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Les bonnes opportunités d’investissement de 2024

Le contexte économique devrait poursuivre son embellie, impactant favorablement le rendement du marché actions.
Dans un contexte de baisse des taux, les obligations de long terme sont aussi à privilégier.

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Où investir en 2024 ? Maintenant que les rendements des produits de placements financiers sont connus, avec un marché actions au beau fixe, des rendements obligataires intéressants, une rémunération des produits bancaires et de bancassurance, de loin supérieure à celles des années précédentes. Devrait-on s’inscrire sur cette trajectoire ?
À ce stade, les professionnels du marché sont toujours en train d’actualiser leurs modèles de prévisions pour recommander à leurs clients de privilégier tel ou tel produit. Mais a priori, ce qui se dégage de leurs pronostics s’inscrit dans le même trend que l’année passée. Autrement dit, le marché actions devrait continuer à se bonifier et les taux devraient poursuivre leur baisse. Des craintes sont toutefois toujours manifestées autant sur le plan interne qu’externe. En effet, l’économie marocaine devrait s’embellir en cette année. Elle devrait tirer profit de l’ensemble des mesures prises par le gouvernement l’année précédente. Allusion faite à la généralisation de la protection sociale, aux aides financières aux populations nécessiteuses, et au soutien direct à l’acquisition de logement. «Cela ne peut que favoriser davantage la consommation, ne serait-ce qu’en rajoutant un petit plus à la consommation finale des ménages», explique un analyste. De son côté, l’inflation est pour le moins maîtrisée. Elle devrait continuer à décélérer, pour tendre vers l’objectif escompté par Bank Al-Maghrib, de 2,4% en 2024. Ce qui signerait la fin d’un cycle de resserrement monétaire pour lutter contre l’inflation, à l’image d’ailleurs des décisions anticipées par les banques centrales étrangères.

Reprise attendue du marché actions
Comme la Bourse réagit positivement à la bonne santé de l’économie d’un pays, le marché actions devrait continuer à bien se porter. Les analystes s’attendent à une bonne reprise cette année. Plusieurs éléments plaident pour la poursuite de cette orientation favorable entamée depuis l’année dernière, à commencer par l’organisation de la Coupe du monde 2030 aux côtés du Portugal et de l’Espagne et qui devrait nécessiter de gros efforts budgétaires certes, mais dont les retombées sont appréciées par les analystes, en termes d’enrichissement des infrastructures, des routes et autoroutes, d’aéroports, d’unités hôtelières… «Tout cela ne peut qu’insuffler une nouvelle dynamique à l’emploi, à la consommation, à l’investissement, et donc à la dynamique économique du pays», estime un directeur de recherche. Si l’on ajoute à cela l’effort de réhabilitation de la région d’Al Haouz, la machine devra tourner davantage pour plusieurs secteurs d’activité, dont l’industrie, la sidérurgie, les cimenteries, mais aussi l’hôtellerie.
Les analystes ne privilégient pas que ces secteurs. D’autres valeurs à détenir disposent toujours d’un potentiel de hausse conséquent, à l’instar des bancaires (ATW, BCP, BOA notamment). L’énergie est également un secteur à favoriser, avec essentiellement Taqa Morocco de par son business model «sans risque», mais aussi la diversification de son activité en misant davantage sur les énergies nouvelles. Marsa Maroc et SNEP ont également la faveur des analystes, la première pour la robustesse de son modèle économique, sa présence au niveau de tous les ports du pays et son potentiel de développement, et la seconde pour l’augmentation de sa capacité de production, alors qu’auparavant la société ne faisait tourner sa machine qu’avec le stock existant ou en faisant appel aux importations.
Les sociétés immobilières cotées ne sont pas en reste, surtout avec le programme d’aides au logement qui devra propulser la demande. Cela dit, «2024 est l’année où les compagnies devraient engager leurs programmes de logements. Les fruits de ces investissements ne seraient visibles qu’à partir de 2025. Pour les long-termistes, c’est le moment de s’y positionner», explique notre source.
Et bien que la communauté financière favorise toujours le secteur des télécoms avec comme seule valeur cotée IAM, elle reste tout de même sceptique, surtout quant au dénouement de son litige avec inwi.

Les taux longs, plus intéressants
Pour un investissement moins risqué, les professionnels du marché obligataire recommandent de se positionner sur la partie longue de la courbe des bons du Trésor. En fait, comme l’inflation maintient sa tendance baissière, les taux obligataires devraient continuer à reculer, sinon du moins se stabiliser. «Même si les besoins de financement du Trésor en 2024 étaient de taille, le Trésor devrait maintenir une situation confortable», complète ce directeur analyse & recherche.
Comme l’a souligné BMCE Capital Global Research, dans l’une de ses notes, le Trésor devrait confirmer son retour en force pour lever sur le marché tout en continuant à marquer à la baisse les taux primaires pour profiter des conditions actuelles globalement favorables. Ce qui impliquerait une valorisation du stock de titres existants et, donc, se positionner dès à présent sur les taux longs donnerait un rendement intéressant.
En tout cas, rien ne présage un renversement de tendance, du moins pour ce premier semestre courant. Et «si tout va bien, BAM pourrait même engager une inflexion de sa politique monétaire, à partir du 3e trimestre, pour abaisser son taux directeur». Inversement, les BDT de courte durée sont à mettre de côté, à moins que l’investisseur cherche un placement rapide et liquide.

Un bouleversement n’est pas à exclure
Ces pronostics sont établis dans le meilleur des mondes. Mais des vents contraires peuvent se manifester. Les analystes restent ainsi sceptiques, essentiellement à la composante agricole, le stress hydrique vient noircir le tableau. Le Maroc pourrait s’acheminer vers une sixième année de sécheresse. Bien que le Maroc ait prévenu cette situation en misant sur les stations de dessalement ou encore sur l’autoroute de l’eau, cette politique aide à assurer l’approvisionnement en eau potable pour les ménages, mais ne pourrait pas subvenir totalement aux besoins en eau pour l’irrigation. Cela pourrait alors briser la croissance économique. Autre élément que les analystes appréhendent est celui du début du processus de décompensation du gaz, prévu en avril 2024. «En principe, cette décision ne devrait pas exercer un effet défavorable sur les prix et de facto l’inflation, à moins qu’il n’y ait de distorsions sur le marché d’approvisionnement», estime notre source.
Enfin, l’évolution du conflit au Proche-Orient reste imprévisible. Une donne qui pourrait changer tous les algorithmes des prévisionnistes. En cas de dégradation, le premier produit à être impacté est bien le pétrole, qui entraînera sur son chemin la hausse des prix de tous les autres produits alimentaires et énergétiques. Ce qui amènera l’inflation à repartir à la hausse et le Trésor à revivre le même scénario, à s’endetter plus et à engager davantage de ressources pour soutenir le pouvoir d’achat.


Privatisation : Effet «booster» sur la Bourse
Un élément fondamental supplémentaire pourrait dynamiser la Bourse de Casablanca. Il s’agit de la privatisation prévue d’un certain nombre de sociétés publiques qui ont atteint une maturité suffisante pour qu’elles soient cédées. Ce sont ainsi 15 milliards de dirhams qui devraient intégrer le compte de l’État sur les 3 années à venir, 9 milliards en cette année et 3 autres en 2025 et 2026. Cela contribuerait fortement à l’allègement de la dette de l’État, à un recours moins massif aux titres publics et à un recul plus prononcé des taux obligataires. Ce qui jouerait donc en faveur de la Bourse qui s’en porterait mieux par un effet d’arbitrage, mais aussi en faveur des produits de taux de long terme qui seraient plus valorisés.