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En Couv’. Bourse, l’ère de la mutation commence

Alors que les tensions internationales perturbent le marché, la Bourse de Casablanca poursuit le déploiement de ses réformes, avec le lancement officiel, ce Lundi 6 avril, du marché à terme et qui sera suivi par la mise en place de différentes catégories d’OPCVM.

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La Bourse de Casablanca rentre dans une ère nouvelle. Elle amorce en effet une transformation profonde marquée par une série de réformes structurelles. Au cœur de cette mutation figure le lancement imminent du marché à terme.

Il s’agit sans doute de la réforme la plus déterminante depuis la modernisation du cadre boursier, à partir de 1993. L’introduction de produits dérivés, notamment les contrats à terme sur indices, ouvre la voie à des stratégies de couverture et d’arbitrage jusque-là inexistantes.

Le marché est fin prêt à cette mutation, les premiers agréments de négociateur-compensateur ont été livrés et le personnel formé. D’ailleurs, la société gestionnaire de la Bourse ainsi que d’autres acteurs du marché, dont notamment l’AMSM (Association marocaine des salles de marché), ont déployé beaucoup d’efforts en matière de formation et de sensibilisation à ce nouveau produit.

Dans ce cadre, la Bourse de Casablanca a déjà publié les principales caractéristiques du contrat à terme ferme sur l’indice Masi 20, ou de son appellation officielle « Masi 20 Future ». Avec un dépôt initial de 1.500 DH, il proposera quatre échéances trimestrielles : la première se fera ce Lundi 6 avril et aura pour terme le
22 juin, le 21 septembre, le 21 décembre et le 22mars 2027. De plus, la taille du contrat est de 10 DH par point d’indice.

Dans le même sillage, l’introduction des ETF constitue un autre levier clé de transformation. Ces instruments, à la fois liquides, transparents et peu coûteux, permettent une exposition simple et diversifiée au marché, ainsi qu’une diversification immédiate et accessible en une transaction.

Les ETF permettent ainsi une liquidité accrue issue de la présence systématique de teneurs de marché et du mécanisme de création et de rachat de parts qui soutient le marché secondaire.

Leur déploiement devrait donc contribuer à démocratiser l’investissement en actions, tout en renforçant l’attrait de la place pour les investisseurs étrangers.

De la mobilisation de l’épargne
Cette évolution s’inscrit dans une refonte plus large du cadre des OPCVM, qui trouve son origine dans la promulgation récente de la loi 03-25. Cette loi marque un tournant décisif pour le marché des capitaux et l’industrie de la gestion d’actifs qui, rappelons-le, joue un rôle majeur dans la mobilisation des capitaux dans l’économie réelle.

Ainsi, de nouveaux types de fonds devraient bientôt être mis sur le marché avec l’introduction des OPCVM maitres et nourriciers, dont la stratégie consiste pour ces derniers à placer 85% de leur actif dans un unique OPCVM maitre et conserver 15% en liquidités, les OPCVM dédiés qui sont fermés au grand public, mais ouverts à une catégorie d’investisseurs qualifiés, plafonnés à 20 au total, et les fonds participatifs conçus pour répondre aux principes de la finance islamique, en investissant exclusivement dans des actifs conformes à la Charia, à savoir les certificats de sukuk, les dépôts participatifs, ainsi que les actions cotées de sociétés dont l’activité, l’actif et le passif sont conformes aux critères de la Charia.

Un autre type est celui des OPCVM-RFA qui vont connaitre des règles de fonctionnement allégées, comme ce qui est le cas des OPCI et des OPCC.

Ces nouveaux paradigmes appelés à se déployer progressivement coïncident avec un marché actions qui était des plus dynamiques de son histoire récente. Retour des IPO, des opérations d’augmentation de capital de sociétés cotées, engouement des personnes physiques, hausse de la volumétrie, le marché était à son apogée… jusqu’à ce que le conflit au Moyen-Orient éclate et qu’il efface une bonne partie des gains de l’année dernière. Il a même entretenu le flou quant aux perspectives d’évolution du marché actions d’ici la fin de l’année.

Des scénarii fusent ci et là, pronostiquant des variations qui se situent dans une fourchette très large, allant de -20% à +10%. Ce qui laisse peu de marges de manœuvre aux analystes d’actualiser leurs recommandations et aux gestionnaires d’effectuer les réallocations nécessaires, tant en termes de portefeuille ou d’actifs.

Incertitudes et attentisme
D’un autre côté, les éventuelles IPO attendues cette année restent incertaines et risquent de tarder, compte tenu du contexte qui est de moins en moins porteur.
Les patrons devraient temporiser, le temps que la situation internationale géopolitique se stabilise.

Toutefois, le marché a amorcé l’année avec des augmentations de capital déjà réalisées à l’instar de celle de Risma d’un montant de 350 MDH. D’autres sont annoncées comme celles de Sothema au profit de ses dirigeants, de 80 MDH, qui vient suite à la même opération en faveur du grand public, de 630 MDH, en décembre 2025, ou encore Crédit du Maroc avec 700MDH.

La bonne nouvelle de ce désordre mondial est que son effet sur le marché actions est bénéfique. Avec un PE de 19 au lieu de 21 quelques semaines auparavant, il présente l’un des meilleurs niveaux de valorisation. Toutes les valeurs ne bénéficient pas d’un PE intéressant certes, mais certaines représentent un point d’entrée ou d’accumulation dans les portefeuilles très intéressant.

En tout cas, une fois que ces tensions d’ordre mondial se dissiperaient, le marché actions devrait encore une fois s’inscrire dans un rallye sans précédent, car tout plaide pour un redressement en flèche : économie nationale, inflation, fondamentaux, réalisations des sociétés cotées…


Marché à terme : Le fonctionnement précisé
À quelques jours du lancement officiel du Masi 20 Future, la Bourse de Casablanca a publié un ensemble d’avis et d’instructions se rapportant à la Société gestionnaire du marché à terme.

Elle précise les modalités de détermination des cours de clôture, le dispositif d’annulation des transactions, les durées de validité des ordres, ainsi que les modalités de leur exécution, le mode de détermination de priorité et allocation des titres, les seuils de réservation, les commissions appliquées…

Pour la Caisse centrale de compensation, elle fixe la limite de fluctuation quotidienne des instruments financiers à terme, les modalités de calcul du dépôt initial, du cours de compensation et liquidation, des commissions de compensation, le seuil de règlement des fonds propres…