Argent
En couv’. Pyramide de Ponzi: un précédent nommé Revelance
La société commercialisait en exclusivité des produits nettoyants présentés comme miraculeux. Pour intégrer ce business, il fallait débourser une mise de 27.000 dirhams.
Comme dans tout montage de type pyramidal, les individus situés en haut de la pyramide, généralement ceux qui ont intégré le système en premier, repartent avec des sommes qui peuvent atteindre des niveaux stratosphériques. Dans ce jeu de recrutements en cascade, les dernières recrues sont celles qui payent les pots cassés.
Les victimes se retrouvent dépouillées à tous les niveaux. Guidées par l’appât du gain auquel succède le désenchantement dû au fiasco, elles sont souvent non seulement dépossédées de leurs économies, mais également isolées de leurs cercles sociaux les plus proches.
Mohamed, instituteur dans une école publique marocaine dans la ville de Guelmim, a été piégé à un moment où ce type d’arnaques était encore méconnu du grand public. «En 2003, j’étais un jeune enseignant dans le secteur public. Je mettais chaque mois de l’argent de côté.
Un jour, j’ai été approché par un cousin, lui-même enseignant, pour me proposer d’investir dans un business porté par une société espagnole du nom de Revelance, qui venait de débarquer à Guelmim. Elle commercialisait en exclusivité des produits nettoyants présentés comme miraculeux, capables d’enlever tous types de crasses sur n’importe quelle surface. L’enthousiasme de mon cousin était tel qu’il m’était difficile de repousser son offre. Car, bien que je sois sceptique face au gain facile, je me suis laissé embarquer dans le jeu», rembobine Mohamed.
Pour intégrer ce business, il fallait débourser une mise minimale de 27.000 dirhams, permettant d’acquérir les packs de produits distribués par la société espagnole. Mohamed y a souscrit grâce à l’argent qu’il avait mis de côté, complété par un prêt contracté auprès de ses proches. Très vite, il découvre que la gamme de produits achetés est invendable. «J’ai obtenu en contrepartie de mon paiement un pack de sept produits nettoyants qui, en plus de leur efficacité douteuse, devaient être écoulés à un prix largement supérieur au prix du marché», resitue Mohamed, qui, comprenant qu’il a été dupé, s’en plaint à son cousin.
Ce dernier lui promet qu’il se chargerait lui-même, en guise de compensation, de la vente des produits que Mohamed avait en sa possession. «Il n’avait plus aucune vie sociale ! Dès qu’il sortait de l’école où il enseignait, il embarquait aussitôt ses produits pour tenter de les vendre ici et là à qui voulait bien les acheter. Nous le voyions de moins en moins, et il semblait constamment épuisé», décrit un ami des deux cousins. Sans surprise, ces tentatives de vente se solderont par un échec cuisant. Depuis, le montage de la société Revelance s’est écroulé, et avec lui les placements et économies de milliers d’individus.
