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Argent

La gestion de portefeuille sous mandat libère son potentiel

Une dizaine de sociétés de gestion de portefeuille sous mandat ont été créées récemment. Elles sont soit des filiales de banques ou totalement indépendantes. Leur objectif est de professionnaliser l’activité, tout en permettant au client de dépasser les contraintes liées aux règles de fonctionnement des sociétés de gestion.

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De nombreux investisseurs, qu’ils soient particuliers ou personnes morales, confient leur épargne à une société de Bourse pour la placer et la fructifier, en vertu d’un mandat de gestion de portefeuille ou encore une société de gestion. Par manque de temps, par méconnaissance du marché financier ou pour toute autre raison, des milliards sont confiés à des professionnels, moyennant une rémunération évidemment.

Cette activité, exercée depuis plus d’une dizaine d’années, a toujours été intégrée au sein d’une société de Bourse ou à travers une société de gestion et a toujours répondu à un cahier des charges bien précis et verrouillé établi par l’Autorité marocaine des marchés des capitaux.

Sauf que ces dernières années, cette activité s’est de plus en plus démocratisée et a même pris son indépendance. En effet, elle s’est tellement professionnalisée que certains experts qui la pratiquent ont commencé à créer leur propre société de gestion sous mandat (GSM).

Une dizaine existe actuellement sur le marché, créées dans les règles de l’art et qui attirent des investisseurs souhaitant placer leur épargne dans le marché boursier. Cette tendance a été entamée par les groupes bancaires qui ont créé des filiales se chargeant de la gestion sous mandat, à côté de leurs sociétés de bourse, de gestion, de private equity…

Des experts ont flairé l’opportunité que présente ce marché en termes de «business» et s’y sont lancés à leur propre compte.
En fait, un professionnel du marché, à la tête d’une société de gestion sous mandat indépendante, explique : «Plusieurs raisons ont poussé à créer ce type de sociétés : beaucoup de cash circule au Maroc qui ne demande qu’à être placé par certains.

De plus, les amnisties fiscales accordées tant pour les Marocains du Maroc ces dernières années ont introduit une manne financière non négligeable dans le circuit formel». Et il fallait bien investir tout cet argent. Même si la plupart ont choisi les dépôts à terme, d’autres, même néophytes, se laissent aller à l’aventure du marché des capitaux.

Dynamisme des particuliers
«Ces raisons ont été conjuguées à une tendance haussière du marché actions, qu’il fallait saisir pour recruter davantage de clients, leur assurer un rendement intéressant et en même temps rentabiliser notre activité», ajoute notre source.

Et si certains investisseurs choisissent plutôt les formules des sociétés de gestion sous mandat privées plutôt que celles des sociétés de bourse ou de gestion, c’est parce que leurs règles de fonctionnement ne sont pas contraignantes et sont souvent fixées en accord avec le client.

Il faut dire toutefois, que pour les OPCVM actions par exemple, au moins 60% de leurs actifs doivent être investis, hors titres d’OPCVM actions et liquidités, en actions, en certificats d’investissement et en droits d’attribution ou de souscription inscrits à la cote de la bourse des valeurs ou sur tout autre marché réglementé, en fonctionnement régulier et ouvert au public, selon l’Arrêté du ministre des finances et de la privatisation n° 1670-07 du 10 chaabane 1428 (24 aout 2007) relatif à la classification des OPCVM.

En tout cas, une co-gestion du portefeuille titre est assurée, à côté d’une mission de conseil que proposent certaines Notre interlocuteur va même jusqu’à assurer que le dynamisme des particuliers cette année s’explique en grande partie par leurs transactions réalisées à travers ces sociétés de gestion sous mandat. Rappelons, selon les dernières statistiques de l’AMMC, que plus de 25% des interventions sur le compartiment du marché central sont réalisées par les personnes physiques marocaines, au 3e trimestre de l’année dernière.

Dans le détail, les particuliers ont doublé leurs achats par rapport à la même période de 2024, pour un montant de 3,3 milliards de dirhams. En parallèle, ils ont effectué des ventes d’un montant équivalent, en augmentation de 89,7% sur la même période.

Partenariat win-win
Le business model de ces sociétés de gestion sous mandat est construit sur un partenariat gagnant-gagnant. Elles sont généralement rémunérées sur une base variable qui augmente à mesure que le client gagne et vice versa, contrairement aux sociétés de Bourse et de gestion pratiquant cette activité qui puisent leur rentabilité à travers une rémunération fixe, exprimée en pourcentage de la plus-value réalisée.

Il faut dire aussi qu’il n’y a pas de critères imposés par ces sociétés de gestion de portefeuille sous mandat, qui existent sur le marché, encore moins un ticket d’entrée minimum unanime.

Chacune va de sa propre partition, en fonction de sa taille, de l’importance des fonds à gérer et des clients recrutés. Selon les observations sur le marché, cela peut commencer à partir de 2 MDH et les dépasser.


Seul le doc régit l’activité
Les sociétés de gestion sous mandat créées récemment sous leur forme «indépendante», même quand elles sont filiales de banques, ne sont pas soumises à une réglementation précise. Seul le DOC (Dahir des obligations et des contrats) régit leur activité, puisqu’il s’agit d’un acte commercial conclu entre deux parties.

Elles prennent juste la forme d’un intermédiaire en Bourse. À travers un contrat, elles agissent dans l’intérêt du client et passent des ordres d’achat et de vente de titres, à travers une société de Bourse ou une banque.