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Attijariwafa bank: Un géant insatiable

Après avoir réalisé des performances historiques en 2023, le groupe bancaire est plus que jamais leader du secteur. Il devrait continuer à asseoir sa domination au cours des prochaines années, les perspectives étant plus que favorables.

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Une capitalisation boursière de 109 milliards de dirhams, soit la première de la cote casablancaise, un total bilan qui frôle les 600 milliards de dirhams, premier collecteur de l’épargne et premier financeur de l’économie avec des encours consolidés respectifs de 435 milliards et 392 milliards de dirhams…

Le groupe Attijariwafa bank est plus que jamais «Le» leader du secteur bancaire . Une domination qui s’est à nouveau confirmée en 2023, le groupe panafricain ayant explosé tous les compteurs et démontré sa capacité à retomber sur ses pieds, peu importe le contexte et les crises qui se présentent. «Une résilience hors pair», écrit à ce propos BMCE Capital Global Research (BKGR), qui consacre une note analytique à la filiale d’Al Mada.
Ainsi, au terme de l’année écoulée, Attijariwafa bank affiche un produit net bancaire (PNB) consolidé historique qui frôle les 30 milliards de dirhams, en progression de 15,5% par rapport à 2022, ainsi qu’un résultat net part du groupe (RNPG) record de plus de 7,5 milliards de dirhams (+23%). La banque a par ailleurs consolidé son statut de leader en termes de distribution de crédits avec une part de marché de 26,4% en décembre 2023, en hausse de +0,3 pts par rapport à l’année précédente. Cela s’est traduit par une production en 2023 de 9,2 milliards de dirhams de crédits aux ménages et une progression des crédits aux entreprises de +7,7% à 200,6 milliards de dirhams à fin 2023. Attijariwafa bank est aussi l’un des principaux financeurs de l’État : il est le premier intervenant en valeurs du Trésor avec une part de marché de 31%.
Des chiffres qui témoignent de la place centrale qu’occupe le groupe bancaire au sein de l’économie nationale, mais aussi dans les pays de présence, en particulier en Afrique. Les filiales de la Banque de détail à l’international (BDI), entité qui regroupe les activités hors Maroc du groupe bancaire, ont vu leurs dépôts et crédits croître de manière soutenue respectivement de +12,2% à 129,9 milliards de dirhams et +13,4% à 97,6 milliards de dirhams. La BDI contribue désormais à hauteur de 36,7% au produit net bancaire du groupe et de 38,9% au RNPG.
Ces performances s’appuient sur une force de frappe commerciale sans égale, le groupe disposant du réseau de distribution le plus large au Maroc et le plus dense en Afrique avec 5.900 agences, dont plus de 2.000 en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale. Et pour continuer à soutenir sa croissance et sa dynamique commerciale, AWB renforce continuellement ses fonds propres, avec notamment la clôture d’une émission d’obligations additionnelles de catégorie 1, totalisant 2 milliards de dirhams.

2024 et 2025, nouvelles années de forte croissance
En Bourse, le cours d’Attijariwafa bank est sur une tendance haussière depuis le début de l’année 2023. L’action est en hausse de 29% à 509 dirhams depuis janvier 2023 (+10,6% en year to date).
La valeur a résolument la faveur des analystes. Ceux de BKGR le recommandent d’ailleurs à l’achat, avec un cours cible de 590 dirhams. Il faut dire que les perspectives de croissance pour le secteur bancaire sont florissantes. Il devrait être l’un de ceux qui profiteront le plus du boom des investissements qui se profilent au Maroc au cours des 5 à 10 prochaines années, que ce soit dans l’énergie, le tourisme, les infrastructures sportives, le transport…
Autant de projets structurants et fortement capitalistiques qui devraient se traduire par une hausse de l’encours des financements bancaires.
Pour Attijariwafa bank, les analystes de BKGR anticipent un produit net bancaire 2024 en amélioration de 7% pour s’établir à 32 milliards de dirhams, tiré vers le haut notamment par la bonne tenue attendue de la marge sur commissions qui devrait connaître une croissance à deux chiffres. Le coefficient d’exploitation devrait lui poursuivre son allégement de -0,2 point à 40,5%, profitant notamment d’une hausse limitée des charges générales d’exploitation grâce au contrôle rigoureux des coûts mis en place par la banque. Côté bénéfices, ils franchiraient pour la première fois la barre des 8 milliards de dirhams. Toujours selon BKGR, le dividende d’Attijariwafa bank devrait suivre la même tendance à la hausse. Le bureau de recherche table sur un dividende par action de 17 dirhams au titre de l’année 2024 (contre 16,5 MAD en 2023), soit un pay-out de 65%.
Pour 2025, les perspectives sont également au beau fixe. BKGR projette une amélioration de +6% du PNB d’Attijariwafa bank à 34 milliards de dirhams, compte tenu principalement d’une accélération attendue de la distribution de crédits. Le RNPG devrait afficher une hausse de +8,3% et s’approcher des 8,8 milliards de dirhams de bénéfices.


Le coût du risque à surveiller
Après une accalmie en 2022, le coût du risque est reparti à la hausse à partir de 2023 pour l’ensemble du secteur. Du côté d’Attijariwafa bank, ce coût s’est accru de +25% à 4 milliards de dirhams l’année dernière. Comme l’explique le bureau de recherche, cette hausse fait suite notamment à la volonté du groupe de renforcer la couverture du risque souverain dans certains pays de présence, en particulier au Cameroun (où le groupe est présent à travers la Société commerciale de banque Cameroun), à hauteur de 270 millions de dirhams, et en Égypte (à travers la filiale Attijari Egypt, ex-Barclays Bank Egypt) à hauteur de 500 millions de dirhams.
En 2024, le coût du risque devrait continuer d’augmenter et atteindre les 4,4 milliards de dirhams. En cause ? La détérioration attendue de la sinistralité au niveau de la banque au Maroc s’expliquant par les retombées négatives des crédits Oxygène et Relance. En cause aussi la hausse probable du risque de la Banque de détail à l’international dans le cas de la dégradation de la notation de certains pays d’implantation… Toutefois, cette hausse serait atténuée par l’allégement anticipé du coût du risque des filiales de financement spécialisées, estime BKGR.