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Managem : Or, cuivre, cobalt et gaz…, une montée en puissance
Avec la mise en production de la mine de Boto, le lancement imminent du projet gazier de Tendrara et la montée en puissance de ses actifs au Maroc et en Afrique, le groupe multiplie les leviers de croissance. La refonte de son organisation autour de trois pôles commence à produire ses effets, portée par une dynamique de marché favorable.
Le groupe minier poursuit sa stratégie de développement. Dernière nouveauté, Managem a produit le premier lingot d’or de la mine de Boto, visant une production annuelle moyenne de 160.000 onces d’or, soit environ 5 tonnes, au cours des trois premières années.
Ses réserves sont évaluées à environ 1,8 million d’onces, l’équivalent de près de 56 tonnes, et sa durée de vie est estimée à douze ans. Il s’agit ainsi d’une mine à ciel ouvert, d’une capacité d’extraction de 35 millions de tonnes de roche par an.
Elle s’accompagne d’infrastructures industrielles de pointe avec une usine de traitement de 2,75 millions de tonnes de minerai par an et d’une centrale électrique de 23 MW, d’un barrage d’eau, d’une digue à résidus, d’un dépôt de carburants, d’une base de vie, d’une piste d’atterrissage et d’un réseau routier.
Sur le plan stratégique, cette mise en production consolide la présence de Managem en Afrique de l’Ouest, région clé dans sa stratégie aurifère, et conforte donc son ambition de devenir un acteur aurifère de référence. «Ce nouveau relais devrait contribuer significativement au renforcement du profil de croissance et de génération de cash-flows du groupe avec une meilleure diversification géographique et métallique», estime BMCE Capital Global Research.
Dans le cadre du développement de ses projets aurifères, le groupe prévoit une augmentation de la production de l’or avec pour objectif d’atteindre 370.000 onces en 2026 et 500.000 en 2030. Ce qui nécessite des investissements colossaux. Ils se sont d’ailleurs élevés à près de 3 MMDH au premier semestre, dont 80% portent essentiellement sur les travaux de construction de ladite mine de Boto au Sénégal, mais aussi de celle de Tizert au Maroc pour y produire du cuivre.
Hausse des métaux précieux
Parallèlement, le groupe poursuit activement les travaux de construction de ses projets stratégiques au Maroc, dont l’usine de sulfate de cobalt ainsi que le projet gazier de Tendrara. Ce dernier, dont la première phase consiste en la construction d’une usine de traitement et de liquéfaction du gaz, serait mis en service dès le début de 2026.
Une production de 100 millions de m3 par an est projetée, destinée principalement aux besoins des industriels. Dans une deuxième phase, la production devrait atteindre 450 millions de m3 par an. Autant de projets qui devraient propulser les réalisations commerciales et financières du groupe, dans un contexte porteur.
En effet, la compagnie minière a tiré profit de la dynamique favorable des métaux précieux, entamée depuis le début de cette année et qui dure encore. L’or a connu une progression de 39% et l’argent de 26%. Le cuivre, lui, n’a augmenté que de 11% alors que le zinc a fait du surplace.
De son côté, le cobalt a suivi le même rythme de hausse avec une croissance de 25%. Et c’est justement cet effet prix, combiné à une consolidation des volumes, qui a permis à Managem de réaliser des résultats appréciables avec un chiffre d’affaires de 4,4 milliards de dirhams à fin juin de cette année. Le groupe devrait continuer à bénéficier cette année de la flambée des prix de l’or, qui ont déjà franchi la barre symbolique de 3.500 dollars l’once.
Il faut dire aussi que depuis 2024, le groupe a restructuré l’ensemble de ses activités autour de trois pôles, en ligne avec son nouveau plan stratégique 2030, à savoir ManaGold qui porte les activités aurifères en Afrique, ManaGreen pour le développement des activités métallurgiques au Maroc (cuivre, cobalt, manganèse, graphite…) et ManaEnergy pour développer les activités de gaz naturel suite au rachat de Sound Energy Morocco, marquant le début de l’exploitation du gaz naturel par le groupe au Maroc.
Cette nouvelle feuille de route vise à permettre à Managem de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030 et à consolider sa présence à l’international, notamment à travers des alliances stratégiques en Afrique.
4e plus grande capitalisation
En Bourse, le groupe minier figure parmi les sociétés qui ont réalisé les meilleures performances de l’année. Avec un prix de 5.805 DH, le cours a plus que doublé. Quatrième capitalisation de la place, à date, avec près de 69 milliards de dirhams, elle est au coude-à-coude avec Marsa Maroc qui, elle, est valorisée à 72 MMDH.
Compte tenu du potentiel de croissance de la valeur, et au vu des nombreux projets de développement achevés ou en cours, les investisseurs se ruent vers le titre, considéré notamment comme une valeur de croissance. Le PE de la société frôle 67x.
Mais, il sera amené à baisser en 2026 pour se situer autour de 33x, intégrant la progression attendue des résultats financiers de la compagnie suite à l’effet d’une année pleine des nouveaux projets. Toutefois, comme la compagnie est en phase d’investissement, engageant des budgets colossaux, la rémunération des actionnaires n’est pas son premier souci, comme l’atteste le taux de rendement des dividendes qui n’est que de 0,8%.
Le secteur brille en Bourse
À la Bourse de Casablanca, c’est tout le secteur minier qui brille. Si le cours de Managem a réalisé une performance au-delà de 100%, celui de CMT a augmenté de 70% et SMI de 28,8%.
Les vents favorables ont soufflé sur toutes les minières cotées, marquées par la hausse continue et ininterrompue des cours des métaux précieux.
SMI bénéfice de la bonne orientation du cours de l’argent certes, mais aussi de la forte demande industrielle sur le métal, en raison de la multiplication des investissements autant dans la fabrication de panneaux solaires, les réseaux de la 5G, les réseaux électriques, ainsi que les photovoltaïques.
Quant à CMT, elle a profité d’un triple avantage, à savoir des volumes accrus, de meilleures teneurs, et d’une valorisation soutenue des métaux précieux.
