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Boissons du Maroc : De nouvelles niches pour mieux rebondir
Hausse de la fiscalité, cession de l’activité Eau, non-reconduction de la licence Heineken, saisonnalité de l’activité… Les facteurs qui ont fait chavirer le groupe. L’exercice 2025 est vu d’un bon œil.
La Société des Boissons du Maroc (SBM) affiche une petite santé en raison de la conjonction de plusieurs facteurs. En 2023, elle a subi l’effet du durcissement de la fiscalité, avec un relèvement du taux d’imposition des sociétés à 32%, pour les sociétés du groupe dont le bénéfice net fiscal est supérieur ou égal à 100 MDH. À cela s’ajoute aussi l’entrée en vigueur, depuis l’exercice 2022, du nouveau taux d’imposition de la contribution sociale à la solidarité passant de 3,5 à 5%.
L’exercice dernier a été également marqué par deux évènements majeurs, à savoir la cession de l’intégralité des actions de la société Euro Africaine des Eaux, commercialisant la marque Aïn Ifrane, à la société Distra du Groupe Mutandis, ainsi que la non-reconduction de la licence des produits de la marque Heineken, détenue par le groupe depuis 1980.
En dépit de cela, l’activité «Bière» a enregistré un volume des ventes en progression de 3% pour s’établir à 834.721 hectolitres (hl). Les ventes de l’activité «Vins», quant à elles, ont atteint un volume global de 48.965 hl, en croissance de 17%. Cette performance s’explique essentiellement par une forte augmentation des ventes de vins en vrac à l’export de plus de 45%, soit 7.680 hl supplémentaires. La société s’est donc montrée résiliente, maintenant ses revenus au même niveau (+0,4%) à 2,7 milliards de dirhams, malgré qu’elle ait cédé deux de ses activités principales, qui généraient respectivement 8% et 17% du chiffre d’affaires global. Il faut dire que les bonnes performances du secteur touristique, liées au lancement de nouvelles références, à l’instar de la bière Doppel Munich, ont aidé la société à garder le cap.
Aux oubliettes 2024
Cette année n’est pas de tout repos pour SBM, du moins les trois premiers mois. En effet, l’activité a été marquée par le ralentissement des dépenses des ménages, conjugué à la baisse de la consommation au niveau national. De plus, la taxe intérieure de la consommation sur les bières a été alourdie de 35%, passant de 1.150 DH à 1.550 DH/hl. Cette donne s’ajoute au caractère saisonnier de l’activité caractérisant les mois de Chaâbane et de Ramadan. Le chiffre d’affaires consolidé du trimestre s’est établi à 361,5 MDH, en chute de 22,4% par rapport au premier trimestre 2023. BMCE Capital Global Research estime que le groupe devrait enregistrer un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dirhams en 2024, en retrait de 13%, en raison de l’effet périmètre suite à la cession de l’activité Eau, au relèvement de la taxation pouvant occasionner un tassement de la demande et à l’arrêt de la production et de la distribution de Heineken, dont la part devrait être reprise, selon le management, par les marques historiques du Groupe (Casablanca, Stork, Export 33…).
Au vu du positionnement haut de gamme de la marque néerlandaise, BKGR considère que l’opérateur devrait quand même être impacté par un effet prix et marge, même s’il parvient à récupérer les volumes par les marques existantes. En termes de capacité bénéficiaire, le résultat net part du groupe devrait reculer de 42% à 370 MDH sous l’effet combiné d’une baisse anticipée du résultat d’exploitation de 12% et de la non-récurrence de la plus-value sur cession de l’activité Eau. Pour rappel, le bénéfice net consolidé de l’exerce précédent a totalisé 636,6 MDH, en amélioration de 58%, grâce notamment à la plus-value de cession sur immobilisations de 225,4 MDH dont 209,5 MDH sur la cession des titres de participation de la société Euro Africaine des Eaux.
Des opportunités à la pelle
Ce n’est qu’en 2025 que les indicateurs du groupe devraient commencer à se redresser. Le chiffre d’affaires devrait croître de 3% à 2,6 milliards de dirhams et le RNpg ressortir en amélioration également de 9,2% à 404 MDH.
La cellule analyse et recherche de BMCE Capital se base, pour ses prévisions, sur un ensemble d’éléments avantageux pour le groupe, dont son positionnement de leader dans le segment des bières, l’expansion du réseau Nicolas avec 15 points de vente supplémentaires en 2023, la densité de son maillage de distribution, en plus du lancement de stations d’épuration des eaux utilisées pour l’activité brassicole. En outre, bien des opportunités s’offrent au groupe, comme la possibilité de nouer des partenariats pour la fabrication sous licence et la distribution de nouvelles marques internationales de bières ou encore de tirer profit du fort potentiel à l’export sur le continent, grâce à l’implantation historique de son actionnaire majoritaire en Afrique francophone.
Par ailleurs, pour pallier sa quasi-absence du segment des boissons non alcoolisées, SBM prévoit le lancement de boissons à faible contenance d’alcool, à près de 5%, ainsi que la relance de la boisson gazeuse Cygogne.
En Bourse, SBM est dans la norme
Au vu de l’évolution escomptée de l’activité de la société et de ses indicateurs financiers, BKGR recommande de conserver le titre dans les portefeuilles et lui prévoit un cours cible de 2.627 DH. Par rapport au dernier cours du 24 juillet, c’est un potentiel de hausse de 3,1% qui est réservé au titre. En Bourse, le titre a déjà gagné 12,6% depuis le début de l’année. Il traite à des niveaux de valorisation qui s’établissent dans la moyenne du marché avec un PE de 19,2 en 2024 et qui devrait s’afficher à 17,6 en 2025.
Le taux de rendement du dividende, lui, est supérieur au marché, avec 5% cette année. Il s’était établi à 7,1% en 2023, avec une rémunération de 160 DH par action, en raison du niveau élevé des résultats dégagés.
