisant un montant de 29 milliards de dirhams. Ce qui correspond à une souscription de 29 fois l’offre, soit un taux de satisfaction moyen de 3,44%.
En tout, la Bourse a réussi à mobiliser au moins 7,1 MMDH ces dernières années, au titre de ces opérations qui lui ont permis non seulement de retrouver sa mission première qui consiste en un véritable levier de financement, mais aussi de dynamiser la liquidité, comme l’atteste le niveau des échanges qui ont plus que doublé par rapport à l’année dernière, avec une moyenne de 500 MDH.
L’on évoque également un regain de confiance aux yeux des sociétés cotées, compte tenu de la capacité du marché financier à générer de la croissance. Pour ainsi dire, le succès des récentes opérations financières peut servir de vitrine pour attirer d’autres émetteurs potentiels.
Une nouvelle phase amorcée
Il n’est nul doute que le marché boursier amorce une nouvelle étape de son développement et qui n’est pas près de s’essouffler.
Il reste toutefois sous-représenté dans le financement de l’économie réelle et, quoi qu’on en dise, il ne représente pas tous les secteurs économiques et encore moins toutes les tailles d’entreprises.
Avec les nombreux chantiers entamés par le Royaume dans divers secteurs d’activité économique et sociale, les entreprises contribuant à cette dynamique sont en quête de financement et le marché des capitaux parait alors non comme une alternative, mais une évidence. L’enjeu est simple : l’accompagnement et la vulgarisation.
