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Les prêts à l’équipement, moteur de la croissance

Les crédits bancaires à l’équipement affichent une forte hausse de 25,4% en 2025, traduisant l’effort d’investissement soutenu consenti par les agents économiques, qu’ils soient privés ou publics. Le point sur l’évolution des différentes catégories de crédits en 2025.

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Le crédit bancaire au Maroc a accéléré sa croissance en 2025, terminant l’année sur une évolution soutenue de 8% en variation annuelle, pour atteindre un encours de 1.258 milliards de dirhams. En un an, ce sont plus de 93 milliards de dirhams qui ont été injectés dans l’économie par les différents établissements de crédit.

Si l’on exclut les crédits accordés aux autres sociétés financières, dont l’encours a augmenté de 23% pour atteindre 255 milliards de dirhams, le concours du crédit bancaire à l’économie réelle (entreprises non financières publiques et privées ainsi que les ménages) ressort en croissance de 4,7% au lieu de 2,7% en 2024, pour culminer à plus de 1.000 milliards de dirhams.

Le crédit bancaire au secteur non financier fait ainsi mieux que les prévisions établies par la banque centrale, qui tablait sur une croissance de 4,1% en 2025.

Cette accélération du rythme d’octroi des crédits intervient dans un contexte marqué par une pause dans la politique d’assouplissement monétaire entamée par la banque centrale en juin 2024.

Ainsi, après une troisième baisse consécutive de 25 points de base du taux directeur en mars 2025, BAM a décidé à trois reprises (en juin, septembre et décembre 2025) de maintenir inchangé son taux directeur à 2,25%.

L’institution a jugé notamment que la transmission des baisses précédentes du taux directeur au taux débiteur assortissant les crédits bancaires demeure partielle et incomplète.

Financement des grands projets
La croissance des prêts à l’économie reflète l’accélération de la progression des crédits au secteur public à 10,9% et, dans une moindre mesure, de la croissance des crédits au secteur privé de 3,9%.

Selon les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, les prêts aux administrations locales ont marqué un net accroissement de 56,8% contre 0,6% un an auparavant, pour atteindre 41,6 milliards de dirhams.

Un encours propulsé principalement par les crédits alloués aux grands projets d’infrastructures, principalement les projets de dessalement de l’eau de mer et d’extension de la ligne de train à grande vitesse. En revanche, les crédits aux entreprises publiques sont en repli de 3,7%, pour s’établir à 80,3 milliards de dirhams d’encours.

Pour ce qui est des prêts au secteur privé, les concours aux entreprises, d’une part, ont légèrement accéléré, enregistrant une hausse de 3% en 2025, après 2,3% en 2024, portant l’encours à 466,6 milliards de dirhams.

D’autre part, le rythme de croissance des crédits aux ménages (crédits immobiliers, à la consommation, etc.) ressort stable à 3,6% en 2025, avec un encours de 395,6 milliards de dirhams au 31 décembre.

Une analyse plus fine des données de Bank Al-Maghrib montre toutefois des disparités selon l’objet économique du crédit. Les crédits à l’équipement, qui financent l’effort d’investissement des acteurs économiques et renseignent par conséquent sur la dynamique de l’économie nationale, sont sur un trend résolument haussier, avec une progression à deux chiffres des encours.

À fin décembre 2025, l’encours de ces crédits affiche ainsi une hausse remarquable de 25,4% par rapport à la même période de l’année dernière, pour s’établir à plus de 304 milliards de dirhams. Les crédits à court terme et les facilités de trésorerie suivent en revanche la trajectoire inverse : leur encours termine l’année 2025 sur une baisse de 1,5% pour s’établir à 254 milliards de dirhams.

Ménages : Le crédit conso se maintient
Hormis ce resserrement sur les crédits de trésorerie, toutes les autres catégories de crédit sont en hausse. C’est le cas en particulier des crédits immobiliers, dont l’encours global atteint 321,4 milliards de dirhams, en progression de 3,4%.

Sur ce montant, les crédits acquéreurs représentent 256 milliards de dirhams (+3,3%), dont 29,7 milliards de dirhams de financement participatif (Mourabaha immobilière), un segment qui enregistre toujours une hausse dynamique de ses encours (+19,3%).

Enfin, les crédits bancaires aux promoteurs immobiliers restent bien orientés, avec un encours qui frôle la barre des 70 milliards de dirhams (+5,3%). Les crédits à la consommation octroyés par les banques se maintiennent pareillement sur un bon trend, avec une hausse de 5% de la production en 2025, pour atteindre un encours de 61 milliards de dirhams.

À noter que la croissance du crédit s’accompagne en parallèle d’une amélioration du risque. Les créances en souffrance des banques n’ont augmenté que de 3,1% en 2025, pour s’établir à plus de 100 milliards de dirhams. Le taux de sinistralité du secteur ressort ainsi à 8%, soit 0,3 point de mieux qu’en 2024.

Cette bonne dynamique globale du crédit devrait se maintenir à moyen terme, voire s’accélérer. Selon les dernières projections de la banque centrale, le rythme de progression du crédit bancaire au secteur non financier devrait connaitre une accélération à 5% en 2026.

Un taux de croissance qui pourrait être revu à la hausse en cas de nouvelle baisse du taux directeur. Ce qui offrirait des conditions de financement plus favorables pour les entreprises et les ménages.


TPE : Une charte et un système de scoring pour booster les financements
Le 4 décembre 2025, un cadre institutionnel national visant à améliorer l’accès au financement des très petites entreprises a été officiellement mis en place.

Signée par neuf institutions publiques et privées, dont les ministères des Finances et de l’Investissement, Bank Al-Maghrib, Tamwilcom, l’agence Maroc PME et le Groupement professionnel des banques du Maroc, cette charte ambitionne de lever les obstacles structurels au développement des TPE.

L’un des objectifs fixés est de doubler au minimum les performances du programme «Intelaka» lancé en 2020 et qui a mobilisé 9 milliards de dirhams au profit de 38.000 entreprises.

Dans le cadre de cette charte, de nouvelles mesures concrètes seront mises en œuvre autour de trois volets, à savoir le financement, la notation du risque et l’accompagnement des TPE.

Les banques, la microfinance et Tamwilcom proposeront ainsi des offres de crédit et de garantie renforcées adaptées aux besoins de ce segment, tandis que Bank Al-Maghrib a déjà instauré, dès mars 2025, un mécanisme de refinancement dédié à taux préférentiel.

Autre nouveauté, les établissements concernés mettront à niveau leurs systèmes internes de notation pour mieux intégrer les spécificités des TPE, en prévision du déploiement du scoring national prévu début 2026.

Celui-ci est en cours d’élaboration avec les crédits bureau et une start-up marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle. Enfin, les parties prenantes s’engagent à renforcer et coordonner les actions de formation, de sensibilisation et d’appui technique destinées aux TPE.