Budget
En Couv’. PLF 2025 : Une priorité nommée emploi
La nomination d’un secrétaire d’État chargé de l’Emploi et la mobilisation d’un budget de 14 milliards de dirhams pour stimuler la création de postes de travail sont des signes de l’engagement pris par le gouvernement à ce sujet. Des mesures concrètes seront mises en œuvre.
On le sait, depuis la présentation par le chef du gouvernement de son bilan de mi-mandat devant le Parlement, «en plus d’être une pierre angulaire dans la construction de l’État social, le gouvernement a placé l’emploi au cœur de ses priorités pour la seconde moitié de son mandat».
Cette orientation s’est traduite par l’adoption d’une feuille de route dédiée basée sur «une analyse exhaustive, multidimensionnelle et multisectorielle abordant plusieurs aspects cruciaux du fonctionnement du marché du travail à travers le prisme de l’offre et la demande», peut-on lire dans la note de présentation du PLF 2025.
Ça aurait été simple d’attendre le retour des pluies et donc le regain d’activité agricole dans le monde rural, après la diffusion du premier bulletin statistique du HCP, pour se satisfaire d’avoir recouvré les emplois perdus.
C’est un mode de gouvernance qui a prévalu peut-être dans le passé, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quand bien même le retour des pluies garantirait le plein-emploi dans le monde rural, personne ne peut garantir que cela va durer et pendant combien de temps.
Cela d’autant plus que, et c’est une tendance observée depuis quelque temps, l’agriculture ne crée plus autant d’emplois, dans le sens du salariat.
C’est un secteur dans lequel le prolétariat fait progressivement place – avec l’avancement technique – à l’entrepreneuriat à plus grande valeur ajoutée.
C’est d’ailleurs ce qui est prévu dans la stratégie Generation Green. En attendant, le gouvernement ne compte pas sur la pluie, mais sur des actions bien concrètes pour le maintien de l’emploi rural auquel il a consacré un budget de plus de 1 milliard de dirhams.
Il s’agit justement de faire face aux «mutations profondes du secteur agricole» qui nécessitent une approche multidimensionnelle.
En effet, la conjugaison de la mécanisation et des nouvelles technologies, l’évolution des pratiques culturales adaptées au sol et au climat et les défis climatiques contribuent à remodeler de manière significative la structure et le paysage de l’emploi dans le monde rural.
Ce qui, comme souligné dans la note de présentation du PLF 25, «appelle à des réponses innovantes et adaptées». Des mesures ont déjà été prises et consistent, entre autres, à préserver les exploitations agricoles et reconstituer le cheptel national. D’autres sont prévues pour le prochain exercice budgétaire.
Gouvernance et innovation
Dans l’ensemble, l’ambition du gouvernement va au-delà du rétablissement de la situation d’avant le Covid, c’est-à-dire un niveau de chômage de l’ordre de 10%.
C’est une marche vers le plein-emploi qu’il vient d’initier, et l’un des signes forts en est la nomination d’un secrétaire d’État chargé de l’Emploi, Hicham Sabiry, et la mobilisation d’un budget global estimé à 14 milliards de dirhams pour soutenir justement l’emploi.
D’ailleurs, lors de la présentation du projet de Loi des finances devant les deux Chambres réunies, samedi 19 octobre, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, a souligné que le gouvernement «s’orientera vers l’adoption d’un nouveau modèle de croissance économique, axé davantage sur l’augmentation de la productivité et une meilleure répartition de l’investissement, en favorisant une contribution plus forte du secteur privé et en renforçant la résilience de l’économie nationale grâce à une base de production plus diversifiée et génératrice d’emplois».
La ministre a d’ailleurs évoqué un train de mesures qui seront mises en place dans le cadre de l’exercice budgétaire 2025 pour lutter contre le chômage et qui sont réparties sur trois axes selon une approche intégrée et multidimensionnelle.
Le premier axe vise à stimuler la dynamique d’investissement, en particulier dans les secteurs pourvoyeurs d’emploi. Le deuxième axe concerne l’augmentation de l’impact des programmes actifs de promotion de l’emploi et le renforcement du soutien pour améliorer le système de formation en alternance.
Le troisième axe sera consacré aux mesures visant à atténuer les répercussions de la sécheresse sur l’emploi en milieu rural et à réduire la perte d’emplois agricoles.
Entre autres actions innovantes pour la lutte contre le chômage, principalement dans le milieu urbain, la formation par apprentissage, un levier incontournable d’insertion professionnelle que le gouvernement décide d’actionner.
En ce sens, un contrat-programme impliquant tous les acteurs concernés sera mis en place prochainement. Entre-temps, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé, le 15 avril 2024, en vue de sélectionner des sociétés de gestion pour la création de 100.000 postes au titre de la formation par apprentissage.
Ce qu’il faut retenir, c’est que dans toutes les actions envisagées dans le cadre de l’exercice budgétaire, il y a une composante emploi. Qu’il s’agisse de l’investissement public, de la promotion de l’investissement privé, de la poursuite de la réforme fiscale, dans les mesures et incitations fiscales et douanières, entre autres, la dimension emploi est très présente.
Changement de gouvernance
Le gouvernement a consacré dans le cadre du PLF 25 une enveloppe de 1 milliard de dirhams pour l’amélioration de l’efficacité des programmes de promotion de l’emploi.
Une série de mesures seront déployées pour affiner le ciblage des dispositifs existants et, par la même occasion, pallier leurs dysfonctionnements tout en améliorant leur portée. Il s’agit principalement de l’élargissement des contrats-insertions et du programme «Taehil» aux non-diplômés.
Ce qui permettra d’offrir une réponse à un segment de la population jusqu’alors moins touchée par les programmes actifs de l’emploi.
Autrement dit, les fameux NEET, des personnes sans emploi qui n’ont pas fait des études ni suivi une formation professionnelle.
Le gouvernement compte, de même, procéder à l’ajustement de certains paramètres de ces deux programmes, à travers la revue de la durée du stage, le plafonnement du nombre des contrats d’insertion par entreprise et l’implication des acteurs publics de formation et les instituts à gestion déléguée.