SUIVEZ-NOUS

Banques

Banques : Des tarifs presque alignés pour les participatives

Frais de tenue de compte, services liés aux chèques, virements ou mise à disposition de fonds, les banques participatives affichent des tarifs qui se rapprochent. Sauf que les services proposés divergent d’un établissement à un autre.

Publié le

Les banques participatives poursuivent progressivement leur montée en puissance dans un paysage bancaire qui demeure dominé par les banques conventionnelles. Au-delà des spécificités de la finance participative, une même logique économique s’impose à l’ensemble du secteur bancaire, à savoir couvrir les coûts, rentabiliser les réseaux et orienter les comportements des clients, mais aussi se démarquer par rapport à la concurrence.

Sur ce volet, la politique tarifaire constitue, à côté du coût de financement et autres coûts cachés, le point de différenciation. Il faut dire que les grilles de chacune des banques révèlent des disparités entre elles, mais qui tendent toutefois vers un alignement avec les standards du secteur bancaire classique.

Le point d’entrée que le client compare avant de décider d’ouvrir un compte se rapporte aux frais de tenue de compte. Certaines laissent le choix aux clients d’opter pour des packs. C’est le cas d’Umnia Bank qui adopte une politique centrée sur des offres, incluant des formules qui vont d’un compte d’épargne non rémunéré gratuit à des offres basiques, gold ou premium, dont le prix va de 300 à 990 DH/an.

Selon le pack choisi, des services bancaires sont offerts à l’instar de la gratuité du retrait par GAB chez les confrères, des frais de prélèvement, de mise en place de virements permanents…

Ces offres comprennent alors non seulement la tenue de compte, mais aussi la remise de chèques, les virements internationaux, l’accès à la banque à distance… Pareil pour Bank Al Yousr. Celle-ci a lancé des packs pour les particuliers et pour les fonctionnaires à des prix allant de 20 et 81 DH/an.

Autrement, les frais de gestion de compte sont fixés à 15 DH/mois, avec des cartes bancaires dont le coût varie entre 40,9 DH pour la carte Yousr Idikhar et 1090,91 DH/an pour la Platinium. Al Akhdar Bank est dans cette configuration également. Elle a mis en place des packs en fonction des types de métiers et non des services (Mouwaddaf, Ajir, Mihani, Business, Fellah…) à des coûts allant de 25 DH à 300 DH.

D’autres banques n’ont pas adopté cette politique de packs et préfèrent facturer en fonction du service. Bank Assafa, par exemple, n’applique aucune commission sur le fonctionnement compte courant, chèque ou MRE. En revanche, ses cartes monétiques sont taxées à 90,91 et 181,82DH annuellement. Bank Al Karam, elle, facture entre 30 et 60 DH par trimestre, pour des cartes allant de 90 à 300 DH.

À partir de 90 DH, Dar Al Amane perçoit des frais relatifs aux cartes bancaires entre 90 et 250 DH, pour des frais de tenue de compte de 45 DH par trimestre, contre des coûts qui varient entre 180 et 540 DH chez Najmah, avec des commissions de gestion de compte de 75 DH tous les trois mois. Ils sont fixés entre 100 et 250 DH auprès d’Arreda pour 45 DH annuellement au titre du fonctionnement du compte.

Chèques : Encaissement et rejet
Le coût des services liés aux chèques se démarque aussi par des divergences entre banques. A l’encaissement, ce service est gratuit pour la plupart des banques, à l’instar d’Umnia, de Bank Al Karam, d’Al Akhdar et Najmah. Il demeure toutefois taxé à 5 DH par chèque pour Bank Assafa et Bank
Al Yousr, à 8 DH pour Dar Al Amane et 10DH pour Arreda.

À côté, les frais appliqués en cas d’incident, notamment pour défaut de provision, présentent des écarts significatifs d’un établissement à l’autre, allant de niveaux relativement modérés à des montants nettement élevés : 120 DH pour Al Akhdar et Arreda,125 et 132 respectivement pour Dar Al Amane et Umnia, 150 pour AlKaram et 163 DH pour Najmah.

Cependant, Bank Assafa crée la surprise en facturant ce service à 25 DH seulement. Les frais de rejet pour autres motifs que ceux liés aux vices de forme ou encore le retour de chèques impayés au cédant obéissent plus ou moins à la même tarification avec des prix moyens autour de 25 DH.
Pareil pour la certification de chèque, qui se caractérise par une relative homogénéité tarifaire, traduisant une standardisation du service à l’échelle du secteur. La tarification va alors de 20 à 25 DH.

Mise à disposition : Vers l’homogénéité
Autre terrain de prédilection pour les particuliers : la mise à disposition de fonds. Dans la plupart des banques et fenêtres participatives, elle est facturée à 30 DH par opération. Bank Al Yousr impose un tarif de 3% avec un minimum de 30 DH en agence, quand Al Akhdar précise qu’un prix de 10 DH est facturé si l’opération est réalisée à travers le GAB.

Par ailleurs, les banques participatives ne communiquent pas toutes sur les frais liés au virement instantané. Les informations collectées concernent trois banques seulement qui imposent des frais de 15 DH pour Al Akhdar, 25 DH pour Al Yousr et 35 DH pour Dar Al Amane.

Comparativement aux banques classiques, les établissements participatifs proposent une grille tarifaire qui s’inscrit dans un alignement, surtout pour ce qui concerne les frais de tenue de compte, l’encaissement des chèques ainsi que leur rejet.

En revanche, la différence notable réside dans la mise à disposition ou encore le virement instantané qui demeure plus cher auprès des banques participatives par rapport à leur maison mère.

In fine, les banques participatives, loin de constituer une alternative radicalement distincte sur le plan tarifaire, s’inscrivent de plus en plus dans une logique concurrentielle classique. Si leur proposition de valeur demeure fondée sur des principes spécifiques, notamment en matière de conformité éthique, leur structure de coûts et leurs politiques tarifaires tendent à converger vers celles du système bancaire traditionnel.

Ainsi, la différenciation ne devrait plus reposer sur les seuls arguments tarifaires, elle se jouera davantage sur la qualité de l’expérience client, le degré d’innovation technologique, ainsi que sur la capacité à proposer des solutions de financement compétitives, tout en respectant les principes de la finance participative.

Cette évolution consacre l’entrée de ces établissements dans une phase de maturité. D’ailleurs, après plusieurs années d’activité, elles ont conclu un exercice 2025 largement bénéficiaire, avec un résultat net agrégé de 198,7 MDH contre 96,8 MMDH en 2024, soit plus du double.


Vers la consolidation des fondamentaux
Les banques participatives ont affiché à fin 2025 un produit net bancaire global de 1,3 MMDH, en hausse de 26,4% par rapport à l’année précédente. Presque toutes sont en territoire positif, et ce, sept années après le lancement des premiers établissements.

Il est vrai que le financement participatif et notamment à l’immobilier constitue le gros de l’activité commerciale de ces banques, mais il n’en demeure pas moins qu’elles continuent à se frayer un chemin dans le secteur bancaire, en dépit du manque de diversification des produits proposés, telle qu’observée dans les banques conventionnelles.